La voix des statistiques

3 03 2008

Hervé Kérivel, co-anime depuis 18 ans une émission de Football sur Europe 1. Amoureux des chiffres et des anecdotes qui font l’histoire du ballon rond, il entretient avec ses auditeurs une relation privilégiée.

Les amoureux du ballon rond reconnaissent sa voix parmi des milliers. Hervé Kérivel poursuit sa 18èmeHervé Kérivel(hgauche) en compagnie de Laurent Luyat.jpg saison au Multiplex d’Europe 1. Dix-huit années qu’il passe ses week-ends rue François 1er dans cette émission qui ballade les auditeurs de stades en stades pendant près de deux heures. Déclinée dans la plupart des stations généralistes, le Multiplex et ses hurlements des journalistes annonçant un but, est devenue une véritable institution radiophonique. Hervé Kérivel en est le gardien du temple. Derrière ses lunettes, sa stature voûtée et son air soucieux, il veille. Aucune statistique, aucun chiffre clés ne lui échappe. « Posez lui n’importe quelle question sur l’histoire footballistique des soixante dernières années, le nom d’un buteur, d’un dirigeant, d’un entraîneur, la minute d’un but, il est capable de vous répondre dans les trente secondes, c’est une véritable encyclopédie » raconte admiratif Laurent Luyat, son colistier, depuis 5 années, dans le Multiplex.

 

Un brin nasillarde et hautaine à la première écoute, la voix d’Hervé Kérivel apparaît rapidement comme celle de la sagesse, celle du « papy », surnom affectueux dont l’a affublée la rédaction d ’Europe 1. Quand les correspondants dans les stades s’excitent, grimpent dans les octaves comme des enfants sur un terrain de jeux, il reste stoïque, s’en tient aux faits, aux chiffres, à l’analyse tout en transmettant dans le micro un sourire si rare sur son visage. « Les statistiques permettent de donner une consistance, du sens et de l’ampleur aux performances sportives ».

 

Les auditeurs : une deuxième famille

 

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Darren d’Angleterre

19 01 2008

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© Daniel Bardou / CANAL+

Humour, élégance très british, ouverture, le Darren Tulett « off the record » est bien le même que derrière le petit écran. La voix anglaise la plus célèbre des bords de pelouses françaises a un parcours atypique. Arrivé sur la pointe des pieds à Canal +, il est aujourd’hui une figure bien connue du service des sports de la chaîne.

 

 

” Darren Tulett ? Connais pas… - Mais si, tu sais, l’Anglais habillé un peu bizarrement avec ses cheveux blonds coupés à la mode seventies - Ah ouii !! ” L’empreinte Darren Tulett, c’est d’abord le look. Chaque dimanche soir, sur le plateau de Canal +, l’Anglais arbore un nouveau style qu’aucun téléspectateur, même à moitié endormi dans son canapé, ne peut rater. Chemises flashies, foulards aux couleurs improbables, énorme fleur à la boutonnière : le journaliste n’a reculé devant rien. Même la tenue traditionnelle écossaise, avec le kilt à carreaux et la cornemuse, a connu son heure de gloire. S’il reconnaît que ses vêtements font partie intégrante de sa personnalité, l’intéressé tient à faire remarquer qu’il ne doit pas être réduit à son apparence. ” C’est une chance quand les gens apprécient ce que tu fais et qui tu es. Mais tu ne restes pas longtemps dans une émission juste parce que tu as un look sympa. C’est quand même ton travail qui fait la différence. ” Et Darren fait apparemment du bon boulot, puisqu’il en est à sa sixième année de présence sur le plateau de l’Equipe du dimanche.

Une place à trouver

Son arrivée dans l’émission en 2002 coïncide avec celle d’Hervé Mathoux, qui la reprend en main et en change la formule. Ce dernier tient à s’entourer de journalistes étrangers pour son tour d’horizon des championnats européens. Au départ pigiste, l’Anglais, avec son phrasé impeccable ” appris sur le tas “, devient rapidement la mascotte de l’émission dominicale. La chaîne cryptée lui permet de traiter le foot comme il l’entend. ” C’est vrai qu’il n’y a pas un autre endroit qu’ici où un Anglais avec des chemises à la con aurait pu trouver sa place “, dit-il en rigolant.

Canal + est la première expérience télé de Darren Tulett. ” C’est très différent de la presse écrite “, explique l’ancien correspondant de Bloomberg, une agence de presse américaine. ” On ne s’en rend pas forcément compte au départ, mais les places à l’antenne sont chères. Parfois, des collègues peuvent croire que tu leur voles la vedette. ” Et quand la chaîne l’embauche à plein temps et l’envoie aux bords des terrains de Ligue 1, il s’excuse presque et sent que certains journalistes le regardent du coin de l’œil. ” Mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Je couvre la Ligue des Champions, la première League anglaise. Les gens savent que je suis à ma place. “

« Je vis un rêve »

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Entretien avec Jésabelle Lemonier, première commentatrice TV en France

21 12 2007

“Quand tu es une femme,
tu n’as pas le droit d’aimer le Foot,
tu dois prouver 10 fois plus que les autres”

 

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Jézabel Lemonier est la première commentatrice de Football de la télévision française. Son premier match, le 22 août dernier sur Direct 8, est l’aboutissement d’un début de carrière dans lequel le statut de femme l’a souvent desservi.

