Visa pour l’image à Paris

30 10 2008

Visa au Grand RexExceptionnellement, Visa pour l’image quitte Perpignan pour Paris. Le 4 novembre, le plus célèbre des festivals de photojournalisme investit la salle du Grand Rex pour fêter ses 20 ans.

Une soirée exceptionnelle durant laquelle seront diffusés les 13 reportages qui ont le plus marqué les festivaliers au cours de ces deux décennies. Parmi les signatures, Paolo Pellegrin, Paul Fusco, Philip Blenkinsop ou Stanley Greene. En parallèle, plusieurs photo reportages historiques, sur mai 68, le Vietnam, ou plus récemment, les Jeux Olympiques de Pékin, seront présentés. La projection parisienne coûte 12, 70 euros.

Visa pour l’image accueille chaque année près de 150000 visiteurs et 3000 professionnels. Deux semaines en septembre pour découvrir le travail de photographes prometteurs ou aguerris. Le 20 octobre dernier, l’équipe de Visa pour l’image a même reçu un Lucie Award (le Spotlight award), un prestigieux prix photographique, pour son soutien au photojournalisme.

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Noor, petite dernière des grandes agences

22 10 2008

VIDÉO. Jusqu’à la fin du mois d’octobre, l’exposition de l’agence Noor est visible à Bayeux, en marge du festival des correspondants de guerre. L’occasion de découvrir neuf reportages saisissants réalisés par les photographes de cette jeune agence.

Deux visas d’or, plusieurs World Press Photo et de nombreux prix. En un an, la “petite” agence Noor a fait une entrée remarquée dans le monde du photojournalisme. Et pour cause : ils ne sont que neuf photographes, mais pas des moindres.

Francesco Zizola, Stanley Greene, Youri Kozyrev ou Philip Blenkinsop, pour ne citer qu’eux, sont loin d’être des novices. Charismatiques, talentueux, connus et reconnus, ils n’ont pas tardé à imprimer le nom de leur nouvelle agence dans les pages des journaux.

Voir la vidéo de l’exposition Noor à Bayeux

Texte et vidéo : Alexis JACQUET

Chapelle de la Tapisserie, à Bayeux (Calvados). Jusqu’au 31 octobre.



Le Prix Bayeux en images

15 10 2008

DIAPORAMA. Durant une semaine, la crème des grands reporters s’est donné rendez-vous à Bayeux (Calvados) pour le Prix des correspondants de guerre. Au-delà des clichés y était : voici, en images, quelques uns des moments forts de ce prix très prisé des professionnels.

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Plusieurs soirées thématiques, sur l’Irak, ou le Mexique,
ont ponctué le Prix Bayeux-Calvados.

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Pour le public, le Salon du livre a été l’occasion de rencontrer des journalistes,
ici Jean-Paul Mari, grand reporter au Nouvel Observateur. Lire la suite »



VII récompensée au Prix Bayeux

12 10 2008

La quinzième édition du prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre s’est terminé samedi 11 octobre. Un cru 2008 résolument tourné vers les nouvelles agences. Palmarès.

Noor, VII, les petites agences ont fait sensation à la quinzième édition du prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre. Durant une semaine, l’exposition de la jeune agence Noor (Stanley Greene, Yuri Kozyrev, etc.) s’est fait remarqué par le public et les professionnels. Et samedi soir, c’est un reportage du collectif VII (James Nachtwey, Alexandra Boulat etc.) qui a été primé.

Un cliché tiré de “La vallée”, par Balazs Gardi“La vallée”, une série très esthétique réalisée fin 2007 en Afghanistan par Balazs Gardi a remporté le premier Prix photographie. Joint par téléphone, le jeune photographe hongrois de l’agence VII a expliqué son choix de travailler en noir et blanc : “Pour moi, il s’agit d’un moyen de communiquer comme un autre. Comme la couleur, mais avec plus de force et de présence”.

Le Prix du public CFJ-Groupe Caisse d’épargne a quant à lui été attribué à Yasuyoshi Chiba, de l’AFP. Le Japonais a couvert les violences post-électorales du Kenya en décembre dernier. Un sujet largement traité par les différents reportages photo en compétition.

