Sortie : Perpignan au bar Floréal

24 03 2009

IDÉE DE SORTIE. Au-delà des clichés revient sur les expositions à voir ou les rendez-vous à ne pas manquer. Des idées de sortie pour voir la photo plutôt que d’en parler!

invitation_visas_ani2009-1.jpgQui : Les Visas de l’ANI 2008.

Quoi : Petite session rattrapage pour tous ceux qui n’ont pas pu profiter du festival Visa pour l’Image 2008 à Perpignan. L’Association Nationale des Iconographes (ANI) présente sa propre sélection coup de cœur : Gianni Cipriano, Jordi Cohen et Andrea Star Reese à la galerie du bar Floréal. Trois photographes pour trois regards très différents. Le premier immortalise les prouesses d’un embaumeur artiste dans le quartier d’Harlem, à New-York, tandis que Reese nous plonge dans l’univers des sans-domiciles de la ville. Enfin, Cohen s’est intéressé aux Tap-tap, les microbus typiques d’Haïti.

Où : Galerie du bar Floréal. 43 rue des Couronnes, 75020, Paris. Métro Couronnes (ligne 2).

Quand : Du 20 mars au 10 avril 2009. Ouvert tous les jours de 14h30 à 18h30 sauf le lundi.

Combien : Entrée libre.



Les agences d’amateurs en difficulté

18 03 2009

DECRYPTAGE. En seulement deux mois, plusieurs sites misant sur les photographies d’actualité prises par des amateurs viennent d’annoncer leur fermeture.

scoopt.jpgCoup dur pour le modèle de l’agence photo basée sur des images non-professionnelles. L’agence américaine Getty Images vient d’annoncer, mardi 3 février, la fermeture de Scoopt. Scoopt, c’est un site Internet qui permettait aux amateurs de vendre leurs images d’actualité. Lancé en juillet 2005, il était l’un des premiers à se lancer sur le marché des photos d’amateurs. Il avait été acheté par Getty Images il y a deux ans.

Selon la porte-parole du groupe, la fermeture de Scoopt permettra à Getty Images de “concentrer davantage son énergie sur les produits faisant partie de son cœur de métier, dans l’information, le sport et le divertissement”.  L’agence précise malgré tout qu’elle reste intéressée par les clichés d’actualité pris par les amateurs. En fait, l’agence américaine semble plutôt miser sur son partenariat avec Flickr (détenu par Yahoo!). Une sélection de photos tirées du site de partage est publiée en temps réel sur la plate-forme de Getty Images.

Début janvier, JPG Magazine, un magazine papier et internet du même genre a lui-aussi annoncé sa cessation d’activité. Il pourrait finalement être sauvé par un repreneur, mais les difficultés économiques demeurent.

Alexis JACQUET



Sortie : La photo-polémique à la BnF

11 03 2009

IDÉE DE SORTIE. Au-delà des clichés revient sur les expositions à voir ou les rendez-vous à ne pas manquer. Des idées de sortie pour voir la photo plutôt que d’en parler!

Controverses. Photographies à histoires Qui : Controverses, photographies à histoires.

Quoi : La photographie, objet d’art, mais aussi de polémique. La Bibliothèque nationale de France (BnF) organise une exposition sur de nombreux clichés rendus célèbres par les controverses et les procès. Le baiser de l’Hôtel de Ville de Doisneau, ou celui d’Oliviero Toscani (image). Le portrait d’Aldo Moro, otage des Brigades Rouges, ou celui d’Alice Lidell (à l’origine du livre Alice au pays des merveilles), prise en photo déguisée en mendiante. Depuis toujours, la photographie fait réfléchir, réagir et parler. Alors autant aller se faire sa propre opinion.

Où : BnF - Site Richelieu, 58 rue de Richelieu, 75002, Paris. Métro : Bourse (ligne 3), Pyramides (lignes 7 et 14).

Quand : Du 3 mars au 24 mai 2009. Du mardi au samedi de 10h-19h et le dimanche de 12h-19h. Fermé lundi et jours fériés.

Combien : 7€ , Tarif réduit : 5€.



