Sortie : LaChapelle à la Monnaie

13 02 2009

IDÉE DE SORTIE. Au-delà des clichés revient sur les expositions à voir ou les rendez-vous à ne pas manquer. Des idées de sortie pour voir la photo plutôt que d’en parler!

lachapelle.jpgQui : David LaChapelle.

Quoi : C’est rose fluo, kitch et provocant, mais ça se passe à la Monnaie de Paris. Les salons de l’établissement séculaire accueillent la rétrospective David LaChapelle la plus complète jamais organisée à ce jour en France. Près de 200 clichés pris par le célébrissime photographe américain : portraits de stars, mais aussi mises en scène exposant les travers de la société de consommation américaine. Ou encore sa fameuse série le Déluge, variation sur le thème de la Chapelle Sixtine de Michel Ange. Pour la première fois en Europe, le public pourra découvrir la série Présages d’Innocence, réalisée en 2008. Une oeuvre mélant 2D et 3D, mais fortement inspirée du poème de William Blake Auguries of Innocence.

Où : Monnaie de Paris, 11 quai de Conti, 75006, Paris. Métro Pont neuf (ligne 7), St-Michel et Odéon (lignes 4 ou 10).

Quand : Du 6 février au 31 mai. Ouvert tous les jours de 10h30 à 19h. Nocturnes le lundi et vendredi jusqu’à 22h.

Combien : 10 €. Tarif réduit : 8 €.



Débat sur l’avenir du photojournalisme

10 02 2009

precarite-photo.jpgLe groupe de réflexion sur les médias Aqit organise un débat sur l’avenir du photojournalisme, jeudi 12 février, à Paris.

“Précarité ou qualité… Quel avenir pour le photojournalisme ?” C’est la question qui sera posée, jeudi 12 février, à Lorenzo Virgili. Photojournaliste depuis 15 ans, il est aussi membre de l’association FreeLens qui lutte contre la précarité dans la profession. Le débat est organisé par Aqit, dans le cadre des cafés de l’info, un rendez-vous débat mensuel.

Pratique. Rendez-vous à 20h, au Café Bistrot Saint Antoine. 58 rue du Faubourg Saint Antoine, Paris, 75012. Métro Bastille.

Alexis JACQUET



Sarajevo sur France Culture

5 02 2009

Dans un voyage radiophonique en trois volets, France Culture nous ouvre les portes de Sarajevo grâce au regard de Milomir Kovacevic, un photographe bosniaque exilé.

shadow_of_me.jpgC’est un voyage dans le temps que propose France Culture. Un voyage dans les souvenirs de la ville martyre de Sarajevo, fantasmée, meurtrie, abandonnée puis reconstruite. Avec plus de 30 000 clichés pris lors du siège de la ville, dans les années 90, le photographe bosniaque Milomir Kovacevic joue les guides.

Après avoir laissé pour l’histoire un témoignage des heures les plus noires de la Bosnie-Herzégovine, il fui la ville. Direction la France, et Paris. Mais il continue de travailler sur le sujet en photographiant des objets chers aux Sarajeviens exilés, comme lui. Une vision mélancolique de l’histoire torturée. Un lien, aussi, avec un pays qu’il aime encore, malgré tout. Une occasion, surtout, d’aborder le passé mais surtout l’avenir.

“Il fallait travailler doucement, sans presser les gens, confie Milomir Kovacevic. Je prenais rendez-vous chez eux. On buvait un verre… Certains savaient d’avance ce qu’ils voulaient me montrer, d’autres pas trop”. En octobre, près de 200 photographies de cette série ont été exposées à Sarajevo. Télérama en propose une sélection sur son site Internet. C’est à découvrir ici. Les émissions, elles, sont disponibles à l’écoute sur le site de France Culture.

Alexis JACQUET



Sortie : 101 photographes contre “DR”

27 01 2009

IDÉE DE SORTIE. Au-delà des clichés revient sur les expositions à voir ou les rendez-vous à ne pas manquer. Des idées de sortie pour voir la photo plutôt que d’en parler!

L’une des photographies d’AbbasQui : 101 photographes contre DR.

Quoi : En exposant leurs clichés gratuitement, 101 photographes dénoncent le recours de plus en plus systématique aux photos d’amateurs ou glanées sur Internet pour illustrer les colonnes des journaux. Ce fameux DR (Droits Réservés) que certains photojournalistes ont surnommé le “droit à rien”. Parmi eux, Abbas et Harry Gruyaert, deux grands noms de l’agence Magnum qui viendront soutenir cette initiative.

