Alain Dister habille les Fnac parisiennes de cuir

25 02 2008

Jusqu’au 1er mars 2008, la Fnac monte le volume et s’habille de cuir. Deux expositions sont consacrées à Alain Dister, journaliste et monument de la “rock critic”, pour découvrir son travail photographique dans l’intimité du rock. Un voyage dans le temps et dans les atmosphères électriques de 40 ans de rock and roll.

C’est dans leur intimité qu’Alain Dister photographie les icônes du rockL’âge d’or du rock, à Montparnasse (1966-1979). Au plus proche des icônes du rock américain, le photographe immortalise les différentes évolutions du mouvement. Dès 1966, il fait ses premiers clichés à Haight Ashbury, le quartier hippie de San Fransisco. C’est l’âge d’or du rock and roll, porté par les guitar heros. Le photographe s’efface devant le fan. Mick Jones, le guitariste des Clash, blouson de cuir et chemise col pelle à tarte. Hendrix faisant ses emplettes aux puces de Saint-Ouen, ou Franck Zappa au petit-déjeuner. L’univers du rock figé à coups de flash.

Les stars devenues inaccessibles, Dister s’intéresse aux foules Rock Attitudes aux Halles (1980-2007). Le “no future” s’est réalisé, en tout cas pour le rock. Les premiers idéaux ont disparu au profit de mouvements disparates gouvernés par des icônes charismatiques, inaccessibles. A chacun ses codes, chacun son style, chacun son tempo. Les punks, plus radicaux que jamais côtoient les amateurs de folk et les adolescentes groupies. Les temps ont changé. Le spectacle auquel s’intéresse de plus en plus Alain Dister est dans la salle. La culture rock remplie l’objectif, la musique passe au second plan.

“L’âge d’or du rock”, à la Fnac Montparnasse et “Rock attitude”, à la Fnac du Forum des Halles, jusqu’au 1er mars, du lundi au samedi, de 10h à 19h30.

Alexis JACQUET



John Schults, veilleur de l’actualité

18 02 2008

Photographe pour Reuters depuis 21 ans, John Schults est responsable du desk photo de l’agence britannique à Paris. Un travail qui l’accapare mais le passionne.

John Schults est un américain débordé. Le responsable du desk photo de Reuters France travaille plus de 10 heures par jours, depuis 21 ans. « C’est le plus excitant des postes que l’on peut occuper. Mais parfois, nous faisons 35 heures en une journée de travail », sourit-il avant de répondre au troisième coup de téléphone en dix minutes.

Un sobre pantalon noir. Une chemise bleu foncé, usée, dont il a relevé les manches jusqu’aux coudes. Un sac banane à la ceinture. Le photographe est un homme pragmatique, toujours prêt à partir en reportage. « Je passe plus de temps devant un écran ou à faire de la gestion que sur le terrain. Mais je reste photojournaliste avant tout. »

John Schults, l’éditeur photo de Reuters France.Son travail, « être au courant de tout ce qui se passe en France, et savoir comment réagir face aux évènements ». Son univers, au troisième étage du siège parisien de Reuters, Boulevard Haussmann à Paris, est tout entier tourné vers l’actualité. Le dos voûté devant son écran, il ne cesse de jeter des coups d’œil aux cinq écrans de télévisions qui diffusent les chaînes d’information en continu. La radio est branchée sur France Info 24h sur 24h, couvrant le bruit des téléviseurs.

Né près de New-York, dans le New Jersey (Etats-Unis), il ne rêvait pas de devenir photojournaliste. « J’ai fait des études de langues et de sciences. Je voulais même devenir professeur », se rappelle-t-il. Passionné de photographie, il arrive en France dans les années 80 et travaille comme pigiste pour les pages Week-end des quotidiens tels Libération, Le Monde ou le Herald Tribune. En 1986, il réalise ses premiers portraits pour Reuters, mais c’est l’actualité qui l’intéresse. « Le travail d’agence est grisant. Chaque jour diffère du précédent. On couvre tout, du sport à la politique, en passant par la culture ».

Devenu éditeur photo, il doit gérer le planning des cinq photographes parisiens, et des six pigistes présents dans les grandes villes françaises. Réagir à l’actualité chaude, mais aussi s’occuper de la logistique pour les projets prévus longtemps en avance. Dix mois de travail pour préparer le Tour de France. « Le cœur du travail est la réception des photographies. Je les mets dans un logiciel nommé MED (Media Editing Tool). Je les sélectionne, les traite si besoin, renseigne les informations attachées (auteur, contexte, légende) et les envoie sur le fil Reuters ». Aujourd’hui, des photographies prises lors de la visite de Nicolas Sarkozy à Doha, du procès de l’Arche de Zoé, ou de François Fillon en Corse après un attentat nationaliste. « Nous traitons uniquement l’actualité nationale ayant un intérêt international. »

Entre deux explications, le téléphone ne cesse de sonner. « Il est impossible de réunir toute l’équipe dans une même pièce. » Alors 90% des conversations se font par téléphone.

« Pour sélectionner les images, il faut surtout réfléchir à la façon dont les journaux vont les utiliser. En terme d’efficacité, de format, ou d’angle. C’est un travail de journaliste : recevoir l’information, la vérifier, la traiter, et la diffuser. » Le plus important étant la neutralité. « Nous avons 3500 clients à travers le monde. Nous devons donc fournir une image utilisable à Paris, Tokyo, ou dans l’Ohio. Pour cela, nous devons rester des témoins, et laisser le client prendre une position éditoriale ».

