Nouveau blog, vers un tout autre sujet… mai 30 2008
Publié par Nico in : général , ajouter 1 commentaireL’auteur s’est reconcentré vers un autre blog, en collaboration avec deux collègues de son école. A découvrir si vous aimez le sport, et si vous n’aimez pas non plus d’ailleurs…
Entrée dans l’univers Bakchich janvier 19 2008
Publié par Nico in : reportages , ajouter 1 commentairePetits moyens, mais grande liberté de plume et d’esprit, Bakchich est le site d’information satirique et d’enquête qui monte sur la toile.
« Notre objectif ? Conquérir le monde, bien sûr ! » Xavier Monnier, jeune directeur adjoint de la rédaction de 26 ans, ne manque pas d’humour… d’ambition, non plus. Il en fallait, allié à une bonne dose d’insouciance, pour s’aventurer dans la création d’un journal « sans argent, sans contacts, bref, sans rien. » Ce pari un peu fou, qu’il a lancé avec Guillaume Barou et Léa Labaye, est en trai
n d’être gagné. Depuis mai 2006, date de mise sur orbite du site, plus de 4 millions de d’internautes sont venus découvrir « une info que l’on ne trouve pas dans les médias traditionnels. »
Surtout, l’équipe rédactionnelle s’est densifiée. Des journalistes reconnus apportent leur enthousiasme, leur expérience et leurs contacts. Ainsi, et pour ne citer qu’eux, Nicolas Beau est depuis novembre dernier directeur de la rédaction, tandis que Vincent Nouzille et Laurent Léger occupent le poste de rédacteurs en chef.
En ce lundi matin, la fine équipe est réunie pour définir le programme de la semaine à venir. C’est dans des locaux mis à disposition la société Kino rue Euryale Dehaynin, dans le 19ème arrondissement de Paris, que les futurs maîtres de la planète ont établi leur QG. Ils sont 14 à s’entasser autour d’une grande table ovale. Deux ordinateurs dans le fond, quelques affiches au mur - dont l’une rappelle les « 4 points cardinaux de Bakchich : info, indépendance, impertinence et international » - viennent compléter le décor. A plus long terme, « on est forcément amenés à déménager », juge Xavier Monnier. « Mais pour l’instant il n’y a pas de raison, et on n’a pas les fonds nécessaires. »
« Si on y va, on ne s’excuse pas. On assume. »
La vie de couple du président Sarkozy anime forcément la conversation. Des infos circulent, certaines sûres, d’autres moins. La question qui se pose à Bakchich est de savoir jusqu’où aller dans le domaine people. Où est la limite de la vie privée ? L’événement a-t-il une incidence sur la politique du chef de l’Etat ? « En tout cas, martèle Xavier, si on y va, on ne s’excuse pas. On assume. »
« Le ton satirique rend l’information attractive pour le lecteur, et nous permet de ne pas se prendre au sérieux »
Ici, la satire n’est pas utilisée comme un prétexte pour se moquer gratuitement des gens qui font l’actu, mais comme une liberté dans le choix des sujets et dans le ton adopté. « On n’est pas obligé de traiter telle ou telle question à Bakchich, c’est ça qui est plaisant. On essaie de réagir sur des choses qui nous interpellent, comme un détecteur de sujets passés sous silence dans la presse généraliste », explique Vincent Nouzille. « Le ton satirique rend l’information attractive pour le lecteur, et nous permet de ne pas se prendre au sérieux », ajoute Xavier Monnier. « C’est une protection pour nous. Il faut juste veiller à ne pas tomber dans la légèreté. »
La conférence se poursuit. Chacun évoque les sujets auxquels il a pensé. Lily Loriot, la critique ciné de la bande, indique qu’ « il y a des films particulièrement mauvais cette semaine, comme La guerre selon Charlie Wilson et Reviens-moi. » « C’est bon pour nous, ça », lance en rigolant Nicolas Beau. Les idées pour développer le site fleurissent. Plus de vidéos, petite devinette du jour, il faut habituer les lecteurs à des rendez-vous quotidiens. L’idée du jour ? Des hommes ont appelé Le Parisien pour demander pourquoi ils n’apparaissaient pas dans le papier consacré aux ex de la future première dame. Devinez qui ? Réponse le lendemain…
Le site semble sur les bons rails. Média fiable, il peut compter sur l’apport de journalistes chevronnés toujours plus nombreux, qui voient en Bakchich un îlot de liberté pour passer des sujets trappés par leur rédaction. Les rédacteurs ont conscience des dangers qui les guettent. « Bakchich est une petite boutique de l’information. Ce ne serait pas forcément une bonne chose qu’elle se transforme en supermarché. » La formule est signée Vincent Nouzille.
