Archive for novembre 4th, 2007

Du one-man-show au stand-up!

GadOne-man show: seul sur scène

Stand-up: se tenir debout

A priori ces deux genres ne font qu’un. Rares sont les comiques qui ne sont pas seuls en scène et debout! Simple question pratique. En réalité, là où le one-man show traditionnel se compose de plusieurs sketches et de différents personnages, le stand-up se démarque par la consécration du “je”, celui de l’humoriste. Son originalité? Etablir un véritable contact avec le public à coups d’apostrophes et de vannes. Un cocktail détonnant!

Le stand-up, c’est l’art de la tchatche, de la répartie. L’art d’un homme seul derrière son micro, prêt à rebondir au moindre battement de cils du public.Et tout y passe : sa vie, sa famille, ses amours, ses déboires (surtout ses déboires !), la société… Le stand-upper semble, par-dessus tout, maîtriser l’art de l’improvisation. Mais ne nous y trompons pas, malgré une grande spontanéité, l’écriture est très méticuleuse, comme le souligne Sylvain Laroque, précurseur du genre au Québec. « Contrairement aux apparences, c’est une écriture très méthodique et très scientifique, qui repose sur des palissades, sur l’exagération et sur le décalé » affirme celui qui a enseigné ce dérivé du one-man show à l’Ecole nationale de l’humour à Montréal.

Mais d’où vient le stand-up ?

Jerry SeinfeldS’il constitue LA tendance actuelle en matière d’humour, c’est un vieux de la vieille. Lorsqu’il naît dans les années 40 aux Etats-Unis, il constitue un outil de revendication sociale et d’affirmation identitaire. Ce n’est que dans les années 60 qu’il décolle, à New York et Los Angeles.

Pourquoi « stand up » ? Parce qu’il apparaît dans de petits bars, des « comedy clubs » où les comiques se lèvent de leur siège pour monter sur scène. De grands noms tels que Lenny Bruce, Jerry Seinfeld (photo ci-contre), Eddie Murphy ou Richard Pryor viennent marquer ce genre caractérisé par un humour urbain.

Il atteint le Québec dans le milieu des années 90 puis débarque en France où l’un des pionniers n’est autre que Gad Elmaleh dans « Décalage » (1996). Spectacle à travers lequel il raconte son parcours, du Maroc au Canada et en France. D’autres têtes d’affiche s’illustreront également dans l’exercice du stand-up : Franck Dubosc, Anne Roumanoff, Arthur, Mustapha et j’en passe.

Le Jamel Comedy Club : la troupe phare du stand-up français

Mais aujourd’hui, on ne peut parler du stand-up sans citer le Jamel Comedy Club. Le principe est simple : une équipe de 11 artistes, un passage de 7 minutes chacun lors des représentations et Jamel en chauffeur de salle. Il a décollé entre les émeutes de novembre 2005 et la présidentielle de 2007. Soutenu par Canal+, le programme cartonne. Et pour cause, Thomas Ngijol, Fabrice Eboué, Patson, Amelle Chahbi et leurs camarades sont le symbole de la génération black-blanc-beur et les porte-drapeaux de l’humour caustique qui va avec. Le public en Jamel Comedy Clubredemande. Résultat, direction le Casino de Paris début 2007 !

Mais en dépit d’un succès fulgurant, l’équipe du Jamel Comedy Club ne devrait pas revenir sur les ondes de la chaîne cryptée pour une troisième saison faute d’audience, selon TPS Star.

 On compte sur eux, ils sauront bien se relever…

Frederic Chau du Jamel Comedy Club