Quai Branly, premiers pas sur Seine

29 10 2007

Photoquai, première biennale de la photographie organisée par le musée des Arts premiers, propose de découvrir plus de 70 photographes non-occidentaux.

Les visiteurs se laissent surprendre par les photosMarre des musées austères et surchauffés ? Sur les promenades du Quai Branly, le long de la Seine, de grandes photos côtoient les caricaturistes et les musiciens ambulants. Les passants à peine étonnés s’y pressent sur un air d’accordéon. Depuis le 30 septembre et jusqu’au 25 novembre, plus d’une dizaine d’institutions culturelles parisiennes ont répondu à l’appel du Musée des Arts premiers, en accueillant les œuvres de la biennale Photoquai. Une partie de la manifestation se déroule également le long des quais de la Seine, de l’Institut du Monde Arabe au palais Chaillot.

Mettre fin au folklorisme. Le principe ? Mettre en avant les travaux de « photographes non occidentaux vivant dans leurs pays », explique Jean Loup Pivin, le directeur artistique du festival. Autrement dit, trancher avec les images habituelles pour donner une autre vision de la réalité. Parfois plus juste, sans recherche de l’exotisme : « Ces images du voyageur occidental ont peu de place dans Photoquai », insiste-t-il. Autre priorité, faire la part belle à la nouveauté. « Il s’agit d’une biennale de découverte et non de consécration », précise Christine Barthe, la responsable des collections photographiques au Quai Branly. En effet, à l’exception de l’exposition au Louvre, sur Walker Evans, le pionnier de la photographie documentaire américaine, peu de noms connus.

De larges structures blanches accueillent les photos.

Des visiteurs en vélo. Nouveauté dans le fond, mais aussi dans la forme. « Le choix d’installer Photoquai principalement sur les promenades du quai Branly est un véritable désir de rencontre avec le public », affirme Jean Loup Pivin. Autour d’une architecture blanche déstructurée, les photographies ont investi les bords de la Seine. Paysages Inuits et saynètes colorées proches de la bande dessinée au milieu de la rue, l’idée semble séduire le public. Les appareils photos sont de sortie. Certains visitent même les lieux en vélo… Plus formelles, des expositions sont organisées dans plusieurs institutions. Le quotidien des indiens du Haut Xingu, immortalisé par Sebastiao Salgado à l’Ambassade du Brésil, installation plastique contre les pratiques de la mafia par Rogiero Reis à la Maison Européenne de la Photographie, etc.

Des commissaires étrangers. Petite précision qui donne tout son intérêt à la biennale : L’ensemble des photographies exposées ont été choisies par des tandem de commissaires. Dix références de la photo parisienne dont François Caujolle, le directeur de l’agence VU ou Pascal Martin Saint Léon, co-fondateur de Revue Noire, célèbre publication qui a participé à la promotion de l’art africain. Mais aussi dix étrangers, donnant de la consistance au thème de Photoquai : « Le monde regarde le monde ».

Renseignements et programmes au 01.56.61.70.00 et sur www.photoquai.fr

Alexis JACQUET