Le fonds Life revit en ligne

18 04 2009

life.jpgL’ancien pilier du photojournalisme Life a décidé de mettre ses archives photo sur Internet.

Ce n’est pas un site, c’est une mine d’or. Depuis fin 2008, le magazine Life s’offre une seconde vie sur Internet. Ce symbole du photojournalisme a mis la clé sous la porte en 2007, mais revit grâce à Google Image Search. Plus de dix millions de clichés archivés ont été scannés et mis à disposition des internautes, gratuitement, même si le groupe Time en garde la propiété.

Le fond d’archives va de 1750 aux années 60, sous forme de diapositives, de gravures et de plaques de verre. Le site permet d’effectuer une recherche par période, personnage, événement ou photographe.

Alexis JACQUET



Les agences d’amateurs en difficulté

18 03 2009

DECRYPTAGE. En seulement deux mois, plusieurs sites misant sur les photographies d’actualité prises par des amateurs viennent d’annoncer leur fermeture.

scoopt.jpgCoup dur pour le modèle de l’agence photo basée sur des images non-professionnelles. L’agence américaine Getty Images vient d’annoncer, mardi 3 février, la fermeture de Scoopt. Scoopt, c’est un site Internet qui permettait aux amateurs de vendre leurs images d’actualité. Lancé en juillet 2005, il était l’un des premiers à se lancer sur le marché des photos d’amateurs. Il avait été acheté par Getty Images il y a deux ans.

Selon la porte-parole du groupe, la fermeture de Scoopt permettra à Getty Images de “concentrer davantage son énergie sur les produits faisant partie de son cœur de métier, dans l’information, le sport et le divertissement”.  L’agence précise malgré tout qu’elle reste intéressée par les clichés d’actualité pris par les amateurs. En fait, l’agence américaine semble plutôt miser sur son partenariat avec Flickr (détenu par Yahoo!). Une sélection de photos tirées du site de partage est publiée en temps réel sur la plate-forme de Getty Images.

Début janvier, JPG Magazine, un magazine papier et internet du même genre a lui-aussi annoncé sa cessation d’activité. Il pourrait finalement être sauvé par un repreneur, mais les difficultés économiques demeurent.

Alexis JACQUET



La crise remporte le World Press Photo

4 03 2009

Le photographe américain Anthony Suau gagne le World Press Photo 2008 grâce à un cliché illustrant la crise.

world-press-photo.jpgLa crise est partout, y compris au World Press Photo. C’est une photographie du photographe américain Anthony Suau qui a remporté, vendredi 13 février, l’édition 2008 du plus prestigieux des Prix en photojournalisme. On peut y voir un policier armé sécurisant une maison abandonnée. Par terre, les objets des anciens habitants expulsés car ils ne pouvaient plus rembourser leur emprunt. Nous sommes à Cleveland, en mars 2008, au début de la crise immobilière américaine. La photo a été publiée dans le Time Magazine.

Comme souvent, le photojournaliste récompensé est loin d’être un inconnu. Anthony Suau a même déjà remporté le World Press en 1987 pour un cliché des manifestations en Corée du Sud et un Prix Pulitzer en 1984 pour un travail sur la famine Ethiopienne.

Cette année, plus de 80 000 images ont été soumises au jury. L’année dernière, l’exposition itinérante du Prix avait été vue par près de 2 millions de visiteurs. Elle commencera sa tournée à Amsterdam, en mai prochain. La galerie des vainqueurs est d’ores et déjà visible sur le site du concours.

 Alexis JACQUET



Robert Frank, un Suisse en Amérique

2 03 2009

EXPOSITION. Cinquante ans après sa sortie, le livre Les Américains fait l’objet d’une exposition au Jeu de Paume. Et les images de Robert Frank n’ont pas perdu de leur justesse.

frank-robert.jpgIl faut se méfier des gens trop calmes. Robert Frank est de ceux-là. Timide, poli, photographiant avec “l’étrange discrétion d’une ombre, des scènes qu’on avait jamais vu sur pellicule”, dira de lui l’écrivain Jack Kerouac, son éternel compagnon de vagabondage. Chez eux, la même passion des grands espaces, de la route, et des travers de l’Amérique.