Un Val inachevé janvier 7 2008
Publié par Nico in : général , 2commentairesDans le cadre du 18ème festival international du film d’histoire de Pessac, trois étudiants de master 2 de l’Institut de journalisme Bordeaux Aquitaine (IJBA) ont interviewé Philippe Val, directeur de la publication de Charlie Hebdo. L’un d’entre eux, David Thomson, raconte le déroulement d’un entretien instructif sur le fond, mais dont il ne garde pas forcément un bon souvenir.
“Cet homme-là , c’est le froid polaire !” A l’évocation de l’interview de Philipp
e Val, à laquelle il a activement participé, David Thomson, étudiant en 2ème année, ne mâche pas ses mots. Le directeur de Charlie Hebdo, figure de la presse satirique en France, a marqué les esprits lors de son intervention à Pessac fin novembre dernier. Rompu à ce type d’exercice, le journaliste a fait jouer son expérience pour parler à ses futurs confrères de l’école bordelaise. Ses débuts, sa vision du métier, le fonctionnement de Charlie, les caricatures de Mahomet ou encore le rapport entre journalisme et web…aucun sujet n’a été éludé. Forcément intéressant, lorsque l’on converse avec un personnage aux idées bien arrêtées comme Philippe Val. Sauf que l’homme qui se cache derrière le professionnel n’a visiblement pas convaincu par sa sympathie.
“Et oh, Philippe, on est là !”
“On avait entendu parler du personnage avant”, confie David. “Les gens qui l’avaient déjà rencontré nous avaient prévenus qu’il n’était pas forcément quelqu’un de très chaleureux au premier abord”. Il n’empêche, une certaine déception est perceptible vis-à -vis du comportement de Philippe Val. Un exemple ? Au beau milieu de l’interview, son téléphone sonne…il se lève, va à l’autre bout de l’estrade pour finalement raccrocher. « On était quand même en public, je trouve ça moyen », ajoute, amer, le jeune Bordelais. « On a failli devoir lui dire “Et oh, Philippe, on est là !” »
« Le maître parle à ses élèves »
Pour les étudiants, l’homme s’est montré froid, distant. Une impression d’ensemble qui s’est vérifiée une fois l’entretien terminé. « Il est directeur d’un grand journal, il s’adresse à de futurs journalistes. On s’attendait à ce qu’il vienne nous voir après. Il n’a même pas pris la peine de nous dire au revoir ! » La pilule n’est visiblement pas très bien passée pour l’apprenti journaliste, tout comme cette désagréable sensation du « maître qui parle à ses élèves ». « Il a mouché (sic) Annabelle [une des trois interviewers, ndlr] sur une question. Ce n’était vraiment pas élégant de sa part. » Les étudiants de première année qui ont été le solliciter ensuite pour quelques questions supplémentaires n’ont pas eu plus de succès, essuyant une fin de non-recevoir.
Le regard d’un professionnel comme Philippe Val sur le monde des médias se révèle toujours instructif (lire quelques extraits du débat). Certains jugeront que c’est là l’essentiel, et que la manière importe peu. Chacun a son caractère, qu’il plaise ou non. « Mais il l’assume complètement », ajoute le jeune étudiant. La satire nécessite l’humour, et à fortiori d’accepter parfois le rôle d’arroseur arrosé. Quid de l’autodérision ? « Cela n’existe pas chez lui», réagit David.
L’attente est toujours grande lorsque l’on rencontre une personnalité marquante du journalisme, sans doute encore plus quand on est aux premières loges à mener l’interview. Peut être à tort.
