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Docks en Seine en voie d’achèvement January 22, 2008

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Après deux ans de travaux pour réhabiliter les bâtiments qui abritaient les anciens Magasins généraux, le projet Docks en Seine devrait se terminer dans les prochaines semaines, pour accueillir courant 2008 12.000 m2 dédiés à la mode et au design.

Visualisation du projet Docks en Seine

“Oeuvre majeure” pour Paris, c’est en ces termes que le maire de la ville Bertrand Delanoë qualifiait le projet Docks en Seine, lors de sa visite d’inauguration du chantier début 2006. Vingt quatre mois plus tard, les dernières structures finissent d’être posées Quai d’Austerlitz (13e arr.), pour ouvrir au printemps l’unique bâtiment parisien ouvert au public qui jouxte le fleuve.

Mené par les architectes Dominique Jackob et Brendan MacFarlane, lauréats du concours lançé par la ville de Paris en 2005, le projet, financé à hauteur de 40 millions d’euros par la Caisse des Dépôts et des Consignations, doit accueillir trois types d’activité, culturelles, commerciales et de loisir, avec comme dénominateurs communs la mode et le design. L’institut Francais de la Mode (IFM) a d’ores et déjà 2 200 m2 pour ses activités.

Construction en cours de la partie supérieure du bâtiment

Imaginé comme un lieu ouvert jour et nuit, le cahier des charges comportait l’obligation de prolonger les promenades développées dans Paris en vu d’une “reconquête des berges de la Seine”, idée chère à Bertrand Delanoë inscrite dans son programme municipal.

En plus d’une terrasse végétalisée qui devrait offrir un panorama sur une des parties les plus désolées des berges, le “plug over”, une peau en verre sérigraphiée qui enveloppera la structure en béton, devrait embellir et donner un peu de vie à la rive gauche.

Inaugurés au même moment que la navette fluviale Voguéo, les Docks d’Austerlitz seront une des étapes des bateaux reliant Paris à Maison-Alfort.

Photo copyright : Nicolas Borel

Matthieu DARNON

La Seine au programme January 19, 2008

Posted by matthieu in : politique, Uncategorized , 2comments

A deux mois des élections municipales, les candidats en lice pour le fauteuil de maire de Paris affinent leurs programmes. S’ils n’oublient pas l’artère fluviale de la ville, leurs propositions ne sont pas toujours à la hauteur des rives de la Seine, seul site classé au patrimoine mondiale de l’Unesco dans Paris.

Bertrand DelanoëSouvent opposés sur leurs propositions économiques et sociales, Bertrand Delanoë (PS), Françoise de Panafieu (UMP), Marielle de Sarnez (Modem) et Denis Baupin (Verts) semblent se réunir sur un point, la mise en valeur des rives de la Seine.

Une mise en valeur qui reste pour le moment à l’état de voeu pieu, tant les propositons en la matière sont floues. Pour Bertrand Delanoë, maire sortant de la capitale, son éventuel nouveau mandat devrait s’appuyer sur une “reconquête progressive des voies sur berges“, conditionnée à un renforcement de l’offre de transport alternative et à une baisse adaptée du niveau global de la circulation dans Paris… On pense évidemment à la ligne expérimentale Voguéo entre Paris et Maisons-Alfort, que le maire de Paris voudrait voir compléter par ”un véritable métro fluvial sur la Seine”. Bien sûr, Paris Plage reste pour lui une expérience positive qui doit appeler d’”autres activités diverses” !

Selon une enquête réalisée auprès des Parisiens évoquée sur le site du maire, ses administrés souhaiteraient que les berges de la Seine soient exclusivement réservées à la promenade. Cette volonté n’est cependant pas encore inscrite dans son programme.

Françoise de PanafieuLa coulée bleue contre la coulée verte

Parmi les trois grands projets d’urbanisme proposés par Françoise de Panafieu pour un Paris Gagnant en 2008, le maire du 17e arrondissement souhaite une “valorisation des bords de Seine” passant par  un “traitement des voies sur berge”… ? Mais attend comme les autres les contributions des internautes pour compléter son offre… De plus, sur le site de la candidate où l’on apprend qu’”une barge à plein tonnage représente l’équivalent de 220 camions ou plus de 100 wagons de chemin de fer“, l’UMPiste espère développer, comme Bertrand Delanoë, les transports peu poluants de marchandises et de personnes sur le fleuve, et compte introduire à l’inverse une interdiction des véhicules les plus poluants. A terme, “Panaf” souhaiterait ”un grand projet d’ensemble rétablissant enfin une vraie continuité architecturale, urbaine et marchande, pour que la Seine devienne comme une seule et belle avenue”Marielle de Sarnez

Du côté du Modem et de la conseillère de Paris Marielle de Sarnez, candidate pour le trône parisien, on compte sur l’apport de réunions participatives et sur des échanges via le blog de la candidate pour développer et construire ce qui ne sont pour le moment que des premières idées du parti. Parmi les plus originales, on peut toutefois souligner l’ambition de faire de la Seine un relais logisitique pour des plate formes multimodales (transport fluvial, fret, route). Il s’agirait de repenser les transports de marchandises en vu d’une mutualisation des livraisons par quartier.

