Zoom sur Fokus 21

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Mieux vivre au 21 ème siècle, arrêter le gaspillage, développer des économies solidaires, un projet idéaliste? Pourtant ils sont de plus en plus nombreux à se mobiliser pour trouver des alternatives de vie en accord avec les problèmes de nos sociétés modernes. L’association Fokus 21 en a fait son combat.

C’est une association de loi 1901 et une association de coeur. Promouvoir le commerce équitable et sensibiliser la population aux alternatives de modes de vie qui existent par le biais de films documentaires, tel est le rôle de l’association Fokus 21. Sandra Blondel et Pascal Hennequin ont créé leur association en 2005 après avoir découvert deux ans auparavant le commerce équitable dans une boutique des Artisans du Monde. C’est le déclic pour ce jeune couple en recherche d’une activité en accord avec leurs idées et leur mode de vie « alternatif ». En 2003, le commerce équitable ne fait pas encore partie du langage commun et les outils d’information et de pédagogie sur cette autre voie de consommation manquent. Sandra et Pascal trouvent là leur mission: faire connaître cette alternative économique en montrant les « vrais visages » de ceux qui le bâtissent.

img_affiche001.jpgAprès neuf mois de voyage à Madagascar chez des artisans, au Sri Lanka chez des producteurs de thé et au Pérou chez des producteurs de café et de sucre, ((subventionné par la bourse décroché au Défi jeune (ministère de la Jeunesse et des Sports) les deux néophytes montent un film, 0,01.

 

« Nous sommes des militants, nous voulons toucher le plus de monde possible » revendique énergiquement Sandra. Alors tant pis si les grandes chaînes nationales refusent le film.La première diffusion a lieu au cinéma Méliès de Montreuil en mai 2005. Depuis, il a été montré partout en France, dans le cadre de leur Tour de France de l’économie solidaire. Puis dans des entreprises, dans des lycées, au cours de festivals. Des expo-photos et des débats avec le public complètent ce travail pédagogique.

“Nous voulons aussi montrer qu’il existe en France des entreprises avec un développement économique fort, mais aussi une philosophie différente et non liée uniquement à la rentabilité”. Le prochain film, Bonheur National Brut, dévoilera les alternatives qui existent chez nous. Trois organisations françaises qui couvrent trois champs économiques différents mais le même objectif de développement durable et harmonieux.

L’association se fait connaître de plus en plus dans le milieu du commerce équitable et Sandra et Pascal peuvent se verser un salaire grâce aux opérations de sensibilisation et aux subventions versées par l’Etat et l’Union Européenne. « On manque un peu de forces vives » regrette la militante. Mais même si quelques membres de plus ne feraient pas de mal, la motivation est bien présente. A chaque projet se greffe un nouveau, et le couple enchaîne les diffusions, les festivals, les expositions. Actuellement son compagnon est en reportage à Oman sur un bateau à voiles qui ira jusqu’à Marseille, suivi par des écoliers en France. Le but, sensibiliser à la protection de la biodiversité marine gravement en danger.

« C’est un engagement politique mais sans lien idéologique » précise Sandra. Si ce n’est le ministère de l’économie, aucun politique n’a encore vu leur production. “De toute façon, ce n’est pas que par le haut que les choses changeront”.

Non, il ne faut pas être un ancien hippie baba sur le retour pour consommer équitable. Pour beaucoup encore, le commerce équitable, c’est un pull informe en laine vierge non traité qui gratte, un bonnet péruvien ou des chaussons ridicules. Pourtant ça y est, la mode s’est emparée du principe, de plus en plus de marques développent leur gamme “équitable”, qui déculpabilise les consommateurs et assure une réputation de griffe “engagée”.

Chez Etam, La Redoute, Celio vous pouvez trouver de quoi faire votre jogging en coton équitable, et certaines marques en ont même fait leur fonds de commerce principal et se sont spécialisées uniquement dans le type de commerce.