Où : Espace Saint-Martin, 199 bis rue Saint-Martin, 75003, Paris. Métro : Rambuteau, Les Halles ou Etienne Marcel.

Quand : Vendredi 30 janvier de 14h-18h et samedi 31 janvier de 9h-18h.

Combien : Entrée libre.



Patrick Baz vu par Patrick Baz

20 01 2009

DECRYPTAGE. Irak, Liban, Palestine… Depuis dix ans, Patrick Baz dirige le département Proche-Orient de l’Agence France Presse. Pour Au-delà des clichés, le photojournaliste a accepté de commenter certaines de ses photos les plus marquantes.

“Cette photo m’a marqué à vie. En 1985, je couvrais le détournement de l’avion de la TWA à l’aéroport de Beyrouth (Liban). En rentrant chez moi, j’ai entendu une explosion au cœur du quartier chrétien. Une voiture piégée… Alors j’ai suivi la colonne de fumée. En arrivant sur place, j’ai vu ce secouriste sortir un bébé des décombres. Une petite fille d’à peine trois mois en pyjama rose. J’ai pris la photo et je l’ai immédiatement envoyée à Paris. Sans la voir. J’ai découvert le cliché le lendemain, dans les journaux.

Puis d’autres événements sont arrivés. D’autres explosions, d’autres voitures piégées… Mais je n’ai jamais oublié cette petite fille, j’ai même pensé à la retrouver. Quand on fait ce métier, on a quelque peu l’impression de faire son pain sur le malheur des autres. Je cherche parfois à revoir les sujets de mes reportages. C’est une sorte de thérapie! Là, Je pensais qu’elle était morte…

Vingt ans plus tard, un homme a appelé l’AFP pour obtenir la photo. C’était le secouriste! On lui a donné mon nom, il m’a contacté par e-mail. Il m’a dit que le bébé devait être en vie! J’ai décidé de le retrouver en retournant dans le quartier. Un vrai flash-back : je marchais dans la même rue, j’aurais pu faire le trajet les yeux fermés. Finalement, j’ai réussi à retrouver sa trace grâce à des voisins. C’est sa mère qui m’a ouvert la porte. Je lui ai montré les photos, le bébé avait 21 ans… et ne se souvenait de rien. La mère, elle, était très émue.

Pour moi, le plus fabuleux a été de mettre en contact Joyce, la “petite fille”, et le secouriste. En fait, ce n’est pas moi l’histoire, c’est eux. Aujourd’hui, elle le considère comme son père adoptif. Moi, je n’ai fait qu’immortaliser leur rencontre.”

“Je ne supporte pas que l’on m’associe à cette photo. Tout simplement parce que ça n’en n’est pas une… C’est une merde, j’ai juste appuyé sur un bouton du balcon de mon hôtel. D’ailleurs, j’ai moi-même hésité à l’envoyer à l’agence! Mais c’était la première photo des bombardements de Bagdad, en 2003. Le lendemain, je faisais la une de tous les journaux du monde.

Rien que chez moi, je conserve plus d’une centaine de journaux avec cette photo en une, mais il doit y en avoir trois fois plus au moins. En fait, tout le monde attendait ce bombardement et les journaux se sont jetés sur la première. Plusieurs photographes ont fait le même cliché d’ailleurs. C’est un collègue, assis sur le même balcon, qui m’a dit “regarde là-bas!” en me montrant la boule de feu dans le ciel. Si ma photo a été publiée, c’est parce que j’avais les moyens de transmission que les autres n’avaient pas.

Au final, cette photo fait partie de ma vie, je ne peux pas la nier. Mais aujourd’hui, lorsque l’on prononce le nom de “Patrick Baz”, on pense à cette photo. Alors que c’est sans aucun doute l’une des plus mauvaises de ma carrière.”

“Cette photographie était une exclusivité lorsque je l’ai prise. La première des forces spéciales de la garde républicaine irakienne, l’armée de Saddam, en 2003. D’ailleurs, dès le lendemain, tous les médias du monde m’ont appelé pour savoir comment j’avais réussi à être “embedded” (embarqués) avec eux. La question est ridicule, ce n’est pas le genre de mecs avec qui on est embedded. Ce sont de vrais guerriers.

En fait, j’ai eu à peine trente minutes pour les prendre en photo. Et quand j’ai entendu les bombardiers américains se rapprocher, je me suis dépêché de fuir. En partant, j’ai été intercepté par les services du renseignement. Ils m’ont interrogé pendant plus de deux heures. Pendant ce temps, les photos étaient cachées dans mon caleçon! C’était un jour avant la chute du régime.”

