Le témoignage de Nachtwey au Laboratoire
8 03 2008
L’homme est un fil de fer aux membres rachitiques. Main appuyée contre le mur blanc qui contraste avec le noir de sa peau. La lumière filtre à travers la fine étoffe posée sur ses épaules et dessine son corps frêle en ombre chinoise.
Sensibiliser en frappant les esprits. C’est l’objectif de Combat pour la vie, l’exposition sur les maladies infectieuses visible à la galerie du Laboratoire. “Je sais que les photographies peuvent capter l’attention. Et donc pousser les responsables à agir”, répète inlassablement James Nachtwey, qui a signé les clichés de l’exposition. Considéré comme le plus grand des photojournalistes, l’Américain a été contacté par un groupe de scientifiques pour mettre son travail au profit de la lutte contre les maladies infectieuses. « Ces photos ont un but : faire prendre conscience de drames auxquels il faut être plus attentif, en donnant un visage aux maux ». Sida, tuberculose et paludisme, qui font sept millions de morts chaque année, notamment en Afrique et en Asie.
Le travail de James Nachtwey est sans compromis. Yeux révulsés, les malades fixent le spectateur. Sur toutes les photos, prises entre 2000 et 2008, la mort en filigrane. Sans filtre. « Quand les gens regardent ces images, ça les touche et les révolte. Ils se demandent ce qu’ils peuvent faire. À ce moment, on peut commencer à agir, à trouver une solution », espère à haute voix le prêtre missionnaire Mike Bassano, héros anonyme d’une partie des clichés, qui consacre sa vie à un dispensaire au Cambodge.
Combat pour la vie, jusqu’au 17 mars au Laboratoire. 4 rue Bouloi, 75001, Paris, 01 78 09 49 50, www.lelaboratoire.org. 6E, TR : 4,5E.
Alexis JACQUET





