L’escale parisienne de La Boudeuse January 8, 2008
Posted by matthieu in : vie du fleuve, expo , 1 comment so farAprès trois ans passés sur les mers du globe, La Boudeuse est amarrée jusqu’en août prochain sur le quai de Bercy, face à la Bibliothèque François-Mitterrand. Avant son départ pour un nouveau tour du monde en direction du Cap Horn, chacun peut aller la visiter en s’inscrivant sur Internet.
“Allez, on descend l’échelle et sur le pont !” lance Serge en accueillant les visiteurs sous une fine pluie matinale. Avec sa barbe broussailleuse aux reflets blanc qui lui donne des faux airs de vieux loup de mer, ce membre d’équipage fait partager son expérience et ses anecdotes survenues à bord de la Boudeuse depuis quatre ans qu’il participe à l’aventure de ce vieux gréement. Trois-mâts centenaire construit il y a près d’un siècle en Hollande, devenu navire-école suédois à la fin de la Seconde guerre mondiale, La Boudeuse fut transformée en navire d’exploration après un an de rénovation suite à son rachat en 2003 par le capitaine Patrice Franceschi, président de la Société des explorateurs français.
Depuis sous pavillon français, comme la précédente Boudeuse du capitaine Franceschi, une jonque chinoise engloutie au large de Malte en mars 2001, et dont il ne reste que la cloche fixée sur le pont central de sa successeuse, le bateau est l’un des deux trois-mâts français avec Le Belem. Mais si ce dernier n’est plus qu’un navire-école ne s’éloignant que rarement des côtes, celui posté actuellement sur les bords de Seine accomplit encore de grands voyages autour du monde dignes des romans de Jules Verne. En juillet 2004, La Boudeuse a quitté Bastia, son port d’attache, et entamé un périple de trois ans à la rencontre des “peuples de l’eau” oubliés sur des îles lointaines, des côtes délaissées, tout spécialement en Océanie et dans le Pacifique. En passant près des couleurs hissées à l’arrière de La Boudeuse, Serge se souvient de leur passage au large des côtes africaines sur l’Ile de Saint Hélène où, clin d’oeil de l’Histoire, ils étaient arrivés battant pavillon Corse…
Visitable jusqu’en août prochain, par petits groupes de quinze personnes pour des visites commentées d’une heure, on peut regretter de ne pouvoir descendre dans le coeur du navire où vivent les membres d’équipages, jusqu’à 24 personnes en mer. En revanche, on peut se familiariser avec l’univers et le vocabulaire martime grâce à Serge et aux autres guides se relayant (4 à 5 personnes) pendant ces quelques mois à quai dans la capitale. Ecoutant Serge narrer avec amphase le hissage des 1 000 m2 de voiles, l’emploi des 4 500 m de “bouts” ou des prises de 1/4 entrecoupées de pots qui, à l’entendre, occupent une partie importante des périples marins, il est aisé de s’imaginer à quoi ressemble la vie à bord pour l’équipage, composés de professionnels comme d’amateurs, et quelques fois mêmes d’écrivains (JMG Le Clézio et Patrick Poivre d’Arvor ont déjà tenté l’expérience). Toutes les manœuvres s’y effectuent à la main, comme autrefois : six hommes sont par exemple nécessaires pour hisser une grande voile et il faut une semaine pour démâter ou remâter.
La visite se termine par un petit tour obligé dans la salle commune où les produits dérivés du navire sont vendus aux visiteurs pour faire connaître les projets et ce qui a déjà été accompli, mais aussi afin de collecter une partie de l’argent nécessaire à la vie de La Boudeuse en mer, environ 2 000 euros par jour. Il n’est pas toujours facile de joindre les deux bouts pour le Capitaine Franceschi qui a toujours refusé de recourir aux sponsors qui le sollicitent régulièrement. Seules quelques sociétés sont parfois partenaires du bateau, comme le distributeur Carrefour qui lui assure un grande partie de ses réserves de nourritures pendant les voyages. Au moment de retourner sur la terre ferme, un léger pincement au coeur nous saisi, avec le regret de n’avoir vu La Boudeuse larguer les amarres avec nous. L’équipe et le capitaine cherchent régulièrement de nouveaux moussaillons pour se joindre à leurs expéditions, “certains ne tiennent pas deux semaines” rigole Serge. Il devrait participer au prochain voyage, à partir de septembre, qui fera la part belle à l’Amérique du Sud, avec pour point d’orgue une profonde remontée du fleuve Amazone.