Propos recueillis par Alexis JACQUET



Sortie : Arbus à la Fondation Kadist

8 01 2009

IDÉE DE SORTIE. Au-delà des clichés revient sur les expositions à voir ou les rendez-vous à ne pas manquer. Des idées de sortie pour voir la photo plutôt que d’en parler!

Les “jumelles” d’ArbusQui : Diane Arbus (rétrospective imprimée, 1960-1971).

Quoi : En matière de photographie, Diane Arbus est ce que l’Amérique a fait de moins attendu, de plus dérangeant, bref, de meilleur. Et la rétrospective visible à la Fondation Kadist est la première à Paris depuis plus de 30 ans. Les filles de la photographe veillent en effet farouchement sur le patrimoine de leur mère. Cette exposition présente uniquement les clichés d’Arbus publiés dans les magazines, tels Harper’s Bazaar, Esquire, Nova ou le The Sunday Times Magazine. Une occasion de découvrir, dans le contexte de publication original, ce savant mélange de familier et de bizarre qui dessine un portrait documentaire mais pas ordinaire de l’Amérique contemporaine.

Où : A la Kadist Art Foundation, 19bis - 21 rue des Trois Frères, 75018 (métro Anvers ou Abesses).

Quand : Du 6 décembre 2008 au 7 février 2008. Ouvert du jeudi au dimanche de 14h à 19h.

Combien : Entrée libre.



L’année 2008 vue par le Parisien

31 12 2008

En guise de cadeau de fin d’année, le cru 2008 des clichés pris par les photographes du Parisien. Et l’ensemble, commenté par les intéressés.

julien-clerc.jpgPour bien commencer 2009, le journal Le Parisien propose de jeter un coup d’œil en arrière, sur 2008. Parmi ses 7000 reportages et ses 45000 photos, le quotidien en a retenu quatorze. Quatorze clichés, de l’Afghanistan au PSG, de Carla Bruni au Tour de France.

“Des images qui ont marqué l’année, qui ont fait parler d’elles, qui ont donné à réfléchir”, détaille Jean-François Dessaint, le rédacteur en chef photo. “Quelques images donc, parmi tant d’autres, pour rappeler le talent de nos photographes”. Et ça se passe par ici.

Mieux, sur ces quatorze photographies, cinq sont commentées par les professionnels qui les ont prises, en son et en vidéo. Ça s’appelle “ils racontent leurs images”, et ça se trouve juste là.

Au-delà des clichés en profite pour vous souhaitez de bonnes fêtes, et une nouvelle année remplie d’images.

Alexis JACQUET



Photojournalisme 2.0

26 12 2008

DECRYPTAGE. Alors que la presse écrite est en crise, le photojournalisme se trouve de nouveaux débouchés. Depuis quelques mois, plusieurs projets Internet font la part belle à la photographie.

Laurent NkundaPetit à petit, le photojournalisme fait sa place sur le Net et dans les récits multimédia. Depuis novembre 2008, l’organisation Médecins sans frontières a mis en ligne un “web documentaire”. En clair, un cocktail bien senti de vidéos, de photographies, de textes et de sons, pour rendre l’ensemble vivant, voire frappant. En effet, l’objectif d’Etat critique est clairement de faire campagne contre les violences de l’est du Congo, de “mettre un visage sur les souffrances”, explique le site Internet de l’ONG.

“Ce site sera alimenté pendant un an de données médicales, de témoignages, de photos, de séquences vidéo, afin que cette crise et le sort des populations ne retombent pas dans l’oubli. La situation à l’est du Congo n’est pas seulement difficile, elle est réellement critique.” Le témoignage n’est pas anodin. Médecins sans frontières est l’une des rares organisations à être présentes sur le terrain depuis les années 80. Et à y être encore aujourd’hui malgré les risques. L’occasion de recueillir les témoignages des principaux intéressés : Nyirabtyago, qui vit dans un camp de réfugiés, Petro, qui accueille depuis des années des déplacés dans sa maison, ou Anastasia, Albert et leurs huit enfants qui ont dû fuir leur village à cause des violences. ”Parce que ces personnes sont les mieux placées pour parler de leurs conditions de vie et de leurs besoins.”

