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Max Gallo brille par son absence à la Paulée novembre 21 2007

Publié par mhenry in : tradition, actualité , rétrolien

Marielle Boullier Gallo entourée de Philippe Ballo à gauche, de Jacques Thevenot et de Jean Claude Monnier, maire de Meursault  droite

Lauréat du Prix littéraire de la Paulée de Meursault 2007, l’écrivain Max Gallo n’a pu être présent pour la remise de son prix au château de Meursault lundi 19 novembre.

“A Paris les grèves provoquent une situation de crise que vous avez du mal à imaginer ici.” C’est ainsi que Marielle Gallo-Boullier a tenté de justifier l’absence de son mari provoquant les huées des participants au déjeuner annuel de la Paulée de Meursault. C’est la première fois en 75 ans qu’un lauréat ne se déplace pas pour recevoir son prix.

Le jury à travers Philippe Ballot, l’organisateur de la Paulée, a cependant salué ce “phénomène de la littérature française” qu’est Max Gallo, l’ancien technicien de l’ORTF d’Antibes qui entrera à l’Académie au fauteuil n°24, celui de son ami disparu Jean François Revel. “Vous avez la religion de la France avec une prédilection croissante pour les grands hommes” a poursuivi Philippe Ballot, s’adressant à l’auteur aux plus de 150 livres “ni romans, ni fictions mais vivants et rigoureux”. Il a ensuite déploré sous les sifflets de l’assistance son aversion vérifiée en ce jour pour les voyages.

Deux bouteilles, une pour l’écrivain et une pour son épouse venue le représenter, ont été remises à cette dernière en symbole du lot de 100 bouteilles liées au prix littéraire. C’est le viticulteur Jacques Thevenot qui les a offertes. Le jury a rappelé à cette occasion que “Meursault fait trinquer le monde à la santé de la France”.

L’épouse de Max Gallo a remercié le jury en affirmant que ce prix était “le plus précieux qu’il ait reçu : vivant, avec une dimension affective”. L’avocate et romancière d’origine francomtoise a également semblée conquise par la Paulée, “tradition généreuse et tellement française sont vous pouvez être fiers”. Elle a ainsi tenté de faire oublier l’absence de celui qui, elle l’a elle-même rappelé, “n’aime pas voyager”.

Commentaires»

1. Boillot Frédéric - novembre 22, 2007

Il faut également préciser la qualité du repas (la cuisson parfaite et le service efficace pour 600 personnes assises dans une cuverie est remarquable) et la poursuite de ce repas par des descentes de caves ouvertes à tous les convives.
Je peux témoigner de l’abattement du donateur des 100 bouteilles qui, après avoir lu, par respect pour l’auteur, un ouvrage de Max Gallo, déplorait son absence.

2. Sylvie - novembre 22, 2007

Je peux confirmer ce superbe repas, et en plus évoquer un endroit unique.
Chaque convive apportant leurs propres bouteilles de Meursault, et d’autres régions françaises, étrangères, permet à chaque table de cette Paulée de vivre une expérience différente. Et certainement dépassant le millier de différentes appellations dégustées en 5 heures. Bravo pour ce blog.

3. Antoine. - novembre 23, 2007

J’ai eu la chance d’être invité à la Paulée de Meursault : inoubliable !
Tout commence par l’accueil dans le château et la visite des magnifiques caves un verre de Savigny les Beaune à la main. Puis l’arrivée dans ces deux salles immenses et superbement dressées où les 600 (!) convives, tous très bien habillés, noeud papillon pour certains, kilts pour les invités écossais, s’installent gaiement. Lecture du menu avec en photo, sur papier glaçé, une représentation du Cardinal de Richelieu, fondateur de l’Académie Française, clin d’oeil respectueux à Max Gallo. Les premières bouteilles sont débouchées en attendant le discours de bienvenue. Cette année, point de récipiendaire mais son épouse qui parvint à apaiser les manifestations et faire sourire en racontant comment elle avait su convertir Max Gallo aux plaisirs terrestres : lui l’ascète admirant auparavant un coucher de soleil adossé à un mur, sait depuis aussi apprécier les bons mêts et les vins de Bourgogne. Comme le dit malicieusement Mme Gallo, elle avait d’autres atouts que son ami Revel pour lui faire apprécier ces plaisirs.
Puis le repas, excellent, (cette “escalope de Foie Gras chaud aux poires et Gingembre clafoutis d’endives” remarquable !) service exceptionnel, rendu pourtant difficile par tous ces vignerons passant d’une table à l’autre pour servir leurs belles bouteilles. Des trésors partagés et dégustés dans la joie et la convivialité : meursault charmes 90, puligny monrachet les folatieres 99, meursault goutte d’or 99, volnay 1er cru clos des chenes 2004, pommard rugiens 29 (!). Sans oublier les chanteurs de la ‘compagnie des Cadets de Bourgogne’ qui enflammaient la salle et faisaient tourner les serviettes. Fin du repas, avec encore tous mes esprits ! (j’ai suivi les conseils de Jean Michel : une dégustation, un peu d’eau, une dégustation, …, pas de vins sucrés sauf avec le dessert, ne pas succomber aux whiskies ! ) : direction les caves où nous rencontrons les vignerons chaleureux : que des plaisirs.
Du coup pour terminer je serais bien allé danser, j’aurais pu ainsi inviter les jolies bourguignonnes et leur dire bravo pour cette fête exceptionnelle.
Merci.