Microcasque : Jésabelle, Vous êtes la première femme commentatrice de Football à la télévision, votre premier match le 22 août dernier, ce n’était pas votre première expérience en tant que commentatrice ?

Jésabelle Lemonier : Si, c’était la première fois qu’on me laisse commenté un match. Jamais ils ne m’auraient laissé faire ailleurs (NDLR : Jézabel est passé par Eurosport, Tps Sport, Infos sport), c’était impossible. J’ai déjà dû en faire 10 fois plus que les autres pour être journaliste sportive parce que quand tu es une femme dans ce milieu, tu dois prouver 10 fois plus que les autres. Tu n’as pas le droit d’aimer le sport, d’être passionné de Foot. J’aime le foot, je ne devrais pas avoir à me justifier.

Microcasque : Les difficultés dues à ton statut de femme ont été pesantes ?

J.L : Une anecdote résume ce sentiment. A mes débuts à TPS sport, j’ai monté pendant trois jours, un reportage sur Nicollin (NDLR : Louis Nicollin, président du club de Football de Montpellier et impliqué dans le Rugby). Je m’étais beaucoup investi dans ce sujet. C’était assez chiadé. Lorsque la rédaction le visionne, le rédac’chef dit « c’est génial » puis se retourne et demande : « qui a fait cela ? ». Une fois qu’il a vu que c’était moi, son enthousiasme est tombé et il a fini par lâcher : « oui, bon, c’est pas trop mal » !

« Je ne crois pas du tout au regard féminin sur le Foot »

Microcasque : Qu’apportent de plus les commentaires d’une femme ?

J.L : Je ne crois pas du tout au regard féminin sur le Foot. La clef du métier, pour moi, c’est d’être passionné. Si d’autres femmes arrivent aux commentaires, ce sera pour leur talent de commentatrice, leur travail, leur envie de faire ce métier et non pour introduire de la féminité dans le sport.

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Entretien avec Sylvain Charley, journaliste sportif à RTL

12 11 2007

 

 

« Commenter un match, tout le monde sait le faire. Apporter un plus, une info nouvelle, un chiffre, une anecdote, en un mot, raconter un match, cela demande du travail »

 

Journaliste et commentateur sportif sur RTL, depuis 5 ans, Sylvain Charley livre quelques clés du métier.

 

Microcasque : D’où vient cet attrait pour le Football ?

Sylvain Charley : Je suis passionné par ce sport depuis mon enfance. Je l’ai pratiqué pendant longtemps. C’est un avantage primordial dans le métier. On ne peut bien commenter un sport que lorsqu’on l’a vraiment pratiqué. Je ne commenterai jamais bien le rugby, parce que je ne sais pas ce que c’est, réellement, « prendre un tampon ». Au foot, quand le mec fait un bon contrôle ou lorsqu’il rate un face-à-face avec le gardien après 80 mètres de course, je comprends ce qu’il ressent.

 

Microcasque : Qu’est ce qui est le plus dur dans le commentaire de Football à la radio ?

 

S.C : C’est le « multiplex » (tour des stades réguliers lors des soirées de championnat NDLR). On a 40 secondes pour donner le score, le temps, le nom des buteurs en mélangeant ensuite du commentaire charley.jpgdirect et une microanalyse de la rencontre. On ne peut pas la préparer vraiment parce qu’on suit le match. On est sur plusieurs fronts en même temps. Ce n’est vraiment pas facile.

 

Microcasque : Comment vous préparez les matchs ?

 

S.C : Je lis les journaux, j’apprends les compositions d’équipes habituelles, les derniers changements tactiques, les statistiques. Je me renseigne sur l’histoire des clubs, les différentes incidences sur le classement de la rencontre du jour. Et puis surtout je fais un travail de recherche d’archives autour du match, et des joueurs. C’est ce travail de plusieurs heures qui permet de raconter d’autres choses aux auditeurs. Commenter tout le monde sait le faire, apporter un plus, une info, un chiffre ou une anecdote, en un mot raconter un match cela demande du travail. J’écoute parfois des confrères qui se cantonnent aux faits du match. Je trouve cela ennuyeux . Il faut donner plus à ceux qui nous écoutent. On doit leur raconter le foot.

 

Microcasque : Comment se passe la journée type de commentateur un jour de match ?

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