Veja est la marque de basket qui propose de tenter de “changer le monde, même un petit peu” dixit leur site et qui fait fureur au pied des bobos branchouilles . veja.jpgFabriquées en coton biologique, caoutchouc naturel d’Amazonie, les chaussures respectent les principes du commerce équitables de A à Z. Les matières sont fabriquées par de petits producteurs et payées de 30 à 50% plus cher pour assurer leurs besoins, tandis les baskets sont assemblées dans des entreprises et coopératives respectueuse des lois internationales du travail. Résultat: une chaussure un peu plus chère, de 80 à 100 euros mais dont le prix diffère finalement peu de celui des chaussures de marque à virgule ou félin beaucoup moins équitable.

Les modèles inspirés des années 1970 plaisent aux plus pointus de mode. Depuis sa naissance en février 2005 au Palais de Tokyo à Paris, Veja a séduit et se retrouve partout dans le monde, de la Corée du Sud à l’Espagne en passant par Los Angeles.

Autre marque spécialisée créée par deux Français, Seyes, vend des écharpes en coton biologique dans des emballages minimalistes et design déclinées dans plus de 30 modèles. Seyes se retrouve sur de nombreux sites de mode et dans de nombreuses boutiques spécialisées dans l’équitable partout en France. La brésilienne Tudo Bom produit des T-shirts a messages, des robes en coton bien coupées, des maillots de bain.

Vendus souvent à des prix 25% plus élevés que les autres, les vêtements issus du commerce équitable, d’une qualité souvent supérieure marchent. Au prochain salon du Prêt-à-porter (du 24 au 27 janvier), près de 50 marques présenteront leurs créations issues du commerce équitable.

Noël équitable

décoration noelLe mois de décembre est entamé, et la sempiternelle question des cadeaux reviens nous tarabusquer.

Plus les jours passent, plus l’angoisse nous etreint et les idées nous échappent. Et si cette année, on tentait de faire plaisir à sa petite tribu famille-amis en consommant utile? Noël est devenu une grande fête de la consommation, une célébration de la carte bleue et de la dépense déculpabilisée par puisqu’il s’agit d’acheter pour d’autres… Rien que pour le commerce en ligne, les achats devraient atteindre cette année près de 3 milliards d’euros (d’après les estimations de la FEVAD, syndicats des entreprises de vente à distance). Si ce chiffre vous donne le vertige et que vous rejetez l’idée de participer à cette frénésie consommatrice, allez faire un tour sur les sites de vente de commerce équitable. Les offres sont de plus en plus nombreuses et diversifiée. De la cousine branchée bobo au grand père classique, vous pouvez trouver leur bonheur sur les nombreux sites spécialisés en commerce équitable.

021207_111235_sdip_2dcbsg.jpgSur le site Ekitabl, on trouve des sacs élégants en soie ou des sacs en filet de pêche recyclés, estamipllés des têtes de morts si tendance, des portes clefs grigris des T-shirt à motifs sérigrafiés pour les hommes… Si vous n’êtes pas sûrs de votre choix, vous pouvez vous rabattre sur les chèques cadeaux de 10 à 150 euros, valavles un an sur toute la boutique en ligne.

Pour les gourmands, le site Ethiquable propose des coffrets cadeaux dégustations, Autour du chocolat, Autour du Thé, Autour de l’Asie, histoire de faire voyager les papilles pour moins de 30 euros!

Des objets déco modernes et design ou plus artisanaux pour des prix très raisonnables on n’en trouve pas que chez ikéa… Sur EquiTerre, on trouve des bougeoirs style gigogne, en bois sombre et à la ligne épurée, mais aussi des vases, des nappes, des statuettes, et même des cartes de voeux.

Le soins cosmétiques ne sont pas en reste. Le site Noisette Cosm’éthique commercialise trois marques spécialisées dans les produits biologiques et équitables.  Crèmes de jour au jasmin, beurre de karité, sels de la mer morte, Forest people propose des produits basés sur des techniques et recettes ancestrales fabriqués en Amazonie, au Maroc… Thémis propose un masque désintoxifiant et hydratant au chocolat. Suivant la tendance des soins masculins, puisque les hommes se mettent de plus en plus aux soins cosmétiques, la marque propose un pack cocktail bio, avec mousse à raser, crème hydratante, déodorant…

lapin_upandup.jpgEnfin pour les enfants, il existe des jouets et doudous aux couleurs pop, en matériaux bio sur le site Bébés en vadrouille, comme ce  lapin à tirer, un puzzle du Sri lanka sur les animaux ou une boîte à musique en forme de tortue. Bébés en Vadrouille se vend aussi en boutique à Paris, au 47 bd Henri IV dans la 4 ème arrondissement.