Satire sous haute surveillance en Afrique janvier 4 2008
Publié par Nico in : général , ajouter 1 commentaireLa satire a besoin de liberté pour s’exprimer. Mais ce n’est pas du goût de tous les dirigeants politiques, souvent premiers visés par les productions sarcastiques. En Afrique, notamment, les restrictions et autres atteintes à la liberté d’expression sont monnaie courante pour faire taire ceux qui auraient un point de vue divergeant de la “vérité” officielle.
Dans les pays où la démocratie connaît quelques difficultés à se faire respecter, ou tout simplement à s’imposer, la satire appelle par définition la censure. C’est ce qu’explique Souleymane Bah dans sa thèse sur la satire en Afrique : “Les comportements des politiciens sont en décalage avec les idéaux qu’ils disent défendre. Ces conduites contraires à la norme constituent le facteur qui déclenche le discours caricatural”. Un discours discordant indigeste pour des dirigeants peu enclins à la remise en cause et au changement. Et qui de surcroît font de leur image le principal moyen de rester au pouvoir.
En Tunisie, le plus célèbre exemple est celui du cyberdissident Zouhair Yahyaoui. L’humour et la dérision utilisés sur son site d’informations (TUNeZINE) lancé en juillet 2001 “au royaume de la censure”, selon l’expression employée par Reporters Sans Frontières, étaient rapidement devenus gênant pour le président Ben Ali. Il avait notamment publié à ses débuts la lettre d’un juge dénonçant la mainmise des politiques sur le pouvoir judiciaire. Par la suite, la dénonciation de la censure et des atteintes aux droits de l’homme par le régime avait valu au jeune tunisien une reconnaissance bien au-delà des frontière de son pays. Arrêté le 4 juin 2002, il a été condamné à deux ans de prison.
La preuve d’une réelle influence
Il en va de même dans des pays comme le Gabon ou la Guinée. Dénoncer les abus du pouvoir en place dans l’antre d’Omar Bongo, président du Gabon depuis 1967, n’est pas une mince affaire. Michel Ongoundou, le directeur de publication de l’hebdomadaire satirique La Griffe, en sait quelque chose. Il lui a été interdit d’exercer le journalisme dans son pays, et son journal a été suspendu en février 2001. Exilé en France, il a crée avec d’autres journalistes se battant contre la censure Le Gri-Gri International, qui en est aujourd’hui à sa sixième année d’existence. En Guinée, Le Lynx, “hebdomadaire satirique indépendant”, est également très fréquemment victime de sanctions de la part de l’entourage du président Lansana Conté.
Ces quelques exemples ont au moins le mérite de révéler un aspect positif : pour Marie-Soleil Frère, une politologue belge spécialiste des médias africains, la presse satirique a acquis une réelle influence de l’autre côté de la Méditerranée. Le Cafard libéré au Sénégal ou encore Le Messager Popoli au Cameroun participent également à la désacralisation du pouvoir et à la réflexion sur la société. C’est pour cela que toutes ces publications sont surveillées, si ce n’est harcelées, par des dirigeants soucieux de garder le contrôle sur ce qui doit être dit ou pas publiquement. Il convient cependant de ne pas brocarder à la va-vite l’Afrique du haut de son piédestal européen. La censure existe partout. Ce n’est pas la Russie ni même l’Italie du temps de Sivio Berlusconi qui prouveront le contraire.
La presse satirique est peut être la plus regardée, voire surveillée, car elle dit tout haut ce que les autres ne peuvent ou ne veulent pas dévoiler. Et pour reprendre une formule de Issa Nyaphaga, ancien caricaturiste du Messager Popoli, “tous les dirigeants n’ont malheureusement pas le sens de l’humour”. Mais, malgré les difficultés, la presse sarcastique est florissante en Afrique. Nombre de pays plus riches ne peuvent pas en dire autant.