Denis BaupinAutre projet du Modem similaire cette fois à ses adversaires, aménager une promenade continue le long des berges de la Seine pour une autre forme de valorisation du fleuve. A défaut de la “belle avenue” de Françoise de Panafieu, Sarnez a imaginé une «coulée bleue» au coeur de la capitale. Affrontement idéologique majeur, le conseiller de Paris Denis Baupin, Vert jusqu’au bout des idées, oppose à la coulée bleue une “coulée verte” pour remplacer les voies express. Il s’agit de la seule proposition concernant la Seine pour l’écologiste qui, dans les 50 propositions du programme des Verts pour Paris, n’aborde pas les possiblités peu polluantes du transport fluvial.

Matthieu DARNON

L’escale parisienne de La Boudeuse January 8, 2008

Posted by matthieu in : vie du fleuve, expo , 1 comment so far

Après trois ans passés sur les mers du globe, La Boudeuse est amarrée jusqu’en août prochain sur le quai de Bercy, face à la Bibliothèque François-Mitterrand. Avant son départ pour un nouveau tour du monde en direction du Cap Horn, chacun peut aller la visiter en s’inscrivant sur Internet.

La Boudeuse à quai

“Allez, on descend l’échelle et sur le pont !” lance Serge en accueillant les visiteurs sous une fine pluie matinale.  Avec sa barbe broussailleuse aux reflets blanc qui lui donne des faux airs de vieux loup de mer, ce membre d’équipage fait partager son expérience et ses anecdotes  survenues à bord de la Boudeuse depuis quatre ans qu’il participe à l’aventure de ce vieux gréement. Trois-mâts centenaire construit il y a près d’un siècle en Hollande, devenu navire-école suédois à la fin de la Seconde guerre mondiale, La Boudeuse fut transformée en navire d’exploration après un an de rénovation suite à son rachat en 2003 par le capitaine Patrice Franceschi, président de la Société des explorateurs français.L’avant du bateau

Depuis sous pavillon français, comme la précédente Boudeuse du capitaine Franceschi, une jonque chinoise engloutie au large de Malte en mars 2001, et dont il ne reste que la cloche fixée sur le pont central de sa successeuse, le bateau est l’un des deux trois-mâts français avec Le Belem. Mais si ce dernier n’est plus qu’un navire-école ne s’éloignant que rarement des côtes, celui posté actuellement sur les bords de Seine accomplit encore de grands voyages autour du monde dignes des romans de Jules Verne. En juillet 2004, La Boudeuse a quitté Bastia, son port d’attache, et entamé un périple de trois ans à la rencontre des “peuples de l’eau” oubliés sur des îles lointaines, des côtes délaissées, tout spécialement en Océanie et dans le Pacifique. En passant près des couleurs hissées à l’arrière de La Boudeuse, Serge se souvient de leur passage au large des côtes africaines sur l’Ile de Saint Hélène où, clin d’oeil de l’Histoire, ils étaient arrivés battant pavillon Corse…

Visitable jusqu’en août prochain, par petits groupes de quinze personnes pour des visites commentées d’une heure, on peut regretter de ne pouvoir descendre dans le coeur du navire où vivent les membres d’équipages, jusqu’à 24 personnes en mer. En revanche, on peut se familiariser avec l’univers et le vocabulaire martime grâce à Serge et aux autres guides se relayant (4 à 5 personnes) pendant ces quelques mois à quai dans la capitale. Ecoutant Serge narrer avec amphase le hissage des 1 000 m2 de voiles, l’emploi des 4 500 m de “bouts” ou des prises de 1/4 entrecoupées de pots qui, à l’entendre, occupent une partie importante des périples marins, il est aisé de s’imaginer à quoi ressemble la vie à bord pour l’équipage, composés de professionnels comme d’amateurs, et quelques fois mêmes d’écrivains (JMG Le Clézio et Patrick Poivre d’Arvor ont déjà tenté l’expérience). Toutes les manÅ“uvres s’y effectuent à la main, comme autrefois : six hommes sont par exemple nécessaires pour hisser une grande voile et il faut une semaine pour démâter ou remâter.

La Boudeuse sur SeineLa visite se termine par un petit tour obligé dans la salle commune où les produits dérivés du navire sont vendus aux visiteurs pour faire connaître les projets et ce qui a déjà été accompli, mais aussi afin de collecter une partie de l’argent nécessaire à la vie de La Boudeuse en mer, environ 2 000 euros par jour. Il n’est pas toujours facile de joindre les deux bouts pour le Capitaine Franceschi qui a toujours refusé de recourir aux sponsors qui le sollicitent régulièrement. Seules quelques sociétés sont parfois partenaires du bateau, comme le distributeur Carrefour qui lui assure un grande partie de ses réserves de nourritures pendant les voyages. Au moment de retourner sur la terre ferme, un léger pincement au coeur nous saisi, avec le regret de n’avoir vu La Boudeuse larguer les amarres avec nous. L’équipe et le capitaine cherchent régulièrement de nouveaux moussaillons pour se joindre à leurs expéditions, “certains ne tiennent pas deux semaines” rigole Serge. Il devrait participer au prochain voyage, à partir de septembre, qui fera la part belle à l’Amérique du Sud, avec pour point d’orgue une profonde remontée du fleuve Amazone.

Matthieu DARNON