Nouveau blog, vers un tout autre sujet… mai 30 2008
Publié par Nico in : général , ajouter 1 commentaireL’auteur s’est reconcentré vers un autre blog, en collaboration avec deux collègues de son école. A découvrir si vous aimez le sport, et si vous n’aimez pas non plus d’ailleurs…
Un Val inachevé janvier 7 2008
Publié par Nico in : général , 2commentairesDans le cadre du 18ème festival international du film d’histoire de Pessac, trois étudiants de master 2 de l’Institut de journalisme Bordeaux Aquitaine (IJBA) ont interviewé Philippe Val, directeur de la publication de Charlie Hebdo. L’un d’entre eux, David Thomson, raconte le déroulement d’un entretien instructif sur le fond, mais dont il ne garde pas forcément un bon souvenir.
“Cet homme-là, c’est le froid polaire !” A l’évocation de l’interview de Philipp
e Val, à laquelle il a activement participé, David Thomson, étudiant en 2ème année, ne mâche pas ses mots. Le directeur de Charlie Hebdo, figure de la presse satirique en France, a marqué les esprits lors de son intervention à Pessac fin novembre dernier. Rompu à ce type d’exercice, le journaliste a fait jouer son expérience pour parler à ses futurs confrères de l’école bordelaise. Ses débuts, sa vision du métier, le fonctionnement de Charlie, les caricatures de Mahomet ou encore le rapport entre journalisme et web…aucun sujet n’a été éludé. Forcément intéressant, lorsque l’on converse avec un personnage aux idées bien arrêtées comme Philippe Val. Sauf que l’homme qui se cache derrière le professionnel n’a visiblement pas convaincu par sa sympathie.
“Et oh, Philippe, on est là !”
“On avait entendu parler du personnage avant”, confie David. “Les gens qui l’avaient déjà rencontré nous avaient prévenus qu’il n’était pas forcément quelqu’un de très chaleureux au premier abord”. Il n’empêche, une certaine déception est perceptible vis-à-vis du comportement de Philippe Val. Un exemple ? Au beau milieu de l’interview, son téléphone sonne…il se lève, va à l’autre bout de l’estrade pour finalement raccrocher. « On était quand même en public, je trouve ça moyen », ajoute, amer, le jeune Bordelais. « On a failli devoir lui dire “Et oh, Philippe, on est là !” »
« Le maître parle à ses élèves »
Pour les étudiants, l’homme s’est montré froid, distant. Une impression d’ensemble qui s’est vérifiée une fois l’entretien terminé. « Il est directeur d’un grand journal, il s’adresse à de futurs journalistes. On s’attendait à ce qu’il vienne nous voir après. Il n’a même pas pris la peine de nous dire au revoir ! » La pilule n’est visiblement pas très bien passée pour l’apprenti journaliste, tout comme cette désagréable sensation du « maître qui parle à ses élèves ». « Il a mouché (sic) Annabelle [une des trois interviewers, ndlr] sur une question. Ce n’était vraiment pas élégant de sa part. » Les étudiants de première année qui ont été le solliciter ensuite pour quelques questions supplémentaires n’ont pas eu plus de succès, essuyant une fin de non-recevoir.
Le regard d’un professionnel comme Philippe Val sur le monde des médias se révèle toujours instructif (lire quelques extraits du débat). Certains jugeront que c’est là l’essentiel, et que la manière importe peu. Chacun a son caractère, qu’il plaise ou non. « Mais il l’assume complètement », ajoute le jeune étudiant. La satire nécessite l’humour, et à fortiori d’accepter parfois le rôle d’arroseur arrosé. Quid de l’autodérision ? « Cela n’existe pas chez lui», réagit David.
L’attente est toujours grande lorsque l’on rencontre une personnalité marquante du journalisme, sans doute encore plus quand on est aux premières loges à mener l’interview. Peut être à tort.
Satire sous haute surveillance en Afrique janvier 4 2008
Publié par Nico in : général , ajouter 1 commentaireLa satire a besoin de liberté pour s’exprimer. Mais ce n’est pas du goût de tous les dirigeants politiques, souvent premiers visés par les productions sarcastiques. En Afrique, notamment, les restrictions et autres atteintes à la liberté d’expression sont monnaie courante pour faire taire ceux qui auraient un point de vue divergeant de la “vérité” officielle.
Dans les pays où la démocratie connaît quelques difficultés à se faire respecter, ou tout simplement à s’imposer, la satire appelle par définition la censure. C’est ce qu’explique Souleymane Bah dans sa thèse sur la satire en Afrique : “Les comportements des politiciens sont en décalage avec les idéaux qu’ils disent défendre. Ces conduites contraires à la norme constituent le facteur qui déclenche le discours caricatural”. Un discours discordant indigeste pour des dirigeants peu enclins à la remise en cause et au changement. Et qui de surcroît font de leur image le principal moyen de rester au pouvoir.
En Tunisie, le plus célèbre exemple est celui du cyberdissident Zouhair Yahyaoui. L’humour et la dérision utilisés sur son site d’informations (TUNeZINE) lancé en juillet 2001 “au royaume de la censure”, selon l’expression employée par Reporters Sans Frontières, étaient rapidement devenus gênant pour le président Ben Ali. Il avait notamment publié à ses débuts la lettre d’un juge dénonçant la mainmise des politiques sur le pouvoir judiciaire. Par la suite, la dénonciation de la censure et des atteintes aux droits de l’homme par le régime avait valu au jeune tunisien une reconnaissance bien au-delà des frontière de son pays. Arrêté le 4 juin 2002, il a été condamné à deux ans de prison.