Les Gérard d’or à l’honneur décembre 9 2007
Publié par Nico in : émissions , 2commentaires    La remise des Gérard d’or de la télévision aura lieu lundi 10 décembre au théâtre du Splendid. Cette cérémonie un peu particulière récompense les pires émissions du PAF. Claire Schumm, l’une des seuls membres du jury n’étant pas une professionnelle des médias, apporte son regard de téléspectatrice avertie et de passionnée d’esprit satirique. Attention, second degré fortement conseillé…
Qui peut dire qu’il ne s’est jamais demandé, avec un sentiment oscillant entre la honte et le mépris de soi, pourquoi il avait regardé une émission jusqu’au bout alors que les images montrées sont vues et revues ou que le niveau rase le sol à une altitude proche du néant. Toute personne un temps soit peu honnête répondra : pas moi ! Voila, en substance, la raison d’être des Gérard d’or. Claire Schumm, comédienne à la compagnie Gérard Gérard et heureuse jurée de la cérémonie, ne déroge pas à la règle. “C’est typiquement ce que l’on se dit pour une émission comme Les 100 plus grands (présentée par Christophe Dechavanne, sur TF1). Les images sont archiconnues, mais ça n’empêche pas de se faire avoir”, explique-t-elle.
D’ailleurs, la jeune femme de 27 ans avoue ne pas être une grande fan de ce genre de spectacle télévisuel. Son truc, c’est plutôt les séries américaines. Cela tombe plutôt bien, puisque cette année le premier Gérard distribué sera celui “de la série qui veut faire States au départ mais qui fait française à l’arrivée”. Son choix a été rapide. “L’hôpital est une copie trop parfaite de Grey’s anatomy”, avance-t-elle. “Les scènes sont reprises à l’identique, on dirait qu’il n’y a pas de scénaristes. Cela ne sert à rien !”
“Toujours garder le second degré”
Récompenser le pire du petit écran, bonne idée alors ? “Il faut être conscient que le niveau général des émissions est en baisse”, argumente Claire Schumm. “C’est important d’avoir une bonne capacité d’autodérision. Ce n’est pas grave de se moquer de la télé, du moment qu’on le fait sans méchanceté”. La totalité des nommés sont invités lundi soir. Si la plupart jouent le jeu, cela ne fait pas rire certains. C’est le cas par exemple de Jean-Pierre Pernaut et Bernard Tapie cette année. La jeune comédienne a hâte d’y être. “Ca va être vraiment amusant ! On sera assis au premier rang, bien habillés, mais en gardant toujours le second degré avec nous”. Comme les autres membres du jury, elle a voté dans son coin, fin novembre, mais ne connaît pas encore les résultats.
“Bien sûr”, raconte-t-elle, “les choix sont totalement subjectifs. Chacun décide de ses propres critères”. Et c’est ce qui fait le charme de ces “contre Sept d’or”. Claire Schumm avoue un petit faible pour la catégorie “Gérard de la moustache 2007″, symbole selon elle de l’image que l’on se fait des personnes portant ce prénom. Bertrand Renard, l’inamovible comparse de Laurent Romejko à la présentation des Chiffres et des lettres, fait figure de favori. Mais attention à la concurrence d’une nommée pour le moins incongrue, la chroniqueuse de On a tout essayé Isabelle Alonzo. Un exemple parmi d’autres de cette soirée volontairement satirique et potache.
La cérémonie imaginée par Frédéric Royer sera placée sous le signe des grandes premières. Premier déroulement dans une fameuse salle de spectacle, première diffusion à la TV…sur Paris Première. Rendez-vous lundi soir, à partir de 22h20, pour découvrir les (mal)heureux lauréats des Gérard d’or 2007.
Tous les nommés et les différentes catégories
Un peu d’infos sur les guignols novembre 29 2007
Publié par Nico in : vidéos , ajouter 1 commentairePour ceux qui n’auraient pas regardé l’émission “Vie privée, vie publique” du 19 novembre dernier sur les coulisses de la TV, voici une vidéo sur la partie consacrée aux Guignols. L’investigation n’est pas très poussée, mais cela permet d’avoir une vue d’ensemble sur ce petit monde en latex. Les marionnettistes, les imitateurs Yves Lecoq et Sandrine Alexis, le directeur artistique Yves Le Rolland interviennent brièvement pour expliquer le making of.
Auparavant, l’équipe de Mireille Dumas revient sur la période Bébête Show. Les marionnettes sont ressorties des cartons, tout comme, moment rare à la télévision, l’imitateur Jean Roucas.