Pour les parisiens en manque d’adresses, voici quelques boutiques de commerce équitable où aller glaner quelques idées…

 

Alter Mundi
41, rue du Chemin Vert
75011 Paris
tel. 01 40 21 08 91
www.altermundi.com

Boutic Ethic
1, place de l’Ecole Militaire - 75007 Paris
Tel. 01 45 55 56 06
www.bouticethic.com

Bébés en Vadrouille
47, bld Henri IV - 75004 Paris
Tel. 01 48 87 19 68
www.bbenv.com

L’arbre du Voyageur
32, rue de l’Espérance - 75013 Paris
Tel. 01 53 80 16 10

Sira Kura
8, rue Jean-Baptiste Dumay - 75020 Paris
Tel. 01 43 15 08 83

 

 

Exemple de rencontre voyageurs/ locauxS’engager pour promouvoir une nouvelle façon de voyager, respectueuse des populations et de l’environnement, c’est le choix professionnel qu’a fait Céline Menant-Lê, présidente du réseau Archimède et de l’association Voyage et Sens. Entretien.


 

 

 499 euros la semaine à Punta Cana en République Dominicaine, ça fait rêver. Les offres de voyages low cost à des prix défiant toute concurrence nous assaillent sur nos écrans d’ordinateur. Mais pour Céline Menant-Lê, ce type de tourisme en pleine expansion n’est pas durable. Elle est présidente depuis juin 2006 du réseau Archimède, un réseau qui regroupe des acteurs du tourisme solidaire. Kesako? Le tourisme solidaire, c’est une autre idée du voyage, bien loin des clubs de vacances qui regroupent en masse des consommateurs de souvenirs .

Ce sont des voyages organisés dans le but de découvrir d’autres rythmes de vie, d’être mêlé aux habitants d’un pays, de partager et d’échanger. Mais encore et surtout, c’est un tourisme qui assure une rémunération correcte des employés locaux, le respect des cultures et de l’environnement et une aide au développement.

 

Après 10 années passées à travailler dans le tourisme, à tous les échelons et postes possibles. C’est au Viet Nam où elle travaillait en tant que professeur de français il y a quelques années qu’elle à eu le déclic,en constatant la dérive d’un petit paradis littoral détruit par le tourisme délirant et les constructions anarchiques d’hôtels. Témoin de la métamorphose d’un pays en pleine croissance, métamorphose désordonnée et souvent douloureuse pour l’environnement, elle décide de travailler pour promouvoir une autre façon de voyager. Elle rentre à Paris, étudie l’éducation à l’environnement et rencontre ceux avec qui elle va se lancer dans l’aventure.

« En 2005, nous reprenons l’association Archimède, pour la transformer en réseau d’acteurs du tourisme solidaire, dédié à la promotion et à la valorisation de ces voyages. En moins d’un an, nous avions déjà 40 adhérents. Il y avait une vraie demande et une vraie volonté des acteurs de se fédérer ». Archimède ne vend pas de voyage, mais tente de coordonner l’action de petits acteurs qui n’ont pas les moyens de grands tours opérateurs. ONG, associations, initiatives locales y sont présentes.


Plus que du militantisme, une manière de vivre

De cette expérience, elle prend conscience du manque de sensibilisation, d’information et de conseil en tourisme solidaire. Seulement 32,5% de la population française en a déjà entendu parler (étude de l’UNAT). Elle crée alors en 2006 avec Marie-Claude Ancero l’association Voyage et Sens, qui participe à des opérations de sensibilisations, lors de forums, de festivals ou de salon.

Informer le grand public, agir des les collègeset lycées, parler de comportement, de citoyenneté, présenter ce tourisme lors d’expositions, de rencontres, de débats, tout est bon pour faire connaître cette voie différente et que peu connaissent.

