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Un Val inachevé janvier 7 2008

Publié par Nico in : général , rétrolien

Dans le cadre du 18ème festival international du film d’histoire de Pessac, trois étudiants de master 2 de l’Institut de journalisme Bordeaux Aquitaine (IJBA) ont interviewé Philippe Val, directeur de la publication de Charlie Hebdo. L’un d’entre eux, David Thomson, raconte le déroulement d’un entretien instructif sur le fond, mais dont il ne garde pas forcément un bon souvenir.

“Cet homme-là, c’est le froid polaire !” A l’évocation de l’interview de PhilippPhilippe Val - photo Jean-Christophe Wasnere Val, à laquelle il a activement participé, David Thomson, étudiant en 2ème année, ne mâche pas ses mots. Le directeur de Charlie Hebdo, figure de la presse satirique en France, a marqué les esprits lors de son intervention à Pessac fin novembre dernier. Rompu à ce type d’exercice, le journaliste a fait jouer son expérience pour parler à ses futurs confrères de l’école bordelaise. Ses débuts, sa vision du métier, le fonctionnement de Charlie, les caricatures de Mahomet ou encore le rapport entre journalisme et web…aucun sujet n’a été éludé. Forcément intéressant, lorsque l’on converse avec un personnage aux idées bien arrêtées comme Philippe Val. Sauf que l’homme qui se cache derrière le professionnel n’a visiblement pas convaincu par sa sympathie.

“Et oh, Philippe, on est là !”

“On avait entendu parler du personnage avant”, confie David. “Les gens qui l’avaient déjà rencontré nous avaient prévenus qu’il n’était pas forcément quelqu’un de très chaleureux au premier abord”. Il n’empêche, une certaine déception est perceptible vis-à-vis du comportement de Philippe Val. Un exemple ? Au beau milieu de l’interview, son téléphone sonne…il se lève, va à l’autre bout de l’estrade pour finalement raccrocher. « On était quand même en public, je trouve ça moyen », ajoute, amer, le jeune Bordelais. « On a failli devoir lui dire “Et oh, Philippe, on est là !” »

« Le maître parle à ses élèves »

Pour les étudiants, l’homme s’est montré froid, distant. Une impression d’ensemble qui s’est vérifiée une fois l’entretien terminé. « Il est directeur d’un grand journal, il s’adresse à de futurs journalistes. On s’attendait à ce qu’il vienne nous voir après. Il n’a même pas pris la peine de nous dire au revoir ! » La pilule n’est visiblement pas très bien passée pour l’apprenti journaliste, tout comme cette désagréable sensation du « maître qui parle à ses élèves ». « Il a mouché (sic) Annabelle [une des trois interviewers, ndlr] sur une question. Ce n’était vraiment pas élégant de sa part. » Les étudiants de première année qui ont été le solliciter ensuite pour quelques questions supplémentaires n’ont pas eu plus de succès, essuyant une fin de non-recevoir.

Le regard d’un professionnel comme Philippe Val sur le monde des médias se révèle toujours instructif (lire quelques extraits du débat). Certains jugeront que c’est là l’essentiel, et que la manière importe peu. Chacun a son caractère, qu’il plaise ou non. « Mais il l’assume complètement », ajoute le jeune étudiant. La satire nécessite l’humour, et à fortiori d’accepter parfois le rôle d’arroseur arrosé. Quid de l’autodérision ? « Cela n’existe pas chez lui», réagit David.

L’attente est toujours grande lorsque l’on rencontre une personnalité marquante du journalisme, sans doute encore plus quand on est aux premières loges à mener l’interview. Peut être à tort.

Photo Jean-Christophe Wasner

Commentaires»

1. Cid - 8 janvier 2008

Aïe aïe, la déception. Quand les idées ne s’accordent pas au personnage… Mais bon, pour des journalistes en devenir, c’est un bon apprentissage… car ça doit arriver souvent.

2. parischange - 12 janvier 2008

Je serais curieux de lire un résumé de l’intervioue. Philippe Val est probablement l’homme le moins drôle du monde, et content de lui avec ça…