Alain Genestar : « Polka, une tribune pour le photojournalisme »
24 11 2007
Le 15 novembre, Alain Genestar, ancien patron de Paris Match, a lancé Polka, un magazine dédié au photojournalisme. Particularité de l’initiative, les photographies publiées dans le magazine sont aussi déclinées sur un site internet et à la galerie Espace W (44 rue Lepic, dans le 18e arrondissement de Paris). Alain Genestar explique sa démarche.
Comment est né le projet Polka Magazine ?
Alain Genestar : A l’origine, je partage une passion pour le photojournalisme avec certains de mes proches. Nous nous sommes dit : “Il y a quelque chose à faire”. Nous ne voulions pas nous contenter d’une galerie. D’où l’idée de créer Polka Magazine. Une tribune pour ceux qui photographient le monde afin d’en rendre l’image la plus juste possible. Chaque numéro de Polka Magazine publiera des photographes reconnus. Car les jeunes ont besoin d’eux pour se faire connaître. A l’inverse, les plus anciens apprennent beaucoup de l’écriture parfois moins maitrisée mais tout aussi intéressante des novices.
Pourquoi avoir décidé de diffuser Polka sur trois supports : dans un magazine, un site Internet et une galerie ?
A.G : L’objectif affiché du site Internet est de toucher le plus grand nombre. Mais cela reste virtuel. Nous voulions que le projet existe concrètement avec la galerie et le magazine. Chaque média est le miroir de l’autre et fait sa promotion, en quelque sorte.
Est ce que ce n’est pas un projet risqué ?
A.G : Il existe une crise du photojournalisme. Mais les magazines n’adoptent pas la bonne riposte en pensant que l’image doit quitter le papier. C’est un média essentiel, en particulier avec la montée de l’image mobile et d’Internet. Plus il y a d’images, plus nous avons besoin de l’image fixe.
Quel est l’objectif sur le long terme ?
A.G : Tout d’abord, être rentable (rires). Il faut se lancer dans des aventures dont on peut vivre. La prochaine étape sera de produire nos propres sujets en aidant les photojournalistes à réaliser leur projets. Techniquement parlant, j’espère passer un jour au format mensuel (actuellement trimestriel, ndlr) qui permet de créer un vrai rendez-vous avec le lecteur.
Le fait d’exposer des photojournalistes dans une galerie ne risque-t-il pas de transformer leur travail en objet d’art ?
A.G : La question se pose, effectivement. La priorité du journalisme est de traiter le monde et l’actualité. Celle d’une galerie, de vendre. Mais ce n’est pas contradictoire. La plupart des photojournalistes produisent des travaux capables de répondre aux deux attentes. Le meilleur exemple reste Cartier-Bresson, qui est l’un des pères de la profession mais se vend très bien. Et ses photographies ne perdent rien de leur qualité informative dans la vente. D’une manière générale, le photojournalisme n’est pas sordide. Les images peuvent intéresser les collectionneurs autant que les lecteurs. C’est une des solutions à la crise actuelle.
Vous avez choisi d’exposer les travaux de Gérard Rancinan, photographe reconnu, mais dont la spécialité reste le studio. Quel rapport avec le photojournalisme ?
A.G : Le but était clairement de provoquer (rires). Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces photos en studio sont très proche de l’actualité. Tous les tableaux représentent des faits-divers pour lesquels il n’existe pas de photographies, mais qui ont largement inspiré la litterature et le cinéma. Je pense que le fait-divers fait partie intégrante de l’actualité et ces photos les représentant sont donc d’actualité.
Polka - Paris Match, quelles ressemblances, quelles différences ?
A.G : Il n’y a pas de comparaison possible entre un journal qui vend plusieurs centaines de milliers d’exemplaires et notre publication qui n’est même pas en kiosque. Le photojournalisme est notre point commun. La périodicité de Polka oblige à s’éloigner de l’actualité. Mais ce n’est pas négatif. Nous traitons des sujets qui en disent long sur notre société, à défaut de traiter l’actualité en elle-même. D’où les sujets sur la Chine, et sur les adolescents, présents dans l’exposition actuelle. L’actualité n’est pas notre premier critère, mais elle nous rattrapera forcément.
Paris Match est cité dans l’éditorial de Polka. Est-ce que ce n’est pas une revanche, après votre départ forcé de cette rédaction que vous avez dirigé 7 ans ?
A.G : Rien à voir avec une revanche. Autant aborder la question franchement dès l’édito pour montrer que ce n’est pas un tabou. Mon départ a été difficile mais j’ai encore beaucoup d’amis là-bas. Même Olivier Royant, qui m’a remplacé, a longtemps été mon adjoint. Paris Match m’a permis d’acquérir une culture et une passion du photojournalisme. Puisque le métier est en période de crise, j’essaie moi aussi de me servir de cette expérience pour me rendre utile. Gagner sa vie en servant à quelque chose, il n’y a rien de mieux.
D’où vient le nom Polka ?
A.G : Nous cherchions à donner un nom international. Et je ne voulais pas d’un nom trop banal contenant photographie. Pour être franc, Polka est le nom de la chienne de ma fille (rires). Mais ça sonne bien non ?
Propos recueillis par Alexis JACQUET
Plus d’informations et d’images sur le site de la galerie Espace W et sur le site de Polka.






Comment va être distribué le trimestriel dans les kiosques ?
Sauf erreur, pour le moment il n’est pas diffusé dans les kiosques. Uniquement sur le site Internet, et à l’exposition. Il coute 5 euros, d’après ce que j’ai pu voir à l’Espace W. Je suppose qu’il sera diffusé en kiosque si il change de périodicité.
Bonjour , Je suis en ce moment au Cégep edouard montpetit et j’étudie en art et lettres profil cinéma ,Je fais une recherche qui traite du photojournalisme .J’aimerais élaboré sur la différence entre l’information et le divertissement que beaucoup de personne ont de misère a différencier ,( je pense aussi aux paparazzis ) .Cette confusion pour les journalistes est une certaine menace à la qualité de l’information. .J’aimerais pouvoir être en contact avec un photojournaliste pour faire une interview et mais tout d’abord pour me renseigner . Au plaisir !
anne-marie