« Plus que du militantisme, c’est une manière de vivre, que de faire découvrir cette nouvelle façon de voyager. On ne vend pas de voyages, mais on veut transmettre des principes de citoyens responsables et sensible au développement durable ». Et depuis quelques temps, ces principes sont de mieux en mieux accueillis et écouté par le grand public.

« Depuis le Grenelle de l’environnement, il y a une vraie prise de conscience. On entend parler de ce type de tourisme beaucoup plus souvent ». Mais aujourd’hui, le tourisme solidaire ne représente que 1% des voyages à l’étranger. Les consommateurs restent frileux, craignent des prix plus élevés, un confort précaire. Pourtant explique Céline, il n’y a pas de grande différence de prix si on compare le tourisme solidaire à des séjours de même qualité. Le prix ne sera certainement pas celui d’un voyage dégriffé sur internet, mais il est expliqué par la qualité des produits, des services rendus par les gens sur place et de l’expérience vécue par le voyageur. Il partage souvent le quotidien de familles, est nourri avec soins par des productions locales, visite le pays en dehors des sentiers battus.

C’est aussi sur ce plan qu’il faut sensibiliser les voyageurs, celui de choisir un séjour où l’on est sûr de ne pas participer à l’exploitation des populations locales, à la dégradation de l’environnement. Mais c’est un travail de longue haleine. « Il y a un paradoxe terrible: on veut toujours payer moins cher, mais on réclame de plus en plus de qualité et d’éthique ».

Céline reste optimiste. Le marché du tourisme solidaire se développera, il y a une demande croissante. Et son association en fera partie: a terme le projet de Voyage et Sens est d’organiser ses propres voyages solidaires.

larochelle.jpgCette semaine La Rochelle met à l’honneur le commerce équitable, pour la deuxième année consécutive. Du 17 au 25 novembre, la ville organise une vaste opération de sensibilisation à cette autre voie du commerce et engage à réfléchir sur la mondialisation.

Dès demain, vous pourrez, si vous êtes dans la région, vous pourrez assister dès 15 heure à une projection-débat “la banane à tout prix”  sur le commerce équitable à la médiathèque de Villeneuve, visiter une exposition-vente à la salle de l’Arsenal de La Rochelle.

Rencontres d’acteurs directs, d’associations, organisation de tables rondes, débats, spectacles, concerts, une multitude d’activités vous sont proposées.

Autre initiatives, vos bouts de chou pourront déguster à la cantine le jeudi 22 février près de 4000 repas préparés avec des produits issus du commerce équitable.

Pour accéder au programme, cliquer ici.

logo-clcv.gifIl n’y a aucune harmonie dans le secteur du commerce équitable. Voici le résultat d’une étude menée sur les garanties du commerce équitable de CLCV, une association défense des consommateurs. CLCV s’est intéressé aussi bien aux acteurs importants, Max Havelaar, qu’aux structures plus petites.
Première constatation, ce sont bien les petits et les moyens producteurs qui en profitent et qui bénéficient de prix plus élevés que dans le marché normal. On est rassuré.
La participation au commerce équitable a un prix, parfois deux fois plus élevé que les produits du commerce normal. Pour de nombreux ménages, c’est un important effort financier. C’est donc bien sur ce point que le consommateur mérite d’être informé. Et pourtant…

Méthodes de contrôle différentes selon les marques, critères qui varient… Les entreprises et associations n’acceptent pas toutes de fournir des détails. Pour un secteur souvent visé par les critiques et la méfiance, cela ne renforce pas la crédibilité. La fixation du prix n’est jamais la même: chez le géant Max Haavelar, elle dépend des filières (thé, riz, café…) tandis que dans une petite société coopérative commerciale, comme Andine, le prix dépend d’accords passés entre entrepreneurs et producteurs.

 Caricature de Plantu sur le commerce équitable

“Mon prix sera le vôtre!”, caricature de Plantu sur le commerce équitable 

Idem pour le calcul de la part du prix revenant au producteur. Et le montant élevé du prix ne correspond pas toujours à la prime que touche le producteur. Il est parfois le résultat de marges trop élevées de distributeurs et d’intermédiaires.

