Général

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Non, il ne faut pas être un ancien hippie baba sur le retour pour consommer équitable. Pour beaucoup encore, le commerce équitable, c’est un pull informe en laine vierge non traité qui gratte, un bonnet péruvien ou des chaussons ridicules. Pourtant ça y est, la mode s’est emparée du principe, de plus en plus de marques développent leur gamme “équitable”, qui déculpabilise les consommateurs et assure une réputation de griffe “engagée”.

Chez Etam, La Redoute, Celio vous pouvez trouver de quoi faire votre jogging en coton équitable, et certaines marques en ont même fait leur fonds de commerce principal et se sont spécialisées uniquement dans le type de commerce.

Veja est la marque de basket qui propose de tenter de “changer le monde, même un petit peu” dixit leur site et qui fait fureur au pied des bobos branchouilles . veja.jpgFabriquées en coton biologique, caoutchouc naturel d’Amazonie, les chaussures respectent les principes du commerce équitables de A à Z. Les matières sont fabriquées par de petits producteurs et payées de 30 à 50% plus cher pour assurer leurs besoins, tandis les baskets sont assemblées dans des entreprises et coopératives respectueuse des lois internationales du travail. Résultat: une chaussure un peu plus chère, de 80 à 100 euros mais dont le prix diffère finalement peu de celui des chaussures de marque à virgule ou félin beaucoup moins équitable.

Les modèles inspirés des années 1970 plaisent aux plus pointus de mode. Depuis sa naissance en février 2005 au Palais de Tokyo à Paris, Veja a séduit et se retrouve partout dans le monde, de la Corée du Sud à l’Espagne en passant par Los Angeles.

Autre marque spécialisée créée par deux Français, Seyes, vend des écharpes en coton biologique dans des emballages minimalistes et design déclinées dans plus de 30 modèles. Seyes se retrouve sur de nombreux sites de mode et dans de nombreuses boutiques spécialisées dans l’équitable partout en France. La brésilienne Tudo Bom produit des T-shirts a messages, des robes en coton bien coupées, des maillots de bain.

Vendus souvent à des prix 25% plus élevés que les autres, les vêtements issus du commerce équitable, d’une qualité souvent supérieure marchent. Au prochain salon du Prêt-à-porter (du 24 au 27 janvier), près de 50 marques présenteront leurs créations issues du commerce équitable.

larochelle.jpgCette semaine La Rochelle met à l’honneur le commerce équitable, pour la deuxième année consécutive. Du 17 au 25 novembre, la ville organise une vaste opération de sensibilisation à cette autre voie du commerce et engage à réfléchir sur la mondialisation.

Dès demain, vous pourrez, si vous êtes dans la région, vous pourrez assister dès 15 heure à une projection-débat “la banane à tout prix”  sur le commerce équitable à la médiathèque de Villeneuve, visiter une exposition-vente à la salle de l’Arsenal de La Rochelle.

Rencontres d’acteurs directs, d’associations, organisation de tables rondes, débats, spectacles, concerts, une multitude d’activités vous sont proposées.

Autre initiatives, vos bouts de chou pourront déguster à la cantine le jeudi 22 février près de 4000 repas préparés avec des produits issus du commerce équitable.

Pour accéder au programme, cliquer ici.

logo-clcv.gifIl n’y a aucune harmonie dans le secteur du commerce équitable. Voici le résultat d’une étude menée sur les garanties du commerce équitable de CLCV, une association défense des consommateurs. CLCV s’est intéressé aussi bien aux acteurs importants, Max Havelaar, qu’aux structures plus petites.
Première constatation, ce sont bien les petits et les moyens producteurs qui en profitent et qui bénéficient de prix plus élevés que dans le marché normal. On est rassuré.
La participation au commerce équitable a un prix, parfois deux fois plus élevé que les produits du commerce normal. Pour de nombreux ménages, c’est un important effort financier. C’est donc bien sur ce point que le consommateur mérite d’être informé. Et pourtant…

Méthodes de contrôle différentes selon les marques, critères qui varient… Les entreprises et associations n’acceptent pas toutes de fournir des détails. Pour un secteur souvent visé par les critiques et la méfiance, cela ne renforce pas la crédibilité. La fixation du prix n’est jamais la même: chez le géant Max Haavelar, elle dépend des filières (thé, riz, café…) tandis que dans une petite société coopérative commerciale, comme Andine, le prix dépend d’accords passés entre entrepreneurs et producteurs.

 Caricature de Plantu sur le commerce équitable

“Mon prix sera le vôtre!”, caricature de Plantu sur le commerce équitable 

Idem pour le calcul de la part du prix revenant au producteur. Et le montant élevé du prix ne correspond pas toujours à la prime que touche le producteur. Il est parfois le résultat de marges trop élevées de distributeurs et d’intermédiaires.

