Une semaine pleine de “gesticulation médiatique”

Par Elodie BUI

Dernier rebondissement en date : Martin Hirsch le haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté et ancien président d’Emmaüs France a déclaré aujourd’hui sur I-Télé qu’il « faut parfois savoir cesser un mouvement » évoquant les mal-logés de la rue de la Banque à Paris (IIème arrondissement). Une déclaration qui intervient le lendemain d’une nouvelle rencontre entre les familles, les associations et la ministre du Logement Christine Boutin qui s’est vue remettre quelque 300 dossiers à étudier le plus vite possible. Aucune solution n’a pour l’instant été trouvée.

La semaine n’a pas été de tout repos pour les familles installées rue de la Banque à proximité de l’immeuble du ministère de la Crise du logement occupé par le DAL (Droit au Logement) de Jean Baptiste Eyraud. Mercredi 31 octobre à 5h45, la police a procédé à une quatrième évacuation des campeurs. Même si la manœuvre s’est déroulée « dans le calme » selon les forces de police, un père de famille a eu le poignet cassé et a dû être transporté à l’hôpital Cochin. Une membre du DAL a été interpellée par la police pendant que les forces de l’ordre confisquaient les tentes et les couvertures qui servaient d’abris aux familles. Suite à l’évacuation, plusieurs occupants ont quitté le campement tandis que d’autres ont été contraints de rejoindre des centres d’hébergement qu’ils dénoncent comme étant « pires que le campement ». Au même moment, le CAL (Comité Actions Logement) a choisi le jour du début de la trève hivernale pour l’expulsion des locataires pour installer un nouveau campement d’une centaine de mal-logés place de Stalingrad à Paris (XIXème arrondissement).

Le lendemain, une nouvelle évacuation rue de la Banque a fait quelques blessés légers tandis que des célébrités sont venues apporter leur soutien aux familles sur place, parmi lesquelles Emmanuelle Béart, Josiane Balasko, Carole Bouquet ou encore Guy Bedos qui étaient déjà sur place lors de la nuit de soutien organisée le 23 octobre dernier. L’occasion pour la ministre du Logement Christine Boutin de dénoncer une « gesticulation médiatique » par laquelle elle refuse de se laisser impressionner : « surtout lorsqu’elles émanent de personnalités très estimables dans leur métier mais totalement incompétentes sur les questions du logement ». N’aurait-on donc pas le droit de s’exprimer sur un sujet quel qu’il soit sous prétexte que nous ne sommes pas un expert de la question ? Ainsi, lorsque Josiane Balasko déclare : “C’est épouvantable, ils sont exploités… Ce sont des gens qui n’ont plus rien à perdre…Ils sont en hébergement, en foyer, dans des hôtels qui sont des marchands de sommeil déguisés et ils veulent pouvoir vivre décemment » ou quand Emmanuelle Béart s’interroge : “Quelles sont les séquelles à long terme sur la scolarité de leurs enfants ? Sur la possibilité pour ces femmes de continuer à travailler car elles ont toutes des papiers et elles travaillent ?”, il ne s’agirait que de propos sans valeur puisque n’émanant pas d’un spécialiste du problème du logement en France. Rappelons juste à titre indicatif qu’Augustin Legrand des Enfants de Don Quichotte à qui la ministre Christine Boutin à proposer une mission au sein de son ministère est acteur de métier. Ironique, non ? La même ministre s’est dit « déterminée à ne pas tolérer que des campements s’installent dans Paris » et a demandé au DAL de lui fournir le plus rapidement possible une liste de noms de familles « jugées comme prioritaires pour le logement selon la future loi sur le droit au logement opposable ». Jean-Baptiste Eyraud a précisé qu’il ne présenterait cette liste que « si toutes les familles étaient assurées d’être relogées ». De leur côté, les campeurs ont déclaré sur leur blog que la présence de ces célébrités et leur implication dans le mouvement leur faisait « chaud au coeur » et qu’ils étaient « contents car les journalistes commencent à s’intéresser à nous. Sans les médias personne ne saurait ce qui se passe en plein Paris ».Les campeurs estiment que « cela fait très plaisir de savoir que des personnes sont prêtes à attenter à leur image pour nous soutenir ». La journée s’est terminée par un grand rassemblement réunissant les familles de la rue de la Banque et celles de la place de Stalingrad près du ministère de la Crise du logement. On comptait entre 300 et 400 manifestants. Les familles ont profité de ce rassemblement pour se réinstaller le long des trottoirs pendant la nuit. En attendant une solution…et la manifestation du dimanche 11 novembre.

5 Responses to “Une semaine pleine de “gesticulation médiatique””

  1. val Says:

    Tu as choisi un très bon sujet, risqué car peu médiatique! bravo !

    c’est un vrai mic ac cette affaire, si tu veux je connais la journaliste d el’AFP qui suit cette affaire de très près.Elle est adorable. C’ets la mère d’une de mes meilleures amies, Alice.
    Elle s’appelle Anne Marie Ladouès.

    a bientot et apelle moi si tu veux son contact,
    bises

    aufait comment s’est passée l’interview de clothilde? tu va sla publier?

  2. paul Says:

    bravo pour la réactivité !

  3. Alejandro Jimenez Says:

    Bravo ! J’ai vraiment bien aime ton article…Je trouve que tu nous expliques une réalité social très importante, de façon critique et bien argumente !

    Apres moi, je veux bien te faire parti d’un de mes opinions au sujet de journalistes et journalisme… L’indépendance ce quelque chose a la quelle nous arrivons grâce au dépendances, donc, il faut savoir quelle dépendances nous avons, pour être le plus indépendant possible…Je me permets, donc, de te recommander une lecture obligatoire pour n’importe quelle étudiant de communication : Manufacturing Consent : a propaganda model, de Noam Chomsky et Edward S. Herman

    Aussi, il ne faut pas oublier que le journalisme développe la opinion publique parce le journalistes ont (nous avons) notre opinion…L’opinion, même si on ne la manifeste pas, est toujours existante dans un texte…J’ai aussi vraiment apprécie ton opinion latente !

    Alors, je te souhaite beaucoup réussites dans ta nouvelle vie journalistique et j’attends avec impatience ton prochain article !

    Bisous,

    Alejandro Jimenez Garcia

  4. Maxime Says:

    Bonsoir,
    un style fluide au service d’un texte intéressant.
    Bravo!
    Continuez comme ça.
    Maxime

  5. Milou Says:

    sujet sensible malheureusement peu médiatisé.
    Bravo
    et quel professionalisme !

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