James Nachtwey se fait tirer le portrait

26 03 2008

James Nachtwey, un “mage au carnage”.Un mage au carnage. C’est le titre du portrait que le quotidien Libération consacre au photojournaliste James Nachtwey, mercredi 26 mars. Photographe de guerre star, “qui va au front en chemise blanche, tel un apôtre”. “Rien à voir avec l’élégance. Au contraire, le blanc aveugle”, répond Nachtwey. Photographe star quand même, au point de devenir lui-même sujet de reportage, lors de la chute du World Trade Center, à New York.

Le portrait analyse les raisons de cette célébrité. Sa “quête esthétique”, sa “recherche de la perfection”. Et ce qui fait surtout l’intérêt de son travail : “Une volonté d’orchestrer le chaos” qu’il photographie, sa “compassion”, sa “générosité”, son “humanité” même. Des sentiments que “n’expriment guère ses confrères souvent bardés de cynisme”, souligne Jean-Pierre Perrin, l’auteur de l’article. “En tant que photographe, la pire des choses c’est de sentir que je profite de la tragédie de quelqu’un. Cette idée me hante”, affirme Nachtwey.

Sa “discrétion” tranche avec sa célébrité. Monument du photojournalisme, mais pour son ami, le photographe Alain Mingam, commissaire de l’exposition parisienne de Nachtwey, au Laboratoire, c’est “un puits de pudeur”.

Voir l’article complet dans Libération du mercredi 26 mars.

Alexis JACQUET



Reuters commémore l’invasion américaine en Irak

22 03 2008

L’agence Reuters livre un récit multimédia de cinq années passées au cœur du conflit irakien. Un témoignage “pour s’assurer que l’Irak n’ait pas été inutile”.

Le 20 mars 2003, les forces américaines envahissent l’Irak, pour mettre fin au règne de Saddam Hussein et empêcher l’utilisation de son supposé programme d’armement de destruction massive. Cinq ans après, le bilan est rude.

Reuters, témoin de cinq ans de guerre en Irak (Stringer/Iraq/Reuters)Pas d’armes de destruction massive. Mais 4298 morts dans la coalition menée par les États Unis, un État miné par les tensions inter-communautés, et un bourbier pour les troupes US. Aujourd’hui, 64% des Américains estiment que la guerre n’en valait pas la peine.

GI’s en feu, ciel d’apocalypse noirci par la fumée des explosions, réfugiés désorientés, opérations noyées dans le sable du désert… A l’occasion des cinq ans de l’invasion américaine en Irak, l’agence de presse britannique Reuters nous livre un récit multimédia de 4min47, composé de clichés pris au cœur du conflit irakien. Un réalisme qui fait passer les films de guerre américains pour des décors en carton-pâte.

“Pour s’assurer que l’Irak n’ait pas été inutile”. (Reuters)“Bearing witness : Five years of the Iraq war”, le site créé spécialement pour l’occasion, explique la démarche : “Pendant près de cinq années, une équipe de 100 correspondants, photographes, cameramen, a tenté de rendre compte de l’actualité dans le plus dangereux des pays pour la presse. Voici leur témoignage, pour s’assurer que l’Irak n’ait pas été inutile”.

Voir le récit multimédia, sur le site “Bearing witness : Five years of the Iraq war”

Alexis JACQUET



Severino Silva, correspondant de guerre à Rio

16 03 2008

M‘en sortir vivant, c’est la première chose à laquelle je pense”, explique, stoïque, Severino Silva. Son travail : photoreporter des favelas de Rio pour le journal O Dia. Autrement dit, correspondant de guerre en pleine guérilla urbaine.

Son gilet pare-balles équipé à chaque sortie, il photographie les territoires dominés par les gangs, les batailles rangées entre policiers et truands, ou les victimes de la drogue. Le Guardian lui a consacré un reportage de 3 minutes 40.

Alexis JACQUET

Voir le reportage que lui a consacré le Guardian

Severino Silva/O Dia



Le témoignage de Nachtwey au Laboratoire

8 03 2008

“Je sais que les photographies peuvent pousser les responsables à agir”L’homme est un fil de fer aux membres rachitiques. Main appuyée contre le mur blanc qui contraste avec le noir de sa peau. La lumière filtre à travers la fine étoffe posée sur ses épaules et dessine son corps frêle en ombre chinoise.

Sensibiliser en frappant les esprits. C’est l’objectif de Combat pour la vie, l’exposition sur les maladies infectieuses visible à la galerie du Laboratoire. “Je sais que les photographies peuvent capter l’attention. Et donc pousser les responsables à agir”, répète inlassablement James Nachtwey, qui a signé les clichés de l’exposition. Considéré comme le plus grand des photojournalistes, l’Américain a été contacté par un groupe de scientifiques pour mettre son travail au profit de la lutte contre les maladies infectieuses. « Ces photos ont un but : faire prendre conscience de drames auxquels il faut être plus attentif, en donnant un visage aux maux ». Sida, tuberculose et paludisme, qui font sept millions de morts chaque année, notamment en Afrique et en Asie.

Le travail de James Nachtwey est sans compromis. Yeux révulsés, les malades fixent le spectateur. Sur toutes les photos, prises entre 2000 et 2008, la mort en filigrane. Sans filtre. « Quand les gens regardent ces images, ça les touche et les révolte. Ils se demandent ce qu’ils peuvent faire. À ce moment, on peut commencer à agir, à trouver une solution », espère à haute voix le prêtre missionnaire Mike Bassano, héros anonyme d’une partie des clichés, qui consacre sa vie à un dispensaire au Cambodge.

Combat pour la vie, jusqu’au 17 mars au Laboratoire. 4 rue Bouloi, 75001, Paris, 01 78 09 49 50, www.lelaboratoire.org. 6E, TR : 4,5E.

Alexis JACQUET



Getty Images vendu à un fonds d’investissement

1 03 2008

Getty Images a enfin trouvé un acheteur, pour 2,4 milliards de dollars dette comprise. La première agence photographique mondiale en terme de diffusion d’images a accepté l’offre de rachat du fonds Mark Getty, co-fondateur et directeur général de Getty Images (Odd Andersen/AFP)d’investissement américain Hellman & Friedman, mettant fin à plus d’un mois de suspense. Malgré ses bons résultats, l’action boursière de l’agence n’a cessé de chuter depuis fin 2005, alors cotée 90 euros, jusqu’à atteindre 20 dollars lorsque la vente a été annoncée.

Depuis plusieurs années, Getty Images a pourtant multiplié les efforts pour redorer son image. Si la plupart de ses revenus sont tirés de la vente de clichés à des entreprises ou des agences publicitaires, elle s’est fait remarqué dans la couverture de l’actualité par des clichés de grande qualité. Un accord de distribution croisée, valable jusqu’en juin 2009, a aussi été signé avec l’Agence France Presse. Et le groupe américain a vu son engagement dans le monde de la presse récompensé par cinq prix lors de la dernière édition du World Press Photo. Il est même devenu sponsor officiel de Visa pour l’image, le festival de référence en photojournalisme.

Les difficultés de Getty Images sont révélatrices de la fragilité des grandes agences, bousculées par l’apparition de sites Internet diffusant gratuitement ou à moindre coût, des images de bonne qualité. En guise de contre-feu, l’entreprise a acheté istockphoto.com, en 2006, un site de photographie à prix réduits. Visiblement, sans succès notable.

Alexis JACQUET