Pire, l’étude a constaté que des produits similaires coûtaient parfois moins cher dans des magasins spécialisés que dans certains hypermarchés censés assurer les prix les plus compétitifs. Plus choquant, un même produit diffusé en grande surface peut être commercialisé à des prix différents selon l’enseigne ou la région (Exemple de l’étude: Un paquet de thé vert Ethiquable chez Leclerc coûte2,89 € dans à Rennes et à 1,79 € à Nantes…).

 

Mange ta banane

Au printemps 2005 Max Havelaar a lancé une campagne de sensibilisation du grand public au commerce équitable. 200 salles de cinéma ont diffusé trois court métrages ludiques et pédagogiques. Producteurs, réalisateurs et grands noms du cinéma français (François Berléand, Romane Bohringer et Vincent Cassel) ont participé bénévolement à la création. Max Havelaar a choisi de leur laisser carte libre. Petit retour en image .

Vous avez forcément déjà entendu ou vu ce nom. Max Havelaar est le leader mondial du commerce équitable. Il s’engage à respecter les principes du commerce équitable (prix, conditions de travail, relations commerciales directes, protection de l’environnement…)
A la fois association prônant le commerce équitable et label, Max Havelaar est né en 1988 au Pays Bas. Respecté ou recrié par les professionels du commerce équitable, il est un pionnier dans son genre.

Spécialisé d’abord dans le café, le label a connu le succès rapidement. Thé, chocolat, fruit frais et aujourd’hui coton, cosmétiques…(à noter, Max Havelaar ne produit pas lui même ni ne distribue et se revendique comme une association à but non lucratif).

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Aujourd’hui il est présent dans le monde entier : vendu dans 21 pays, (Europe, Etats-Unis, Mexique, Japon, Canada, Suisse), il regroupe près de 505 organisations de producteurs réparties dans 52 pays. En France le label est présent dans près de 10 000 point de vente.

Son fondateur est un prêtre-ouvrier hollandais, Francisco van der Hoff. Déjà chevalier de la Légion d’honneur, il a été promu cette année lauréat du prix Nord Sud du Conseil de l’Europe (récompense les initiatives et engagements à la cause des droits de l’Homme).

Seulement voila, le label ne fait pas l’unanimité. De plus en plus de doutes planent autour de Max Havelaar. En septembre 2007 un article du journaliste Christian Jacquiau du Monde Diplomatique rappelait une phrase de son saint fondateur: ” Nous étions et sommes toujours anticapitalistes, opposés aux transnationales ” (lire l’article “Max Havelaar ou les ambiguïté du commerce équitable”).

Alors forcément, sa présence dans des grands groupes de distribution ou son association à des marques aux objectifs très éloignés des idéaux du commerce équitable comme Mac Donald décrédibilisent sa première mission. L’entrée du coton dans ses ventes n’a fait qu’empirer les choses: le label s’est associé à Dagris, société publique française qui détient un quasi-monopole en Afrique de l’Ouest. Or elle est en cours de privatisation, ce qui provoque une polémique. Comment assurer un revenu équitable aux agriculteurs africains quand de nombreux actionnaires font pression pour augmenter les gains?
Aujourd’hui de nombreuses associations de commerce équitable mettent en cause le géant Max Havelaar. Le Monde diplomatique a publié en octobre dernier un droit de réponse à l’article de Christian Jacqueau (pour le lire, cliquer ici).

Aider une famille péruvienne en achetant un certain type de café pour son petit déjeuner flatte l’ego et apaise l’esprit. Le commerce équitable devient une nouvelle façon de consommer, mais surtout de vendre. Partout, des magazines aux machines à café, nous sommes appelés à acheter équitable. Nos grandes surfaces, Carrefour, Leclerc, Monoprix, ont tous introduit dans leur rayon le label Max Havelaar qui commercialise plus de 150 marques équitables.