Pourtant, l’histoire de Robert Frank commence à 6000 kilomètres de là, en Suisse. Né en 1924, il s’amourache de la photo aux côtés d’un retoucheur. Mais l’aventure l’attend de l’autre côté de l’Atlantique. Grâce à une bourse de la Fondation Guggenhein, il parcourt les Etats-Unis entre 1955 et 1956. Quatorze mois avec femme et enfants, au volant d’une vieille voiture d’occasion, de New-York à Las Vegas, du Texas à la Californie. Au total, 700 pellicules et 20000 instantanés. Il en tire 83 clichés seulement. Les Américains, son livre-monument, est né.

Mais son Amérique à lui ne fait plus rêver : inégalitaire, précaire, grise et désespérément seule. Ses photographies montrent les toilettes, les motels et les fast-food sordides. La carte postale de l’American way of life démystifiée par un petit routard à l’accent bizarre. “Avec cette petite caméra qu’il fait surgir et claquer d’une main, il a su tirer du cœur de l’Amérique un vrai poème de tristesse”, analyse Kerouac. “Et maintenant, il prend rang parmi les poètes tragiques de ce monde”.

Robert Frank établit les codes de la ”street photography”. Grain omniprésent, cadrages approximatifs, ou presque flous. Les photos semblent volées, sauvages, prises sans subjectivité. L’observateur est impassible, le public, ébranlé. Aujourd’hui, ces 83 clichés mythiques sont exposés à la galerie du Jeu de Paume (site Concorde). Et si les tirages ont un peu perdu de leur impertinence, l’exposition se justifie par son aspect documentaire, presque historique.

En regard, le Jeu de Paume présente une autre série. Celle-là est sur Paris. 79 photos plus anecdotiques, prises de loin, à la limite du surréalisme. De 1949 à 1952, Robert Frank joue les flâneurs, photographie bancs publics, fleuristes et jardins publics. L’ensemble est doux, mais ne séduit pas. Décidément, Frank reste le photographe de l’entrée de service plutôt que celui de la scène. Un portfolio de cette série sur Paris est visible sur lemonde.fr.

Alexis JACQUET

Exposition visible au Jeu de Paume, 1, place de la Concorde, Paris, 75008. Métro : Concorde. Du mercredi au vendredi, de 12 heures à 19 heures ; mardi jusqu’à 21 heures ; samedi et dimanche à partir de 10 heures. 7 € et 4 €. Jusqu’au 22 mars.



Sarajevo sur France Culture

5 02 2009

Dans un voyage radiophonique en trois volets, France Culture nous ouvre les portes de Sarajevo grâce au regard de Milomir Kovacevic, un photographe bosniaque exilé.

shadow_of_me.jpgC’est un voyage dans le temps que propose France Culture. Un voyage dans les souvenirs de la ville martyre de Sarajevo, fantasmée, meurtrie, abandonnée puis reconstruite. Avec plus de 30 000 clichés pris lors du siège de la ville, dans les années 90, le photographe bosniaque Milomir Kovacevic joue les guides.

Après avoir laissé pour l’histoire un témoignage des heures les plus noires de la Bosnie-Herzégovine, il fui la ville. Direction la France, et Paris. Mais il continue de travailler sur le sujet en photographiant des objets chers aux Sarajeviens exilés, comme lui. Une vision mélancolique de l’histoire torturée. Un lien, aussi, avec un pays qu’il aime encore, malgré tout. Une occasion, surtout, d’aborder le passé mais surtout l’avenir.

“Il fallait travailler doucement, sans presser les gens, confie Milomir Kovacevic. Je prenais rendez-vous chez eux. On buvait un verre… Certains savaient d’avance ce qu’ils voulaient me montrer, d’autres pas trop”. En octobre, près de 200 photographies de cette série ont été exposées à Sarajevo. Télérama en propose une sélection sur son site Internet. C’est à découvrir ici. Les émissions, elles, sont disponibles à l’écoute sur le site de France Culture.

Alexis JACQUET



L’année 2008 vue par le Parisien

31 12 2008

En guise de cadeau de fin d’année, le cru 2008 des clichés pris par les photographes du Parisien. Et l’ensemble, commenté par les intéressés.

julien-clerc.jpgPour bien commencer 2009, le journal Le Parisien propose de jeter un coup d’œil en arrière, sur 2008. Parmi ses 7000 reportages et ses 45000 photos, le quotidien en a retenu quatorze. Quatorze clichés, de l’Afghanistan au PSG, de Carla Bruni au Tour de France.