Pire, l’étude a constaté que des produits similaires coûtaient parfois moins cher dans des magasins spécialisés que dans certains hypermarchés censés assurer les prix les plus compétitifs. Plus choquant, un même produit diffusé en grande surface peut être commercialisé à des prix différents selon l’enseigne ou la région (Exemple de l’étude: Un paquet de thé vert Ethiquable chez Leclerc coûte2,89 € dans à Rennes et à 1,79 € à Nantes…).

 

Aider une famille péruvienne en achetant un certain type de café pour son petit déjeuner flatte l’ego et apaise l’esprit. Le commerce équitable devient une nouvelle façon de consommer, mais surtout de vendre. Partout, des magazines aux machines à café, nous sommes appelés à acheter équitable. Nos grandes surfaces, Carrefour, Leclerc, Monoprix, ont tous introduit dans leur rayon le label Max Havelaar qui commercialise plus de 150 marques équitables.

74% des français ont déjà entendu parler du commerce équitable (Ipsos, 2006). La démarche n’est plus l’apanage de quelque babas altermondialistes, près d’un français sur deux a déjà acheté un produit labellisé « équitable ». Pour beaucoup, le commerce équitable, ça concerne le café, le chocolat. Mais à l’origine, les premières boutiques vendaient essentiellement des produits artisanaux, des tissus et vêtement. Aujourd’hui il est possible de vivre en consommant pratiquement que des produits “made in équitable”: aliments, objet de décoration, vêtement à la mode, baskets, cosmétiques…

Mais si tout le monde connaît le terme de commerce équitable, pour beaucoup il reste un concept plutôt nébuleux. Pourtant c’est très simple. L’objectif est d’assurer une certaine équité dans le commerce mondial. Les distributeurs s’engagent à trouver des producteurs à petite échelle, dans des zones économiquement défavorisées et de leur garantir les meilleures conditions commerciales possible. Le principe s’appuie sur la transparence, l’assurance d’un prix équitable pour le producteur, mais aussi de lutter contre le travail des enfants, contre les mauvaises conditions de travail. En plus de respecter et participer au développement de petits producteurs, le commerce équitable s’inscrit dans le développement durable en encourageant la protection de l’environnement, via l’agriculture biologique.

Les gammes s’élargissent constamment, les distributeurs tablent de plus en plus sur ce nouveau mode de consommation. Normal, avec un chiffre d’affaire atteignant 166 millions d’euros en 2006, l’équitable fait briller les yeux des entrepreneurs.
Moraliser ou déculpabiliser les consommateurs ? Difficile de savoir si les marques sont fiables ou si l’étiquette équitable n’est qu’une stratégie marketing hypocrite.

Attention aux pièges…

Le risque de tomber dans le piège devrait se restreindre grâce à la mise en place d’une législation. Et c’est bien là que le bât blesse. Il y a encore trop peu de moyens de contrôle et trop de libertés .Une vraie norme légale définissant en détail le commerce équitable n’existe pas encore en France, même si nous avons été le premier pays à faire une place à cette nouvelle voie commerciale dans notre législation. Et encore, seul un article d’une loi de 2005 sur les PME définit quelques règles: “le commerce équitable organise des échanges de biens et de services entre des pays développés et des producteurs désavantagés situés dans des pays en développement. Ce commerce vise à l’établissement de relations durables ayant pour effet d’assurer le progrès économique et social de ces producteurs”.

Les éléments principaux sont là, mais rien ne régit vraiment le système. Le vide juridique reste vaste et laisse place aux abus.

En janvier 2006, la commission Afnor (Agence Française de Normalisation), a publié après trois années de travail le premier texte de référence sur le commerce équitable. Présenté comme un engagement il a été signé par 51 organisations de commerce équitable, entreprises, associations de solidarité internationale et de défense des consommateurs, d’entités publiques et d’entreprises privées. Sans valeurs légale puisqu’il n’engage que les signataires, l’accord énonce une base de trois principes fondamentaux:

-l’équilibre de la relation commerciale (prix minimum équitable pour le producteur, respect des droits sociaux et environnementaux,…),

-l’accompagnement des producteurs engagés dans le commerce équitable,

- l’information et la sensibilisation du public au commerce équitable

Autre moyen de s’assurer du bien fondé de l’appellation “commerce équitable”, les organisations nationales et internationales qui regroupent et surveillent des marques. Le mouvement n’est pas si récent, la première association promouvant ce type de commerce date des années 1960, avec ATO (Alternative Trade Organizations), qui s’occupait de l’importation et de la vente de produits artisanaux. En France, il faut attende 1973 pour que naisse Artisans du Monde, issue de la mouvance des compagnons d’Emmaüs de l’abbé Pierre. Aujourd’hui elle coordonne près de 160 associations. Il existe aussi la PFCE, Plate-Forme pour le Commerce Equitable en regroupe 35. En 1988, le label néerlandais Max Havelaar certifie l’origine des produits et élargit son impact en intégrant la vente de produits équitables aux circuits commerciaux réguliers, les grandes surfaces.

De nombreuses initiatives, associations, boutiques, se multiplient. Ce blog tentera d’en présenter certaines et d’offrir un regard clair sur cette nouvelle voie de consommation.

 

mars 2010
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