Trois questions à Olivier Douliery

2 11 2008

ÉLECTIONS AMÉRICAINES. Depuis huit ans, Olivier Douliery possède les “clés” de la Maison Blanche. Pour les journaux du monde entier, et pour l’Histoire, le photographe français immortalise les grands moments de la politique américaine.

Le service presse de la Maison Blanche vous laisse-t-il une marge de manœuvre suffisante pour mener à bien votre mission de photojournaliste ?

Évidemment, nous sommes très encadrés. Mais si l’on explique au “staff” que l’angle est meilleur de tel ou tel endroit, par exemple, ils feront tout leur possible pour nous obtenir l’autorisation. Ils sont très professionnels et connaissent les besoins de la presse. Parfois, les règles sont plus strictes. Notamment dans Air Force One, l’avion du Président : nous avons interdiction de photographier le nez de l’appareil ou de faire des plans larges. Il s’agit surtout de questions de sécurité…

Barack ObamaLe fait d’être Français donne-t-il à vos photos un regard particulier sur la politique américaine ?

Oui, inconsciemment. Mes images se démarquent de celles prises par mes confrères parce que nous, les Français, sommes très critiques vis à vis de la société américaine. En plus de cela, je travaille aussi pour une agence photo française, qui me demande beaucoup de photos montrant l’aspect anecdotique voire superficiel de l’Amérique. Après, j’ai les mêmes contraintes que tous les autres photographes. Chaque jour, je couvre les mêmes personnes. Alors l’enjeu, c’est surtout de ne pas tomber dans la routine. Pour cela, j’essaie de faire des clichés révélateurs de l’actualité. Par exemple, lorsque George W.Bush reçoit les athlètes de retour des Jeux Olympiques, je prends la photo institutionnelle. Mais je fais aussi quelques portraits de lui : si son actualité ou celle des États-Unis est positive, je vais prendre une photo où il sourit. Si au contraire, l’actualité est négative, je vais plutôt me concentrer sur une moue, etc.

Durant cette campagne, vous avez pris plusieurs milliers de clichés. Quel est votre préféré ?

C’était quelques jours avant que Barack Obama n’annonce sa candidature à la Présidentielle. Il était venu soutenir un “rally” pour le Darfour. L’espace d’un instant, sa silhouette s’est dessinée en ombre chinoise sur le Capitol, en arrière plan. Un très joli contre-jour. Techniquement et graphiquement, j’aime beaucoup cette photo. D’ailleurs, cette photo de lui est l’une de celle qui s’est le mieux vendue. Et qui m’a aussi permis de remporter plusieurs prix, comme le White House Presse Photographer Award, et le International Spider Award.

Propos recueillis par Alexis JACQUET


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