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“Je suis un mégalo aux service des autres”

Posted in actualité on décembre 4th, 2007

Par Elodie BUI

Fondateur du collectif « Salauds de pauvres », écrivain à ses heures et travailleur social à temps complet, Jacques Deroo est un personnage marqué et marquant. Le nouveau campement qu’il avait installé le long du quai d’Austerlitz le 17 novembre a été évacué trois jours après à l’aube par la police et la gendarmerie. Le même jour, il a été licencié par l’association “Coeur des haltes” qui encadre le projet du village de l’espoir à Ivry-sur-Seine pour des raisons qui restent encore floues. Selon certains de ses amis, Jacques Deroo “ferait les frais de son positionnement politique”. Une actualité chargée pour cet homme engagé. L’occasion de dresser le portrait d’une grande gueule au grand cÅ“ur.

Quand vous serrez la main abîmée de Jacques Deroo, vous comprenez immédiatement qu’il a eu « plusieurs vies ». La dernière en date a débuté il y a un peu plus de sept mois lorsque le Village de l’espoir a ouvert ses portes à Ivry-sur-Seine en région parisienne sur un terrain jouxtant l’hôpital Charles-Foix. Cigarette à la bouche, grosses lunettes sur le nez, dans ses vies antérieures l’homme de 52 ans à la barbe envahissante et aux tempes grisonnantes n’a pas été épargné. Fils d’un homme plus occupé à passer ses journées en prison qu’à élever son enfant et d’une femme contrainte à la prostitution, Jacques Deroo a fait un long détour par l’Assistance publique. Placé à cinq ans chez des paysans, il fait « le larbin » avant de décrocher un CAP en serrurerie qu’il mettra au service de sa nouvelle vocation adolescente: le cambriolage. Pas de chance, un beau matin c’est la police qui l’accueille. S’en suivront sept années de prison dans différents centres pénitenciers. « La taule, c’était pas si dur. Le pire c’est la sortie, tu n’as plus rien, t’es complètement paumé ». A 28 ans, l’homme au visage marqué par une vie passée à « avoir la rage » se retrouve donc libre, mais clochard. Au détour d’une rue, il croise le chemin d’une volontaire de l’Armée du Salut qui le pousse à sortir de sa galère et lui transmet « le virus du social ». « Elle s’appelait Denise. C’est le prénom de ma deuxième fille ».

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