Paris Match interdit de procès Fourniret

5 04 2008

Le parquet général de Reims a retiré jeudi l’accréditation de Paris Match pour le procès Fourniret. L’hebdomadaire a publié un cliché du tueur présumé, prise en salle d’audience.

Le journal Paris Match s’est vu retiré, jeudi 3 avril, son accréditation pour le procès de Michel Fourniret. Une décision du parquet général de Reims, après la publication le même jour, d’une photographie du tueur en série présumé dans le box des accusés. “Ce cliché a été réalisé dans une salle d’audience et au cours d’une audience, en violation de la loi et en dépit des instructions très claires faites à l’ouverture du procès par le président”, dénonce un communiqué de la Cour d’assises des Ardennes.

Le procureur général de Reims, Eric Enquebecq, ajoute, selon l’AFP, que cette mesure rarissime répond à une “violation délibérée” des règles qui avaient été rappelées à la presse. Il précise que la décision est “sans appel”.

La journaliste de Paris Match, Delphine Byrka, est le principal suspect. Une version que dément Olivier Royant, qui s’est dit “choqué” : “Notre journaliste (…) ne peut même pas être soupçonnée d’avoir pris le cliché puisqu’elle se trouve dans la salle d’audience” alors que le cliché a été “apparemment pris dans la salle vidéo du tribunal”, explique le directeur de la rédaction de l’hebdomadaire, cité par l’AFP. Le fait que la photo ait été directement prise sur un écran vidéo expliquerait sa mauvaise qualité.

La réponse d’Olivier Royant sur le site de Paris Match

“Nous n’avons pas de photographe accrédité, cette photo nous est parvenue, on la publie et en ce qui concerne l’origine de cette photo, on n’a pas à divulguer nos sources”, précise-t-il. Une enquête a été annoncée par Francis Nachbar, l’avocat général pour connaître le coupable. Car le crédit photo n’indique pas de nom.

D’après la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, tout enregistrement de son ou d’image est interdit dans l’enceinte d’un tribunal. Toute infraction est punie d’une amende de 4.500 euros. Michel Fourniret pourrait même attaquer l’hebdomadaire, pour non respect de son droit à l’image. Il avait explicitement refusé d’être pris en photo par la presse à l’ouverture de son procès. Maître Blocquaux, l’avocat de Michel Fourniret a toutefois précisé que ce n’était pas dans l’intention de son client.

Alexis JACQUET


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