Mais au fond, qu’est ce que le commerce équitable?

Aider une famille péruvienne en achetant un certain type de café pour son petit déjeuner flatte l’ego et apaise l’esprit. Le commerce équitable devient une nouvelle façon de consommer, mais surtout de vendre. Partout, des magazines aux machines à café, nous sommes appelés à acheter équitable. Nos grandes surfaces, Carrefour, Leclerc, Monoprix, ont tous introduit dans leur rayon le label Max Havelaar qui commercialise plus de 150 marques équitables.

74% des français ont déjà entendu parler du commerce équitable (Ipsos, 2006). La démarche n’est plus l’apanage de quelque babas altermondialistes, près d’un français sur deux a déjà acheté un produit labellisé « équitable ». Pour beaucoup, le commerce équitable, ça concerne le café, le chocolat. Mais à l’origine, les premières boutiques vendaient essentiellement des produits artisanaux, des tissus et vêtement. Aujourd’hui il est possible de vivre en consommant pratiquement que des produits “made in équitable”: aliments, objet de décoration, vêtement à la mode, baskets, cosmétiques…

Mais si tout le monde connaît le terme de commerce équitable, pour beaucoup il reste un concept plutôt nébuleux. Pourtant c’est très simple. L’objectif est d’assurer une certaine équité dans le commerce mondial. Les distributeurs s’engagent à trouver des producteurs à petite échelle, dans des zones économiquement défavorisées et de leur garantir les meilleures conditions commerciales possible. Le principe s’appuie sur la transparence, l’assurance d’un prix équitable pour le producteur, mais aussi de lutter contre le travail des enfants, contre les mauvaises conditions de travail. En plus de respecter et participer au développement de petits producteurs, le commerce équitable s’inscrit dans le développement durable en encourageant la protection de l’environnement, via l’agriculture biologique.

Les gammes s’élargissent constamment, les distributeurs tablent de plus en plus sur ce nouveau mode de consommation. Normal, avec un chiffre d’affaire atteignant 166 millions d’euros en 2006, l’équitable fait briller les yeux des entrepreneurs.
Moraliser ou déculpabiliser les consommateurs ? Difficile de savoir si les marques sont fiables ou si l’étiquette équitable n’est qu’une stratégie marketing hypocrite.

Attention aux pièges…

Le risque de tomber dans le piège devrait se restreindre grâce à la mise en place d’une législation. Et c’est bien là que le bât blesse. Il y a encore trop peu de moyens de contrôle et trop de libertés .Une vraie norme légale définissant en détail le commerce équitable n’existe pas encore en France, même si nous avons été le premier pays à faire une place à cette nouvelle voie commerciale dans notre législation. Et encore, seul un article d’une loi de 2005 sur les PME définit quelques règles: “le commerce équitable organise des échanges de biens et de services entre des pays développés et des producteurs désavantagés situés dans des pays en développement. Ce commerce vise à l’établissement de relations durables ayant pour effet d’assurer le progrès économique et social de ces producteurs”.

Les éléments principaux sont là, mais rien ne régit vraiment le système. Le vide juridique reste vaste et laisse place aux abus.

En janvier 2006, la commission Afnor (Agence Française de Normalisation), a publié après trois années de travail le premier texte de référence sur le commerce équitable. Présenté comme un engagement il a été signé par 51 organisations de commerce équitable, entreprises, associations de solidarité internationale et de défense des consommateurs, d’entités publiques et d’entreprises privées. Sans valeurs légale puisqu’il n’engage que les signataires, l’accord énonce une base de trois principes fondamentaux:

-l’équilibre de la relation commerciale (prix minimum équitable pour le producteur, respect des droits sociaux et environnementaux,…),

-l’accompagnement des producteurs engagés dans le commerce équitable,

- l’information et la sensibilisation du public au commerce équitable

Autre moyen de s’assurer du bien fondé de l’appellation “commerce équitable”, les organisations nationales et internationales qui regroupent et surveillent des marques. Le mouvement n’est pas si récent, la première association promouvant ce type de commerce date des années 1960, avec ATO (Alternative Trade Organizations), qui s’occupait de l’importation et de la vente de produits artisanaux. En France, il faut attende 1973 pour que naisse Artisans du Monde, issue de la mouvance des compagnons d’Emmaüs de l’abbé Pierre. Aujourd’hui elle coordonne près de 160 associations. Il existe aussi la PFCE, Plate-Forme pour le Commerce Equitable en regroupe 35. En 1988, le label néerlandais Max Havelaar certifie l’origine des produits et élargit son impact en intégrant la vente de produits équitables aux circuits commerciaux réguliers, les grandes surfaces.

De nombreuses initiatives, associations, boutiques, se multiplient. Ce blog tentera d’en présenter certaines et d’offrir un regard clair sur cette nouvelle voie de consommation.

 

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Gilles Faguet

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