Les photographies, elles, sont pour le moins parlantes. Prises par Cédric Gerbehaye (agence Vu), l’un des lauréats du World Press Photo, elles brillent d’un noir et blanc saisissant, contrasté à l’extrême, dans la plus pure tradition de la photographie de guerre. On y voit une femme au visage marqué et son bébé. Seuls, dans une grande pièce vide, sorte de dispensaire d’urgence figé sous l’oeil d’un crucifix. Une autre photo montre Laurent Nkunda et deux de ses hommes. Le général dissident est face à une table en bois, regard de défiance et chapeau de cowboy vissé sur la tête. La scène semble tirée d’un mauvais western. Kalachnikov et portable de frimeur en plus. Le film dure 11 minutes. Il est visible à l’adresse : www.etat-critique.be.

Autre pays, autre projet. Le site du journal Le Monde vient lui aussi de diffuser un autre récit multimédia de grande qualité. Une sorte de reportage dont vous êtes le héros. Les faits se passent en Chine, dans les mines de charbon, au coeur du moteur de la croissance chinoise. Le photojournaliste à la base du projet connaît bien le lieu. Il s’agit de Samuel Bollendorff, qui travaille sur cette problématique depuis de nombreuses années.

Le parti-pris est inédit : placer l’internaute dans la peau du journaliste. Il faut enquêter, suivre des pistes, rencontrer les mineurs, tout en évitant la police politique. Et faire des choix : chaque décision prise peut changer la tournure de ce voyage d’une vingtaine de minutes. Un scénario donc, mais basé sur des faits réels, et sur la propre enquête de Bollendorff. Ses clichés, d’ailleurs, agrémentent le reportage interactif. Une interview des deux créateurs de Voyage au bout du charbon est également disponible sur le site Le Monde.fr.

Alexis JACQUET



Sortie : Klavdij Sluban à l’hôtel de Sauroy

16 12 2008

IDÉE DE SORTIE. Au-delà des clichés revient sur les expositions à voir ou les rendez-vous à ne pas manquer. Des idées de sortie pour voir la photo plutôt que d’en parler!

Klavdij Sluban exposé à ParisQui : Klavdij Sluban (Autres rivages, la mer Baltique).

Quoi : La patte Sluban est immédiatement reconnaissable : un zeste de lumière, une touche de contraste, un univers bien particulier et une bonne dose d’humanité fait le reste. Difficile de parler du photographe franco-slovène sans aborder son travail. De nombreux sujets en Europe de l’Est, autour de la mer noire, dans les Balkans, une atmosphère froide qu’il connait bien pour y avoir passé son enfance. Du temps, aussi, pour s’imprégner au mieux des choses et des gens. Et au final, un travail documentaire à la mesure de son talent.

Où : A l’Hôtel de Sauroy, 58 rue Charlot, 75003 (métro Temple).

Quand : Du 15 novembre 2008 au 24 décembre 2008, dans le cadre du Mois de la Photo. Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 14h30 à 18h30 et le jeudi jusqu’à 21h.

Combien : Entrée libre.



14 photojournalistes créent leur blog

9 12 2008

INITIATIVE. Depuis septembre 2004, la rédaction du Detroit News propose à son équipe de photographes de mettre en ligne les photos non publiées dans les colonnes du quotidien.

L’une des photographies publiées sur le Photo BlogOn trouve de bien jolies choses au fond des poubelles. Depuis quatre ans, les 14 photographes du Detroit News, l’un des quotidiens de la capitale industrielle américaine, mettent en ligne leurs clichés non publiés. “Ces photos, vous ne les verrez pas dans nos pages”, prévient le Photo Blog, spécialement dédié à ces “chutes”.

L’occasion de découvrir l’univers de ces petites mains de l’image, et notamment l’excellent travail de John T.Greilick, l’un des meilleurs photojournalistes de la rédaction, et l’un des premiers à avoir approvisionné le Photo Blog.

“Ce sont des images prises entre les reportages, ou prises en trop. Des images qui ont attirées l’oeil du photographe, par leur esprit, leur action, l’intérêt de leur contenu, ou leur valeur universelle”. Sans toutefois quitter les chemins de l’information, puisque chaque photo est intelligemment légendée, circonstanciée. Et même s’il s’agit parfois plus de belles images que d’images porteuses de sens, on se laisse prendre au jeu.

“Nous avons demandé à nos photographes de poster leurs favorites sur ce blog. Ensemble, elles vous donnent un aperçu de leur talent”. Pour la rédaction, il s’agit donc d’un hommage à ses photojournalistes, et pour l’internaute, de découvrir des images parfois prises avec plus de coeur, de liberté ou de folie que les habituelles photographies d’actualité.

Alexis JACQUET

Voir le Blog Photo du Detroit News