74% des français ont déjà entendu parler du commerce équitable (Ipsos, 2006). La démarche n’est plus l’apanage de quelque babas altermondialistes, près d’un français sur deux a déjà acheté un produit labellisé « équitable ». Pour beaucoup, le commerce équitable, ça concerne le café, le chocolat. Mais à l’origine, les premières boutiques vendaient essentiellement des produits artisanaux, des tissus et vêtement. Aujourd’hui il est possible de vivre en consommant pratiquement que des produits “made in équitable”: aliments, objet de décoration, vêtement à la mode, baskets, cosmétiques…

Mais si tout le monde connaît le terme de commerce équitable, pour beaucoup il reste un concept plutôt nébuleux. Pourtant c’est très simple. L’objectif est d’assurer une certaine équité dans le commerce mondial. Les distributeurs s’engagent à trouver des producteurs à petite échelle, dans des zones économiquement défavorisées et de leur garantir les meilleures conditions commerciales possible. Le principe s’appuie sur la transparence, l’assurance d’un prix équitable pour le producteur, mais aussi de lutter contre le travail des enfants, contre les mauvaises conditions de travail. En plus de respecter et participer au développement de petits producteurs, le commerce équitable s’inscrit dans le développement durable en encourageant la protection de l’environnement, via l’agriculture biologique.

Les gammes s’élargissent constamment, les distributeurs tablent de plus en plus sur ce nouveau mode de consommation. Normal, avec un chiffre d’affaire atteignant 166 millions d’euros en 2006, l’équitable fait briller les yeux des entrepreneurs.
Moraliser ou déculpabiliser les consommateurs ? Difficile de savoir si les marques sont fiables ou si l’étiquette équitable n’est qu’une stratégie marketing hypocrite.

Attention aux pièges…

Le risque de tomber dans le piège devrait se restreindre grâce à la mise en place d’une législation. Et c’est bien là que le bât blesse. Il y a encore trop peu de moyens de contrôle et trop de libertés .Une vraie norme légale définissant en détail le commerce équitable n’existe pas encore en France, même si nous avons été le premier pays à faire une place à cette nouvelle voie commerciale dans notre législation. Et encore, seul un article d’une loi de 2005 sur les PME définit quelques règles: “le commerce équitable organise des échanges de biens et de services entre des pays développés et des producteurs désavantagés situés dans des pays en développement. Ce commerce vise à l’établissement de relations durables ayant pour effet d’assurer le progrès économique et social de ces producteurs”.

Les éléments principaux sont là, mais rien ne régit vraiment le système. Le vide juridique reste vaste et laisse place aux abus.

En janvier 2006, la commission Afnor (Agence Française de Normalisation), a publié après trois années de travail le premier texte de référence sur le commerce équitable. Présenté comme un engagement il a été signé par 51 organisations de commerce équitable, entreprises, associations de solidarité internationale et de défense des consommateurs, d’entités publiques et d’entreprises privées. Sans valeurs légale puisqu’il n’engage que les signataires, l’accord énonce une base de trois principes fondamentaux:

-l’équilibre de la relation commerciale (prix minimum équitable pour le producteur, respect des droits sociaux et environnementaux,…),

-l’accompagnement des producteurs engagés dans le commerce équitable,

- l’information et la sensibilisation du public au commerce équitable

Autre moyen de s’assurer du bien fondé de l’appellation “commerce équitable”, les organisations nationales et internationales qui regroupent et surveillent des marques. Le mouvement n’est pas si récent, la première association promouvant ce type de commerce date des années 1960, avec ATO (Alternative Trade Organizations), qui s’occupait de l’importation et de la vente de produits artisanaux. En France, il faut attende 1973 pour que naisse Artisans du Monde, issue de la mouvance des compagnons d’Emmaüs de l’abbé Pierre. Aujourd’hui elle coordonne près de 160 associations. Il existe aussi la PFCE, Plate-Forme pour le Commerce Equitable en regroupe 35. En 1988, le label néerlandais Max Havelaar certifie l’origine des produits et élargit son impact en intégrant la vente de produits équitables aux circuits commerciaux réguliers, les grandes surfaces.

De nombreuses initiatives, associations, boutiques, se multiplient. Ce blog tentera d’en présenter certaines et d’offrir un regard clair sur cette nouvelle voie de consommation.

 

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