Même pays, autre regard. Celui de Julius Mwelu, un Kenyan d’à peine 22 ans qui a reçu le Prix du jeune reporter. Grâce à un appareil photo offert par la photographe américaine Lana Wong dans le cadre du projet Shootback, en 1997, il a figé sur la pellicule les violences après les élections présidentielles, dans son tristement célèbre bidonville de Mathare à Nairobi. La photographie, “seul moyen de parler” des atrocités dont il a été témoin, et de les “partager avec le reste du monde”, comme l’a expliqué le jeune homme, arborant le t-shirt de Mwelu, sa fondation. “Et ce n’est que le début”, a-t-il lancé, levant bien haut sa récompense dorée.

Alexis JACQUET



Etre photojournaliste israélienne en Palestine

12 12 2007

Karen Manor est Israélienne. Et lutte contre la politique de son pays. Malgré un travail exemplaire en terme de photographie, la nuance entre photojournalisme et propagande est ténu.

“Il ne faut jamais croire ce que les médias racontent. Y compris moi”, lance Keren Manor. La photojournaliste israélienne sait de quoi elle parle. Elle même avoue ne “pas croire à l’objectivité”. Son travail le confirme.

Karen Manor réalise des photographies percutantes et engagéesProduit du système éducatif israélien, l’habitante de Tel-Aviv a commencé à remettre en cause les vérités apprises, après avoir rencontré des Palestiniens. “J’ai longtemps vécu dans l’ignorance. On m’a appris à détester un ennemi sans visage. Un poseur de bombes déshumanisé”, explique-t-elle. Le choc se produit lors d’une manifestation à Bil’in, un village palestinien érigé en modèle de résistance contre l’implantation par Israël d’un mur de séparation entre les deux territoires. “Ma curiosité de photojournaliste a été attisée. Lorsque je suis arrivée, il est devenu clair que je devais m’impliquer”, se rappelle-t-elle. Son engagement est clairement affiché. “Je trouve que c’est la responsabilité du citoyen israélien de résister aux crimes du gouvernement et de l’armée de notre Etat.”

Un cliché du collectif ActivestillsLorsqu’on la questionne sur son objectivité, la réponse est claire. “Je suis à la fois photojournaliste et directement impliquée dans la lutte. Mon objectif est d’utiliser la photographie comme un outil pour changer ce que les gens pensent.” Dans quel but ? Pousser ses interlocuteurs à aller voir sur place ce qui se passe. “Je ne milite pas pour le nationalisme palestinien. Mais si je vous donne envie d’aller en Palestine pour vous faire votre propre idée, j’aurais gagné.”

Comme elle, plusieurs photographes engagés autour du mouvement pro-palestinien ont créé le collectif Activestills pour se poser en alternative aux médias majeurs. “Il n’y a pas de place pour nos photos dans les médias israéliens. Alors nous nous servons des médias alternatifs : expositions de rue, galeries ou Internet, avec le site d’Activestills. Une tentative pour renverser le “cercle vicieux” qu’elle dénonce. “Les israéliens ne veulent pas voir la vérité, alors les médias ne la leur montrent pas.”

Alexis JACQUET



Olivier Jobard, Grand Prix du Festival du scoop d’Angers

25 11 2007

 

Olivier Jobard a travaillé dès 2004 sur les réfugiés du DarfourA l’occasion du 22e festival international du scoop et du journalisme d’Angers, le photojournaliste de Sipa Press, Olivier Jobard, a reçu samedi 24 novembre le Grand Prix photo pour son travail documentaire “Tchad-Soudan, l’autre guerre au Darfour”.

En 2004, il avait déjà obtenu le prix Care International du reportage humanitaire et le Visa d’or news, pour son reportage sur les réfugiés traversant la frontière entre le Tchad et le Soudan.

Le travail de Lizzie Sadin sur les jeunes en détentionLe prix Spécial du jury a été attribué à Lizzie Sadin pour “Mineurs en peine”. Une série militante sur les mineurs et l’enfermement. Notamment dans les “Boot Camp” américains, des lieux de redressement clos pour jeunes délinquants où la discipline militaire est érigée en modèle d’éducation.

Alexis JACQUET

 



Paris Photo passé au révélateur

16 11 2007

Paris Photo 2007 zoom sur l’ItalieDans l’inventaire à la Prévert dressé par Paris Photo, le salon international de la photographie, Au delà des clichés fait le tri.

Paris Photo est un grand fourre-tout. La 11e édition, du 15 au 18 novembre au Carrousel du Louvre, ne déroge pas à la règle. Les photographies d’art côtoyant les travaux de photojournalistes, et les photos de Beyrouth narguant les stands où se vendent les plats en argent… 40000 visiteurs attendus, 104 exposants dont 83 galeries et 21 éditeurs majoritairement étrangers sur plus de 3000m². L’ensemble dans une atmosphère un peu guindée, ticket d’entrée à quinze euros oblige.