4. Remy Yves-Eric - février 2, 2008

Max Gallopin
ou les gallopinades de Max l’Immortel !

A la une du Figaro (30.01.08): «Jeudi 31 janvier aura lieu, quai de Conti, la réception de l’écrivain Max Gallo (…) au fauteuil du philosophe Jean-François Revel. (…) Portrait d’une figure intellectuelle d’aujourd’hui, au parcours exemplaire (…) Le Figaro et Vous, page 3».
Voire! Notre leste nouvel immortel ne semble pas cultiver aussi exemplairement le culte du savoir-vivre, ni les «valeurs d’authenticité» A preuve: le perpétuel impétrant s’est peu banalement singularisé et conduit en impertinent «gallopin» sans gène au soir de la récente «Paulée de Meursault» qui clôt rituellement la célèbre «Vente des Vins des Hospices de Beaune». Convié de très longue date à présider ces festivités vinico-livresques, pour, de surcroît, y empocher en «liquide» (100 bouteilles de Meursault!) le «Grand Prix Littéraire» annuel de la «Paulée» éponyme -distinguant depuis des lustres une personnalité du microcosme des Arts et Lettres- le futur Académicien a en effet décliné l’invitation «quelques jours avant la réception (…) arguant «qu’il ne pouvait s’y rendre en personne à cause de la grève des trains» (sic).
Tollé, stupeur et consternation dans l’assistance, rogne et grogne du donateur-viticulteur, gène et embarras emprunté sur l’estrade où l’épouse-avocate du lauréat copieusement conspué, Me Marielle Bouiller-Gallo, qui (ayant, elle, à l’évidence défié les affres de la grève!) tentait vainement de justifier cette absence remarquée mais non point remarquable en invoquant subsidiairement l’improbable phobie des voyages de son biographe de mari! Pied de nez et goujaterie peu goûtés d’un public non dupe et d’organisateurs décontenancés qui, forts de l’assurance de la présence de leur lauréat formulée…18 mois auparavant, s’étaient proposés de lui dépêcher une limousine luxueuse avec chauffeur pour remédier avantageusement à ces vicissitudes ferroviaires inopinées et effectuer confortablement le trajet Paris-Meursault et retour…
Retentissant camouflet à l’adresse d’un jury ayant primé par le passé, Colette, Vincenot, Orsena, Duhamel, Clavel, Revel…Furibarde déconvenue du libraire local dépité dont la cargaison livresque livrée dans la nuit (300 ouvrages du plumitif indélicat dédiés à la dédicace) demeurera en l’état, à 12 exemplaires près…paraphés par procuration!
«Gallopinades» désinvoltes et insolentes qui n’oeuvrent pas outre mesure «à la promotion des valeurs d’authenticité» prônée au fronton, de cette «autre» Académie des Lettres et du Vin, moins vénérable, mais non moins anodine, que sa consoeur du Quai Conti.
L’histrion télévisuel ne s’est assurément pas grandi ni honoré en séchant la remise de sa distinction et en snobant sans vergogne la Bourgogne! Gageons que les dives
bouteilles constituant le lot insigne d’un prix littéraire convoité -qu’en 75 ans aucun des lauréats n’avait boudé!- saurons mieux voyager et vieillir que leur récipiendaire…
Lorsqu’on sait le courage de cet autre immortel, qui, atteint par la maladie, avait lui, en son temps, fait le voyage de Meursault, le col sanglé d’une minerve et lesté de béquilles à la veille d’une opération à cœur ouvert… Ce surhomme s’appelait Jean-François Deniau. N’est pas héros qui veut!
A l’évidence, Max Gallopin, notre fraîchement palmé «sidérodromophobe» (quidam atteint du syndrome de la phobie des voyages) -qui en son heure de gloire mitterrandienne éphémère ne rechignait pas à se jouer des fuseaux horaires à bord des aéronefs du «glam» (pas aerodromophobe, alors, et si peu logophobe «Max le ferrailleur des plateaux-télé»!)- aura su vaincre son aversion pour entreprendre le voyage de la rive gauche et accoster au quai de l’Académie pour endosser, sous les lambris de l’Institut, l’habit vert (de honte) de son immortalité…
Yves-Eric Remy ?
(Journaliste)