“Des images qui ont marqué l’année, qui ont fait parler d’elles, qui ont donné à réfléchir”, détaille Jean-François Dessaint, le rédacteur en chef photo. “Quelques images donc, parmi tant d’autres, pour rappeler le talent de nos photographes”. Et ça se passe par ici.

Mieux, sur ces quatorze photographies, cinq sont commentées par les professionnels qui les ont prises, en son et en vidéo. Ça s’appelle “ils racontent leurs images”, et ça se trouve juste là.

Au-delà des clichés en profite pour vous souhaitez de bonnes fêtes, et une nouvelle année remplie d’images.

Alexis JACQUET



Photojournalisme 2.0

26 12 2008

DECRYPTAGE. Alors que la presse écrite est en crise, le photojournalisme se trouve de nouveaux débouchés. Depuis quelques mois, plusieurs projets Internet font la part belle à la photographie.

Laurent NkundaPetit à petit, le photojournalisme fait sa place sur le Net et dans les récits multimédia. Depuis novembre 2008, l’organisation Médecins sans frontières a mis en ligne un “web documentaire”. En clair, un cocktail bien senti de vidéos, de photographies, de textes et de sons, pour rendre l’ensemble vivant, voire frappant. En effet, l’objectif d’Etat critique est clairement de faire campagne contre les violences de l’est du Congo, de “mettre un visage sur les souffrances”, explique le site Internet de l’ONG.

“Ce site sera alimenté pendant un an de données médicales, de témoignages, de photos, de séquences vidéo, afin que cette crise et le sort des populations ne retombent pas dans l’oubli. La situation à l’est du Congo n’est pas seulement difficile, elle est réellement critique.” Le témoignage n’est pas anodin. Médecins sans frontières est l’une des rares organisations à être présentes sur le terrain depuis les années 80. Et à y être encore aujourd’hui malgré les risques. L’occasion de recueillir les témoignages des principaux intéressés : Nyirabtyago, qui vit dans un camp de réfugiés, Petro, qui accueille depuis des années des déplacés dans sa maison, ou Anastasia, Albert et leurs huit enfants qui ont dû fuir leur village à cause des violences. ”Parce que ces personnes sont les mieux placées pour parler de leurs conditions de vie et de leurs besoins.”

Les photographies, elles, sont pour le moins parlantes. Prises par Cédric Gerbehaye (agence Vu), l’un des lauréats du World Press Photo, elles brillent d’un noir et blanc saisissant, contrasté à l’extrême, dans la plus pure tradition de la photographie de guerre. On y voit une femme au visage marqué et son bébé. Seuls, dans une grande pièce vide, sorte de dispensaire d’urgence figé sous l’oeil d’un crucifix. Une autre photo montre Laurent Nkunda et deux de ses hommes. Le général dissident est face à une table en bois, regard de défiance et chapeau de cowboy vissé sur la tête. La scène semble tirée d’un mauvais western. Kalachnikov et portable de frimeur en plus. Le film dure 11 minutes. Il est visible à l’adresse : www.etat-critique.be.

Autre pays, autre projet. Le site du journal Le Monde vient lui aussi de diffuser un autre récit multimédia de grande qualité. Une sorte de reportage dont vous êtes le héros. Les faits se passent en Chine, dans les mines de charbon, au coeur du moteur de la croissance chinoise. Le photojournaliste à la base du projet connaît bien le lieu. Il s’agit de Samuel Bollendorff, qui travaille sur cette problématique depuis de nombreuses années.

Le parti-pris est inédit : placer l’internaute dans la peau du journaliste. Il faut enquêter, suivre des pistes, rencontrer les mineurs, tout en évitant la police politique. Et faire des choix : chaque décision prise peut changer la tournure de ce voyage d’une vingtaine de minutes. Un scénario donc, mais basé sur des faits réels, et sur la propre enquête de Bollendorff. Ses clichés, d’ailleurs, agrémentent le reportage interactif. Une interview des deux créateurs de Voyage au bout du charbon est également disponible sur le site Le Monde.fr.

Alexis JACQUET



14 photojournalistes créent leur blog

9 12 2008

INITIATIVE. Depuis septembre 2004, la rédaction du Detroit News propose à son équipe de photographes de mettre en ligne les photos non publiées dans les colonnes du quotidien.

L’une des photographies publiées sur le Photo BlogOn trouve de bien jolies choses au fond des poubelles. Depuis quatre ans, les 14 photographes du Detroit News, l’un des quotidiens de la capitale industrielle américaine, mettent en ligne leurs clichés non publiés. “Ces photos, vous ne les verrez pas dans nos pages”, prévient le Photo Blog, spécialement dédié à ces “chutes”.