Rire et résistance au théâtre du Rond-Point novembre 27 2007
Publié par Nico in : général , ajouter 1 commentaireLe théâtre du Rond-Point, à Paris, a décidé de consacrer toute une série de spectacles et de conférences au “rire de résistance”. Par ce biais, Jean-Michel Ribes, le directeur, a voulu rendre hommage à ceux qui ont fait du rire une arme de contestation face à “toutes les dictatures de la réalité et à l’hégémonie du sérieux”.
L’idée est géniale, le but est simple. Tous les soirs, des personnalités aussi diverses et variées que Philippe Val, Daniel Pennac, Jules-Edouard Moustic ou Axel Kahn viennent livrer leurs sentiments sur ce rire de résistance. Ou quand l’impertinence et l’ironie sont au service de la lutte contre l’esprit de sérieux et le politiquement correct qui formatent la pensée. Quelle que soit la gravité d’une situation, et en toutes circonstances, le rire est toujours la dernière chose qui reste. Comme une bouffée d’oxygène salutaire, qui empêche de sombrer.
Si vous avez un peu (beaucoup) de temps, le site de telerama propose de visionner les conférences d’Alain Rey et de Jean-Pierre Mocky, à l’université du Rond-Point. Elles durent longtemps, mais si l’on prend la peine d’écouter au moins quelques minutes, on se laisse vite emporter par les petites et grandes histoires de ces deux personnalités. Chacun dans leur genre…
Jean-Pierre Mocky, le rire élastique et frondeur
La première session de ces conférences se termine juste (jusqu’au 27 novembre). Deux autres sont au programme l’année prochaine : du 25 février au 8 mars, et du 16 au 28 juin 2008.
En attendant, et pour ceux qui ne peuvent pas se rendre sur Paris, un catalogue-manifeste est disponible en librairie. Edité fin octobre, il comprend 320 pages d’images et de textes savoureux.
Rire de résistance, co-édition Théâtre du Rond-Point et Beaux Arts éditions, collection Grand Thème, 35 euros.
“L’objectif est de transmettre un message. L’humour, c’est du bonus” novembre 17 2007
Publié par Nico in : interviews , 5commentaires Florian Roulies est une jeune plume qui monte. A 21 ans, il n’est pas tout à fait un inconnu dans le monde de la caricature, puisqu’il a déjà collaboré avec différents sites web, notamment sur le blog animé par Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle. Interview d’un passionné d’actu, qui ne laisse jamais bien loin son carnet et son crayon…
Mediasatiriques : Comment t’es venue l’idée de caricaturer l’actu, et depuis quand le fais-tu ?
Florian Roulies : Comme la plupart des dessinateurs, j’ai commencé à gribouiller des petits personnages à l’école, dans les marges des cahiers. Au collège, déjà , je m’amusais à caricaturer les profs. Au lycée, je me suis mis à faire des BD mettant en scène mes enseignants, en essayant de repérer leurs tics, leurs manies. J’essayais de ne jamais être méchant, seulement moqueur. Un jour, le prof “héros” de ma BD a ramassé l’une de mes planches tombée par terre. Comme j’avais signé, je m’attendais à une sanction, mais contrairement à toute attente, il a éclaté de rire et insisté pour que je le montre aux autres professeurs. Là , j’ai commencé à réaliser que le dessin était une bonne façon d’oublier les barrières qui séparent les gens, et de dérider certaines situations.
Mes premiers dessins d’actu remontent à la crise du CPE (début 2006, ndlr). Mon site est né à cette période.
MS : Quelles sont tes sources d’inspiration ?
FR : Je puise mon inspiration dans tout ce qui touche à l’actu. Une bonne idée de dessin peut émerger d’une seule phrase lâchée par un homme politique, ou d’une image qui me fait rire. Je peux aussi avoir le déclic lors d’une discussion entre amis. Globalement, les idées viennent quand je ne les cherche pas !
MS : Tu as des “modèles” ?
FR : Il y a quelques dessinateurs que j’admire plus particulièrement. Plantu, évidemment, est le maître incontesté du dessin de presse. J’ai eu quelques mails d’encouragement de sa part. Cela redonne la pêche! Ensuite, j’adore Pétillon. Et puis il y a les dessinateurs qui ont pris le temps de m’écouter, de me conseiller, de répondre à mes questions, comme Goubelle par exemple.