Au delà des clichés livre sa sélection des cinq découvertes à ne pas manquer :

  • Vladimir Milivojevich alias Boogie est Serbe, mais vit à Brooklyn depuis plus de dix ans. « It’s all good », son documentaire de trois ans sur les gangs de rue, les junkies et le quotidien des exclus du quartier est devenu un livre. La série coup-de-poing qui en est extraite marque les visiteurs par son réalisme.
  • Hans Van Der Meer, surtout connu pour ses clichés de stades de foot originaux livre sa vision décalée et pleine d’humour de nos amis les bêtes. Des photos étranges, à la limite du dérangeant.
  • Josef Koudelka, le photojournaliste d’origine tchèque s’était déjà illustré grâce à la couverture des conflits de la Tchécoslovaquie. Grâce à des photographies noir et blanc granuleuses, sans prétention, il porte un oeil humaniste sur les gitans et les exclus qu’il photographie.
  • Cornelie Tollens réalise des portraits dans la catégorie bizarrerie. Souvent, de femmes offertes et candides. Ses photographies pesantes de mariées dévêtues tenant des animaux morts ou d’adolescente vomissant du pétrole prennent à la gorge.
  • Alberto Garcia Alix, qui avait fait sensation aux dernières rencontre d’Arles en partageant son quotidien subversif. Photographiant les marginaux, leur prénom en légende, il dresse un portait au vitriol des années débridées post-franquisme.

Alexis JACQUET



David contre l’AFP

6 11 2007

Face aux contraintes financières et aux difficultés pour recruter des professionnels, les petites agences photo peinent à trouver leur place.

Une représentante de RussianTeaRoom présente le travail de son agenceIls ne sont pas du même pays et n’ont pas les mêmes contraintes. Mais ces petits collectifs non occidentaux ont pourtant un point commun : « La même volonté de se faire connaître, grâce à la photographie », explique Michel Philippot, rédacteur en chef photo du Monde 2 (à gauche sur la photo) et organisateur, mercredi 31 octobre, d’un « forum des agences », à l’occasion de la biennale Photoquai. Ambition de ce forum : « montrer la diversité des productions photo autour du monde. » De l’Argentine au Brésil, en passant par Cuba ou la Russie. Objectif à moitié rempli seulement. Ouvert au public, le grand théâtre vide Claude Lévi-Strauss, dans les entrailles du Quai Branly, n’aura accueilli qu’une petite vingtaine de curieux.

Dépendance financière. « L’intérêt du forum était surtout de montrer les problèmes qu’ont ces regroupements de photographes à survivre, notamment financièrement », précise Michel Philippot. Même constat pour Ruben Mangasaryan, photojournaliste arménien et fondateur de l’agence Patkerphoto, tournée vers l’Arménie. « Nous sommes obligés de chercher des sponsors (souvent des fondations ou des ONG) avant de partir sur le terrain. L’agence est dépendante de cette aide et les gros projets sont toujours une prise de risque », explique-t-il.

Former des professionnels. Autre difficulté : trouver des photojournalistes professionnels dans cette région du monde. « C’est simple, lors de la création de l’agence, cela n’existait pas en Arménie, se souvient Ruben. Alors nous avons crée un programme d’étude à la photographie sur 9 mois, en partenariat avec World Press Photo. » Ensuite, les jeunes passent plusieurs mois en stage à l’agence, à travailler sur des projets concrets. Shahidul Alam, le fondateur de l’agence Drik au Bangladesh, met aussi l’accent sur la formation. « En 1998 nous avons fondé Pathshala - The South Asian Institute of Photography, un centre d’initiation au photojournalisme à Dhaka. » Drik joue aussi les entremetteurs. « Il est impossible pour un Bangladais de négocier avec les grandes agences occidentales. Il ne connaît personne, et ne comprend pas forcément les attentes des journaux. Voilà ou commence réellement notre travail », précise Shaidul.

Dictature. Au delà des questions d’argent et de formation, la situation est encore plus délicate pour certaines agences. Celle de Liudmila & Nelson à Cuba, par exemple. Pour Michel Philippot, « on peut discuter du terme de dictature, mais le constat est simple : Il n’existe qu’une seule feuille de chou de quatre pages, photos comprises, donc c’est un peu court pour s’exprimer. »

Alexis JACQUET