Roger Couderc : Monsieur Rugby
8 12 2007Commentateur du Rugby pendant plus de 30 ans, Roger Couderc a converti la France à l’Ovalie.
A l’heure où tout semble question de référencement dans Google, prêtons nous au jeu. Tapons « Rugby » dans le moteur de recherche le plus connu du monde. Dans les 85 900 000 pages recensées, aucune ne mentionne d’emblée le nom de Roger Couderc.
Pourtant, faites la même opération avec vos parents, vos grands parents, les générations qui nous précèdent, le nom de Couderc est systématiquement associé à celui du ballon ovale.
La conclusion heurtera sans doute les adeptes des nouvelles technologies : la mémoire collective a des tours que le web ignore encore.
Commentateur supporter
Célèbre pour son « allez les petits » gravé dans les couloirs du parc des princes (« Allée les petits ») et largement repris lors de la dernière coupe du monde, Roger Couderc a durant prés de 30 années commenté les matchs de Rugby à la Télévision et sur les ondes. Superposant souvent sa casquette de commentateur avec celle de supporter, le « monsieur rugby », réussissait la prouesse de réunir, derrière son accent doux du Sud Ouest de la France, les inconditionnels du sport et les novices.
Il a converti la France au Rugby
A partir de la fin des années 1950, Roger Couderc commente pour l’ORTF (Radio puis télévision) tous les matchs de Rugby de l’équipe de France. En direct du stade de Colombes jusqu’en 1972, puis dans les travées du parc des princes, il convertit la France au Rugby par ses envolées lyriques et sa voix chaleureuse. Mais après mai 1968, en raison de sa proximité avec le mouvement, Roger Couderc est chassé de l’ORTF avec Raymond Marcillac, Robert Chapatte ou encore Thierry Roland. Monsieur Rugby trouve alors refuge sur la «périphérique» Europe 1. Associé à «Monsieur Drop» alias Pierre Albaladejo, ils instituent ensemble le modèle des commentateurs aujourd’hui : 1 journaliste et 1 consultant (spécialiste du sport et souvent ancien joueur). Le duo s’impose ensuite à la télévision sur Antenne 2 à partir de 1975 jusqu’au match France- Pays de Galles du 19 mars 1983. Lors du banquet d’après match, Jean Pierre Rives lui offre son maillot maculé de sang en guise d’adieu.







Roger Couderc, du naturel, du “vrai” parler-vrai.
C’est devenu peut-être plus rare chez nos commentateurs contemporains ?
Laissons de côté un instant.
Je me permets de rappeler cet heureux souvenir de 1977 : l’accession de l’ASPTT Arras Rugby en première division. Une première aussi, pour la ville, pour son département, pour cette grande région Nord-Pas-de-Calais. Et voici Roger Couderc, le 8 mai 1977, dans Stade 2, sur Antenne 2, présentant, et ce sont ses mots, “la bonne ville d’Arras” et son club, l’hôte du stade Emile Zola.
Cf. http://rugby.ina.fr/index.php?vue=notice&id_notice=CAB7700535901
Parlons-en des stades, des halles de sport, des rues, voire des avenues. Nombreux sont ces objets de mémoire auxquels Roger a donné son nom. Qu’en sera-t-il de nos commentateurs contemporains ? A titre d’illustration, je cite la Salle Roger Couderc de Ronchin, charmante bourgade jouxtant la ville de Lille (oui, avec mes excuses, c’est encore dans le Nord, mais il existe aussi un Stade Roger Couderc, à Marseille).
Alors rassure-toi, car si ton article raffraîchissant, par les mots et par l’image, indique que Couderc n’est que trop peu représenté sur la toile, celle-ci reste virtuelle. Pas le souvenir.
L’humain (la mémoire collective) l’emporte sur la machine (le web), voilà qui est rassurant!
Personnellement je ne connaissais pas Couderc, je l’ai découvert par ton article, mais les exemples de ce type pullulent, dans le sport ou ailleurs. C’est fort bon signe.
Quand Roger Couderc a été viré de l’ORTF nous avons été nombreux à regarder les matchs du tournoi en coupant le son de la télé et en allumant le transistor pour continuer à avoir les commentaires de Roger sur Europe 1…
Et Roger Couderc commentait en disant : “L’équipe de France joue sur la gauche de votre transistor…”.
Merci pour ces beaux souvenirs,il s’en faut d’un rien qu’on écrive avec l’accent…
même ceux qui ne possédaient pas de téléviseurs -il en existait déjà à l’époque- “voyaient” le match, les présentateurs avaient d’ailleurs inventé l’expression “transistor à images” et l’on pouvait entendre: les français jouent en blanc à gauche de votre poste….”