Sortie : Paris en couleurs

26 04 2009

IDÉE DE SORTIE. Au-delà des clichés revient sur les expositions à voir ou les rendez-vous à ne pas manquer. Des idées de sortie pour voir la photo plutôt que d’en parler!

eggleston.jpgQui : William Eggleston, Paris.

Quoi : Son nom est synonyme de couleur. C’est lui, qui l’a réhabilitée dans les années 60. A une époque ou seul le noir et blanc était digne d’être artistique. Le photographe américain William Eggleston présente, à la Fondation Cartier, le résultat d’un travail de trois ans sur la ville de Paris. Pas vraiment sur les circuits touristiques, mais plutôt du côté de la Goutte d’Or ou du Marché Saint-Pierre. Il adore quand ça jure, montrer ce que l’on ne remarque pas, et nous, on adore son regard.

Où : Fondation Cartier, 261 boulevard Raspail, 75014, Paris. Métros lignes 4 et 6, stations Raspail ou Denfert-Rochereau.

Quand : Du 4 avril au 21 juin 2009. Tous les jours, sauf le lundi, de 11h à 20h. Nocturne le mardi jusqu´à 22h. Accès libre pour les moins de 18 ans le mercredi de 14h à 18h.

Combien :6,5€. Tarif réduit : 4,5€.



Le fonds Life revit en ligne

18 04 2009

life.jpgL’ancien pilier du photojournalisme Life a décidé de mettre ses archives photo sur Internet.

Ce n’est pas un site, c’est une mine d’or. Depuis fin 2008, le magazine Life s’offre une seconde vie sur Internet. Ce symbole du photojournalisme a mis la clé sous la porte en 2007, mais revit grâce à Google Image Search. Plus de dix millions de clichés archivés ont été scannés et mis à disposition des internautes, gratuitement, même si le groupe Time en garde la propiété.

Le fond d’archives va de 1750 aux années 60, sous forme de diapositives, de gravures et de plaques de verre. Le site permet d’effectuer une recherche par période, personnage, événement ou photographe.

Alexis JACQUET



Sortie : “HCB” fête ses 100 ans

10 04 2009

IDÉE DE SORTIE. Au-delà des clichés revient sur les expositions à voir ou les rendez-vous à ne pas manquer. Des idées de sortie pour voir la photo plutôt que d’en parler!

HCBQui : Henri Cartier-Bresson, à vue d’œil.

Quoi : Henri Cartier-Bresson fête ses 100 ans, la MEP sort ses merveilles. 320 œuvres tirées de ses collections et incarnant le célèbre “instant décisif” si cher à HCB. En fait, un florilège tiré de deux expositions : “Paris à vue d’oeil” organisée au musée Carnavalet en 1984, et “Des Européens” à la MEP en 1997.

Où : Maison européenne de la photographie. 5 et7 rue de Fourcy, 75004 Paris. Métro Saint-Paul (ligne 1) et Pont Marie (ligne 7).

Quand : Du 15 avril au 30 août 2009. Ouvert tous les jours de 11h à 20h, sauf les lundis, mardis et jours fériés.

Combien :6,5€. Tarif réduit : 3,5€.



Isabelle Eshraghi vue par Isabelle Eshraghi

1 04 2009

DÉCRYPTAGE. Pendant plusieurs années, Isabelle Eshraghi a voyagé autour du globe pour lever le voile et offrir un portrait moins manichéen des femmes musulmanes. Pour Au-delà des clichés, la photographe a accepté de commenter certaines de ses photos les plus marquantes.

“Femmes, hors du voile” Editions du Chêne. Iran, Teheran, juillet 2000 : Parapente pour les filles. Isabelle Eshraghi / Agence VU“Ça, c’est l’Iran. L’Iran et toutes ses contrariétés. Un pays que j’aime, entre tradition et modernité, mais loin de l’image de l’axe du mal véhiculée par l’administration Bush et, trop souvent, par les médias. En réalité, deux mondes se côtoient : la jeune génération qui rêve de mode, d’argent, de liberté, et l’ancienne, qui vit parfois dans le passé.

Une chose est sûre : l’Iran n’est pas un pays uniforme. Son territoire fait cinq fois la taille de la France, et il y a autant de mentalités différentes. L’erreur des journalistes, c’est souvent de se contenter de rester à Téhéran. Moi qui connait bien le pays, sa société, ses habitants, j’ai du mal à comprendre que son image soit aussi mauvaise, qu’un si beau pays puisse faire si peur. Là-bas aussi, nous sommes au 21e siècle. Grâce à la mondialisation, les femmes ont accès à Internet et sont accrocs à la mode. Souvent, je suis moi-même moins bien habillée qu’elles, avec mon jean et mes baskets!”

“Femmes, hors du voile” Editions du Chêne. Afghanistan, Kaboul, aout 2003 : Agheleh Rezaie, une actrice à Kaboul. Isabelle Eshraghi / Agence VU“Dans les pays du Moyen-Orient, les femmes ne se laissent pas facilement photographier. Il faut devenir amie avec elles, savoir les mettre en confiance, et surtout, être patiente. Le fait que je sois franco-iranienne m’aide à créer une certaine complicité, mais c’est avant tout une question d’approche.

Sur ce cliché, par exemple, il s’agit de Agheleh Rezaie, une actrice afghane. En 2003, je suis partie à Kaboul pour la rencontrer. Pourtant, je ne la connaissais pas, et je n’avais même pas son numéro de téléphone. C’était quitte ou double. La première rencontre s’est faite presque par hasard, lors d’une projection de film. En sortant, je lui ai proposé de la raccompagner en voiture chez elle car elle n’avait pas de taxi. Le journaliste qui m’accompagnait a voulu demander à entrer chez elle. Je lui ai dit “non, faisons ça étape par étape”.

Ensuite, nous l’avons recroisé quelques jours plus tard. Et lors de notre troisième rencontre, elle nous a invité à venir prendre le thé. Chez elle. Naturellement. Résultat, je suis resté avec elle pendant trois jours, à la photographier, rire, et parler. Je n’aurais jamais pu faire ça avec une actrice française.”

“Femmes, hors du voile” Editions du Chêne. Iran, Teheran, Septembre 2005 : Entrainement de l’Athlète américaine Sara Kureishi, 26 ans d’origine pakistanaise. Isabelle Eshraghi / Agence VU“Cette jeune femme est une star. Sur cette photo, elle s’entraine pour les 4e Jeux islamiques féminins de Téhéran, en 2005. Sa particularité ? Elle est Américaine, d’origine pakistanaise. Et en pleine crise du nucléaire iranien, sa présence était tout un symbole. Tous les médias iraniens voulaient la rencontrer. Mais j’ai été la seule à pouvoir la prendre en photo, parce que j’étais une femme et que j’avais accès à des endroits normalement interdits.

D’ailleurs, ces jeux ont été assez surréalistes. Imaginez 1300 femmes réunies dans deux hôtels. On s’est vraiment éclaté, mais nous avons aussi énormément parlé : du quotidien, de la liberté des femmes, du port du voile. Certaines femmes ne le portaient pas, par exemple, alors les autres leur ont appris à le nouer. Bref, l’hôtel résumait toutes les contrariétés des pays musulmans. Et pour la première fois, une équipe de foot iranienne a joué contre l’Irak. Bref, des jeux mémorables sur tous les plans.”

Propos recueillis par Alexis JACQUET