La preuve d’une réelle influence
Il en va de même dans des pays comme le Gabon ou la Guinée. Dénoncer les abus du pouvoir en place dans l’antre d’Omar Bongo, président du Gabon depuis 1967, n’est pas une mince affaire. Michel Ongoundou, le directeur de publication de l’hebdomadaire satirique La Griffe, en sait quelque chose. Il lui a été interdit d’exercer le journalisme dans son pays, et son journal a été suspendu en février 2001. Exilé en France, il a crée avec d’autres journalistes se battant contre la censure Le Gri-Gri International, qui en est aujourd’hui à sa sixième année d’existence. En Guinée, Le Lynx, “hebdomadaire satirique indépendant”, est également très fréquemment victime de sanctions de la part de l’entourage du président Lansana Conté.
Ces quelques exemples ont au moins le mérite de révéler un aspect positif : pour Marie-Soleil Frère, une politologue belge spécialiste des médias africains, la presse satirique a acquis une réelle influence de l’autre côté de la Méditerranée. Le Cafard libéré au Sénégal ou encore Le Messager Popoli au Cameroun participent également à la désacralisation du pouvoir et à la réflexion sur la société. C’est pour cela que toutes ces publications sont surveillées, si ce n’est harcelées, par des dirigeants soucieux de garder le contrôle sur ce qui doit être dit ou pas publiquement. Il convient cependant de ne pas brocarder à la va-vite l’Afrique du haut de son piédestal européen. La censure existe partout. Ce n’est pas la Russie ni même l’Italie du temps de Sivio Berlusconi qui prouveront le contraire.
La presse satirique est peut être la plus regardée, voire surveillée, car elle dit tout haut ce que les autres ne peuvent ou ne veulent pas dévoiler. Et pour reprendre une formule de Issa Nyaphaga, ancien caricaturiste du Messager Popoli, “tous les dirigeants n’ont malheureusement pas le sens de l’humour”. Mais, malgré les difficultés, la presse sarcastique est florissante en Afrique. Nombre de pays plus riches ne peuvent pas en dire autant.
Rire et résistance au théâtre du Rond-Point novembre 27 2007
Publié par Nico in : général , ajouter 1 commentaireLe théâtre du Rond-Point, à Paris, a décidé de consacrer toute une série de spectacles et de conférences au “rire de résistance”. Par ce biais, Jean-Michel Ribes, le directeur, a voulu rendre hommage à ceux qui ont fait du rire une arme de contestation face à “toutes les dictatures de la réalité et à l’hégémonie du sérieux”.
L’idée est géniale, le but est simple. Tous les soirs, des personnalités aussi diverses et variées que Philippe Val, Daniel Pennac, Jules-Edouard Moustic ou Axel Kahn viennent livrer leurs sentiments sur ce rire de résistance. Ou quand l’impertinence et l’ironie sont au service de la lutte contre l’esprit de sérieux et le politiquement correct qui formatent la pensée. Quelle que soit la gravité d’une situation, et en toutes circonstances, le rire est toujours la dernière chose qui reste. Comme une bouffée d’oxygène salutaire, qui empêche de sombrer.
Si vous avez un peu (beaucoup) de temps, le site de telerama propose de visionner les conférences d’Alain Rey et de Jean-Pierre Mocky, à l’université du Rond-Point. Elles durent longtemps, mais si l’on prend la peine d’écouter au moins quelques minutes, on se laisse vite emporter par les petites et grandes histoires de ces deux personnalités. Chacun dans leur genre…
Jean-Pierre Mocky, le rire élastique et frondeur
La première session de ces conférences se termine juste (jusqu’au 27 novembre). Deux autres sont au programme l’année prochaine : du 25 février au 8 mars, et du 16 au 28 juin 2008.
En attendant, et pour ceux qui ne peuvent pas se rendre sur Paris, un catalogue-manifeste est disponible en librairie. Edité fin octobre, il comprend 320 pages d’images et de textes savoureux.
Rire de résistance, co-édition Théâtre du Rond-Point et Beaux Arts éditions, collection Grand Thème, 35 euros.
Mettons-nous en situation… novembre 4 2007
Publié par Nico in : général , 6commentairesLe mot de ce soir est : satirique… Bien qu’ayant en tête une définition “à la Eric et Ramzy”, je vais plutôt vous livrer pour commencer une version officielle (simplifiée, voire simpliste) de ce mot qui va être la pierre angulaire du blog : Œuvre attaquant et tournant en ridicule les mœurs de l’époque.
La satire a (presque) toujours existé. Les bouffons qui se donnaient en spectacle au Moyen Age pour amuser la cour ont joué le rôle de précurseurs, une fonction reprise notamment sur papier par Le Charivari au cours du XIXème siècle. Depuis, la satire est vraiment à part dans le large éventail des producteurs d’informations. C’est un domaine vaste, qui comprend de très nombreuses facettes. Pour résumer, on peut diviser tout ce petit monde en deux écoles, même si l’une ne va réellement jamais sans l’autre.