La question de l’objectivité, il l’a personnellement mise à l’épreuve. En 2003, il a passé cinq semaines « embedded » sur les bateaux de la Navy, au début de la guerre en Irak. « Les choses ont évolué depuis le Vietnam, où l’on avait carte blanche. Les militaires ont appris a contrôlé l’information. » Spécialement désigné par le Pentagone pour embarquer sur l’USS Abraham Lincoln, un porte-avions nucléaire, il rejette toute accusation de parti pris. « Vous ne bénéficiez pas d’une liberté totale, mais vous avez une certaine marge de manoeuvre. Et puis sans cela, pas de photos. »

Comme s’il n’était pas assez investi dans son métier, John Schults donne aussi des cours dans une école de photographie parisienne. « Pour leur déconseiller de faire ce travail vraiment trop encombrant », plaisante-t-il.

Alexis JACQUET



Le World Press Photo 2007 pour une photographie en Afghanistan

11 02 2008

La photo de Tim Hetherington (AP Photo/Tim Hetherington for Vanity Fair)La photographie couleur est sombre. Prise dans un bunker en Afghanistan. Un GI allongé sur le dos se tient le front. Sa bouche est ouverte. Le regard est vide. Il semble épuisé. A bout.

Pris par le photographe britannique Tim Hetherington, le cliché vient de remporter l’édition 2007 du World Press Photo Award, la plus prestigieuse des récompenses en photojournalisme. Le talentueux photographe de Vanity Fair recevra une prime de 10 000 euros pour saluer son travail.

“Cette image montre l’épuisement d’un homme, d’une nation. Cela nous parle tous. C’est la photo d’un homme au bout du rouleau”, a déclaré Gary Knight, le président du jury qui l’a élue parmi les 80 536 clichés (issus de 125 pays différents) en compétition.

Olivier Culmann et William Daniels sont les deux seuls photographes français à avoir été primés cette année, dans les autres catégories.

Une sélection des meilleurs clichés du concours est exposée sur le site du World Press Photo.

Alexis JACQUET



La fin du “choc des photos” pour Paris Match

7 02 2008

Adieu “Le poids des mots, le choc des photos”. L’hebdomadaire Paris Match a officiellement annoncé fin janvier qu’il abandonnait son slogan culte, signé Jean Cau, plume historique de l’hebdomadaire et ancien secrétaire de Jean-Paul Sartre. La marque de fabrique du “picture magazine” depuis plus de trente ans disparaît au profit de “Paris Match : la vie est une histoire vraie”.

Match abandonne sa célèbre formule “Le poids des mots, le choc des photos”Création de Christophe Lambert, de l’agence publicitaire FFL, qu’il a expliqué par la nécessité de “redéfinir la raison d’être” de l’hebdomadaire. L’occasion aussi de lancer la première campagne de publicité depuis vingt ans. Durant quatre semaines, des spots seront diffusés sur TF1, Canal+ et M6, et une campagne affichée dans les abribus.

“A un moment où l’information est déshumanisée, nous voulons voir à Paris Match une histoire humaine derrière les faits”, a affirmé Olivier Royan, directeur de la rédaction, afin de justifier ce changement d’identité. La formule historique « reste gravé en nous et sur le fronton du journal”, a-t-il ajouté.

Alexis JACQUET



AFP, profession photographe (mardi 02, à 21h45)

5 02 2008

Mardi 02 février 2008, à 21h45, la chaîne France 5 diffuse la seconde partie du documentaire “AFP, profession photographe” de Daniel Lainé, Myriam Aklil et Céline Hue (2007). Cette fois, le reportage s’intéresse aux photographes de l’agence travaillant à l’international. Plus d’informations sur le film.



Magnum : hommage à Cannes à la Pinacothèque

3 02 2008

“I will do it, but… only ONE JUMP”, a lancé Al Gore au photographe Alex Majoli, de l’agence Magnum. La formule a donné son titre à l’exposition organisée jusqu’au 10 février 2008, à l’occasion des 60 ans du festival de Cannes. Durant les éditions 2005 et 2006, près de 120 artistes se sont prêtés au jeu de faire un bond devant l’objectif. 55 clichés ont été sélectionnés et sont présentés en avant-première mondiale à la Pinacothèque de Paris. Le résultat est pour le moins original.Al Gore vu par le photographe de Magnum Alex MajoliCécile de France se prête au jeu du “jump” de Philip Halsman

Pedro Almodovar, Monica Bellucci, Al Gore, Fanny Ardant, Wim Wenders, Marianne Faithfull, ou Juliette Binoche. Tous ont accepté de rendre un hommage à “Jumpology”, l’oeuvre culte et inattendue du photographe Philip Halsman, éditée dans les années 60. Pour lui, « Lorsque quelqu’un jump devant vous, son attention est essentiellement concentrée sur son saut. C’est alors que le masque tombe », expliquait-il.

 

Un exercice périlleux pour Alex Majoli, grand reporter de l’agence Magnum, plus habitué aux théâtres de guerre qu’aux tapis rouges.

Jusqu’au 10 février 2008, tous les jours de 10h30 à 18h, Pinacothèque de Paris (28 place de la Madeleine, Paris 8e. M° Madeleine). Tarifs : 3 ou 4 euros.

Alexis JACQUET