MS : Quels sont tes domaines de prédilection ?
FR : La politique est l’un des domaines dans lesquels je suis le plus à l’aise. D’abord parce que ça évolue toujours, il y a toujours quelque chose à dire. Ensuite parce que la politique, c’est la vie : le dialogue, l’affrontement des idées, des points de vue.
“Bienvenue à Groland land” novembre 7 2007
Publié par Nico in : émissions , 3commentaires
Canal + a diffusé lundi soir le documentaire “Groland, 15 poils au c…” L’occasion de découvrir -enfin- l’envers du décor de la fameuse présipauté créée par Jules-Edouard Moustic et sa bande, véritable OVNI du paysage audiovisuel français.
“Ca marche parce qu’on fait sérieusement des choses très connes”. En une phrase, Xavier Pouvreau, le coordinateur de toutes les équipes techniques, résume parfaitement le fonctionnement de la planète Groland. Cette république imaginaire peuplée d’habitants légèrement déjantés est en fait le résultat d’un travail où rien n’est laissé au hasard. Leur but : faire des sketches “qui pourraient être des reportages diffusés sur France 3 région”. Interviews des réalisateurs, des accessoiristes, des graphistes, images de conférences de préparation de sketches, le documentaire réalisé par Michel Boyer nous emmène “grolement” loin dans les coulisses de l’émission. Leurs lieux de tournages favoris ? C’est dans l’Oise et dans le Val d’Oise que se cachent Groville, Muflins ou encore Noudin–les-Noillaux.
Chacun a ses petites anecdotes que des séquences vidéo viennent immédiatement mettre en image. En fil rouge, les interventions des
“historiques” Benoît Delepine (alias Michael Kael), Frank Benoît, Jean-François Halin, Christian Borde (J-E Moustic) font revivre l’histoire de Groland depuis le premier pilote –un conseil des ministres de cette fausse nation- dont aucune chaîne n’a voulu (1989) jusqu’à la forme actuelle de 7 jours au Groland.
Les figurants sont triés sur le volet, et contrairement à ce qu’on pourrait croire, les fameux “petits vieux” vus dans les sketchs en train de déverser un flot d’insultes et/ou de grossièretés sont très nombreux à se porter candidats. D’ailleurs, Frédéric Cebron, l’un des réalisateurs, précise que c’est avec eux qu’ils connaissent leurs meilleurs moments de tournage. Toujours la pêche, enthousiastes, des images montrent même qu’on a parfois beaucoup de mal à les arrêter.
Les équipes techniques ne reculent devant rien, y compris créer un bout de paysage de toutes pièces. On n’imagine pas tout ce qu’il y a derrière ces sketches loufoques. L’humour grassouillet n’empêche pas le professionnalisme. Le documentaire se termine par la manifestation organisée à Montmartre le 10 octobre 2004. Le monde présent à cette occasion, comme le nombre d’étiquettes “GRD” que l’on peut voir sur les voitures ou le sponsoring d’une équipe de foot, montrent la création d’une vraie communauté : aujourd’hui, environ 200.000 personnes se revendiquent Grolandais. La présipauté semble avoir de beaux jours devant elle. Comme dit Moustic, “on change pas une équipe de merde”.
Pour découvrir Groland, un petit clic suffit
Mettons-nous en situation… novembre 4 2007
Publié par Nico in : général , 6commentairesLe mot de ce soir est : satirique… Bien qu’ayant en tête une définition “à la Eric et Ramzy”, je vais plutôt vous livrer pour commencer une version officielle (simplifiée, voire simpliste) de ce mot qui va être la pierre angulaire du blog : Å’uvre attaquant et tournant en ridicule les mÅ“urs de l’époque.
La satire a (presque) toujours existé. Les bouffons qui se donnaient en spectacle au Moyen Age pour amuser la cour ont joué le rôle de précurseurs, une fonction reprise notamment sur papier par Le Charivari au cours du XIXème siècle. Depuis, la satire est vraiment à part dans le large éventail des producteurs d’informations. C’est un domaine vaste, qui comprend de très nombreuses facettes. Pour résumer, on peut diviser tout ce petit monde en deux écoles, même si l’une ne va réellement jamais sans l’autre.