Matthieu DARNON
Voguéo ou le nouveau Paris vert December 8, 2007
Posted by matthieu in : transport, vie du fleuve, Uncategorized , 32commentsDéfendu par le groupe des Verts à la mairie de Paris, Voguéo sera le nom du nouveau service de transport sur la Seine dont la mise en place est prévue pour le 1er juin 2008 entre la Gare d’Austerlitz à Paris et l’Ecole vétérinaire de Maison Alfort dans le Val de Marne.
Présents sur les quais d‘embarquement ainsi que sur tous les lieux correspondants (métro, RER, trains et bus), le nom et le logo qui identifieront le nouveau service de transport fluvial en Ile-de-France ont été dévoilés par le Syndicat des transports de la région (STIF) à la fin du mois de novembre.
Le projet, mis en place à partir de juin 2008, doit permettre de faire la liaison entre Paris Est et Maisons-Alfort avec les dessertes suivantes : Gare d’Austerlitz - Bibiliothèque François Mitterrand / Tolbiac (à l’aller) - Bercy (au retour) - Ivry Port - Maisons Alfort Ecole Vétérinaire.
Pour Catherine Candelier, conseillère régionale Verte et vice-présidente du Port Autonome de Paris chargé de la
rénovation des stations portuaires de l’Est parisien, à Tolbiac et Ivry-sur-Seine, “cette décision reconnaît le potentiel économique et écologique du transport fluvial de personnes”. “Elle doit crédibiliser l’option fluviale, plus régulière et ponctuelle que la route, mais aussi moins énergivore et moins polluante“, souligne-t-elle.
“Cette décision reconnaît le potentiel économique et écologique du transport fluvial”
Accessible avec un billet à l’unité vendu un euro, toutes les cartes d’abonnement francilien ou le nouveau ticket T+ qui permet de prendre en correspondance plusieurs bus ou trams pendant 1H30 en Ile-de-France, cette navette doit relier Austerlitz à Ivry en 30 minutes et Maisons-Alfort à Austerlitz en 42 minutes. Le STIF a par ailleurs prévu que les fréquences de passage devraient être de 20 minutes en semaine en heure de pointe et de 30 minutes en heure creuse et durant les week-ends. “Ce système doit être bon marché et facile d’utilisation si l’on veut avoir des résultats probants en termes de fréquentation” estime Denis Baupin, adjoint Vert au maire de Paris chargé des transports.
Le confort de ces navettes Voguéo ne sera pas négligé puisque les bateaux seront couverts et équipés de chauffage, tandis que les escales seront équipées d’abribus. Ce projet devrait bénéficier d’un budget d’environ cinq millions d’euros par an avant d’éventuellement prolonger la ligne jusqu’à Suresnes (Hauts-de-Seine), et aussi sur la branche sud de la Seine, jusqu’à Vitry (Val-de-Marne).
crédit : carte MétroPole sur fond RATP. MétroPole.
Matthieu DARNON
Paris Plage bientôt les pieds dans l’eau ? November 13, 2007
Posted by matthieu in : vie du fleuve, Uncategorized , 6commentsD’après l’Agence de l’eau Seine Normandie (AESN), l’eau de la Seine en 2007 n’a jamais été aussi propre depuis 20 ans.
Trente ans après la promesse faite par Jacques Chirac, alors Maire de Paris, de se baigner dans la Seine, nous n’avons peut être jamais été aussi près de voir les élucubrations de l’ancien président de la République devenir réalité. Si, à l’heure actuelle, les conditions pour permettre une baignade sans risque n’ont pas été remplies, “la qualité de l’eau de la Seine s’est toutefois très nettement améliorée ces vingt dernières années” a souligné Jean-Pierre Tabuchi, de l’AESN, dans Matin Plus.
“Nous avons même vu passer des saumons”
Preuve de l’amélioration notable de la qualité de l’eau du fleuve parisien, le nombre d’espèces de poissons recensées dans l’agglomération parisienne serait passé de 14 à 29 entre 1990 et 2007. “Nous avons même vu passer des saumons” s’est réjoui monsieur Tabuchi.
Si l’on doit ces nets progrès à la modernisation des stations d’épuration en amont du fleuve, et aux investissements industriels qui ont permis de diminuer les émissions polluantes, la perte d’impact des déchets des entreprises délocalisées participent aussi de ce bon bilan.
Néanmoins, des efforts restent encore à accomplir, surtout dans le raccordement des industries aux réseaux d’assainissement, pour que l’on puisse bientôt plonger à nouveau depuis les ponts de la Seine.
Matthieu DARNON