La crise remporte le World Press Photo

4 03 2009

Le photographe américain Anthony Suau gagne le World Press Photo 2008 grâce à un cliché illustrant la crise.

world-press-photo.jpgLa crise est partout, y compris au World Press Photo. C’est une photographie du photographe américain Anthony Suau qui a remporté, vendredi 13 février, l’édition 2008 du plus prestigieux des Prix en photojournalisme. On peut y voir un policier armé sécurisant une maison abandonnée. Par terre, les objets des anciens habitants expulsés car ils ne pouvaient plus rembourser leur emprunt. Nous sommes à Cleveland, en mars 2008, au début de la crise immobilière américaine. La photo a été publiée dans le Time Magazine.

Comme souvent, le photojournaliste récompensé est loin d’être un inconnu. Anthony Suau a même déjà remporté le World Press en 1987 pour un cliché des manifestations en Corée du Sud et un Prix Pulitzer en 1984 pour un travail sur la famine Ethiopienne.

Cette année, plus de 80 000 images ont été soumises au jury. L’année dernière, l’exposition itinérante du Prix avait été vue par près de 2 millions de visiteurs. Elle commencera sa tournée à Amsterdam, en mai prochain. La galerie des vainqueurs est d’ores et déjà visible sur le site du concours.

 Alexis JACQUET



Robert Frank, un Suisse en Amérique

2 03 2009

EXPOSITION. Cinquante ans après sa sortie, le livre Les Américains fait l’objet d’une exposition au Jeu de Paume. Et les images de Robert Frank n’ont pas perdu de leur justesse.

frank-robert.jpgIl faut se méfier des gens trop calmes. Robert Frank est de ceux-là. Timide, poli, photographiant avec “l’étrange discrétion d’une ombre, des scènes qu’on avait jamais vu sur pellicule”, dira de lui l’écrivain Jack Kerouac, son éternel compagnon de vagabondage. Chez eux, la même passion des grands espaces, de la route, et des travers de l’Amérique.

Pourtant, l’histoire de Robert Frank commence à 6000 kilomètres de là, en Suisse. Né en 1924, il s’amourache de la photo aux côtés d’un retoucheur. Mais l’aventure l’attend de l’autre côté de l’Atlantique. Grâce à une bourse de la Fondation Guggenhein, il parcourt les Etats-Unis entre 1955 et 1956. Quatorze mois avec femme et enfants, au volant d’une vieille voiture d’occasion, de New-York à Las Vegas, du Texas à la Californie. Au total, 700 pellicules et 20000 instantanés. Il en tire 83 clichés seulement. Les Américains, son livre-monument, est né.

Mais son Amérique à lui ne fait plus rêver : inégalitaire, précaire, grise et désespérément seule. Ses photographies montrent les toilettes, les motels et les fast-food sordides. La carte postale de l’American way of life démystifiée par un petit routard à l’accent bizarre. “Avec cette petite caméra qu’il fait surgir et claquer d’une main, il a su tirer du cœur de l’Amérique un vrai poème de tristesse”, analyse Kerouac. “Et maintenant, il prend rang parmi les poètes tragiques de ce monde”.

Robert Frank établit les codes de la ”street photography”. Grain omniprésent, cadrages approximatifs, ou presque flous. Les photos semblent volées, sauvages, prises sans subjectivité. L’observateur est impassible, le public, ébranlé. Aujourd’hui, ces 83 clichés mythiques sont exposés à la galerie du Jeu de Paume (site Concorde). Et si les tirages ont un peu perdu de leur impertinence, l’exposition se justifie par son aspect documentaire, presque historique.

En regard, le Jeu de Paume présente une autre série. Celle-là est sur Paris. 79 photos plus anecdotiques, prises de loin, à la limite du surréalisme. De 1949 à 1952, Robert Frank joue les flâneurs, photographie bancs publics, fleuristes et jardins publics. L’ensemble est doux, mais ne séduit pas. Décidément, Frank reste le photographe de l’entrée de service plutôt que celui de la scène. Un portfolio de cette série sur Paris est visible sur lemonde.fr.

Alexis JACQUET

Exposition visible au Jeu de Paume, 1, place de la Concorde, Paris, 75008. Métro : Concorde. Du mercredi au vendredi, de 12 heures à 19 heures ; mardi jusqu’à 21 heures ; samedi et dimanche à partir de 10 heures. 7 € et 4 €. Jusqu’au 22 mars.