L’occasion de découvrir l’univers de ces petites mains de l’image, et notamment l’excellent travail de John T.Greilick, l’un des meilleurs photojournalistes de la rédaction, et l’un des premiers à avoir approvisionné le Photo Blog.

“Ce sont des images prises entre les reportages, ou prises en trop. Des images qui ont attirées l’oeil du photographe, par leur esprit, leur action, l’intérêt de leur contenu, ou leur valeur universelle”. Sans toutefois quitter les chemins de l’information, puisque chaque photo est intelligemment légendée, circonstanciée. Et même s’il s’agit parfois plus de belles images que d’images porteuses de sens, on se laisse prendre au jeu.

“Nous avons demandé à nos photographes de poster leurs favorites sur ce blog. Ensemble, elles vous donnent un aperçu de leur talent”. Pour la rédaction, il s’agit donc d’un hommage à ses photojournalistes, et pour l’internaute, de découvrir des images parfois prises avec plus de coeur, de liberté ou de folie que les habituelles photographies d’actualité.

Alexis JACQUET

Voir le Blog Photo du Detroit News



Visa pour l’image à Paris

30 10 2008

Visa au Grand RexExceptionnellement, Visa pour l’image quitte Perpignan pour Paris. Le 4 novembre, le plus célèbre des festivals de photojournalisme investit la salle du Grand Rex pour fêter ses 20 ans.

Une soirée exceptionnelle durant laquelle seront diffusés les 13 reportages qui ont le plus marqué les festivaliers au cours de ces deux décennies. Parmi les signatures, Paolo Pellegrin, Paul Fusco, Philip Blenkinsop ou Stanley Greene. En parallèle, plusieurs photo reportages historiques, sur mai 68, le Vietnam, ou plus récemment, les Jeux Olympiques de Pékin, seront présentés. La projection parisienne coûte 12, 70 euros.

Visa pour l’image accueille chaque année près de 150000 visiteurs et 3000 professionnels. Deux semaines en septembre pour découvrir le travail de photographes prometteurs ou aguerris. Le 20 octobre dernier, l’équipe de Visa pour l’image a même reçu un Lucie Award (le Spotlight award), un prestigieux prix photographique, pour son soutien au photojournalisme.

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Les 30 ans du Figaro Magazine au Luxembourg

6 06 2008

Pour ses trente ans, le Figaro Magazine s’expose sur les grilles du Sénat. 80 photographies qui divisent les politiques et les spectateurs (voir diaporama en fin d’article).

Le Figaro Magazine fête ses trente ans… en photo. Le supplément du Figaro, qui a publié 250 000 photographies en près de 1 500 numéros, souhaite affirmer “son goût du reportage photo et sa passion de l’actualité”, explique fièrement Cyril Drouhet, son rédacteur en chef photo.

Jusqu’au 15 juin, le Figaro Magazine expose 80 photos sur les grilles du SénatPour cela, le Figaro Magazine livre gratuitement, sur les grilles du Sénat à Paris, sa sélection des 80 clichés qui ont particulièrement marqué ces trente dernières années. Jusqu’au 15 juin 2008, un “hommage à tous les photojournalistes de courage et de talent qui, pour nos lecteurs, courent la planète à la recherche de l’image vérité”, explique Cyril Drouhet.

Concernant le choix des photographies, il ne s’agit pas forcément des photos marquantes de cette année. Mais plutôt “des images qui sont restées gravées dans notre esprit, par leur sujet, par leur beauté, par un « je ne sais quoi » qui tient au talent des photographes et à la qualité des instants fixés”.

Une exposition qui ne fait pas que des heureux. Le groupe communiste au Sénat a critiqué, le 6 mai, “un espace de publicitaire géant”. Une polémique qui parait artificielle et stérile au regard des images. Mais pour eux, “la promotion d’une seule presse, adoubée par le parti au pouvoir, est un signe inquiétant d’autoritarisme et une confirmation de volonté de réécrire l’histoire sociale et économique de l’après-guerre”.

Chez les visiteurs, les avis divergent également pour d’autres raisons. Certains sont choqués par la violence des images, d’autres la trouvent nécessaire. En tout cas, tous s’accordent sur la qualité des photographies.

Vidéo de l’exposition : les spectateurs sont divisés

Alexis JACQUET