Le ras-le-bol des surveillants

20 06 2008

La surpopulation carcérale atteint des records en France. Au premier juin, près de 63 838 personnes étaient incarcérées pour 50 746 places, le plus haut niveau depuis juillet 2004. Dans ce contexte, le principal syndicat des surveillants péntientiaires, l’Ufap-Unsa, appelait aujourd’hui à une journée de mobilisation devant les prisons pour protester contre la surpopulation carcérale.

A la maison d’arrêt de la Santé à Paris, le taux d’occupation est de 120 %. Manuel y travaille depuis neuf ans. Il raconte quels problèmes cela pose au quotidien

Témoignage d’un surveillant de la prison de la Santé



“Numérus Circus”, pour se moquer de la surpopulation carcérale

5 05 2008

 

 

 

Numerus Circus au Théâtre des Bouffes du NordLe collectif, Trop c’est trop, qui milite pour l’application de l’encellulement individuel, organise une grande soirée pour lutter contre la surpopulation carcérale. C’est ce soir, au théâtre des Bouffes du Nord, à 20 heures, avec un spectacle intitulé Numérus Circus. De nombreux artistes ont participé à l’écriture des textes. Parmi les têtes d’affiches figurent les Têtes Raides, ou encore Bertrand Tavernier. Le choix du cirque n’est sans doute pas anodin. L’association demande la mise en œuvre du numérus clausus, afin de lutter contre la surpopulation carcérale. Rappelons que le principe, un par cellule, a été adopté par nos parlementaires en 2003, et devrait rentrer en vigueur le 15 juin prochain. Mais dans les conditions actuelles de détention, l’objectif est irréalisable. Autrement dit, un vaste cirque.

Infos pratiques :

Ouverture des portes à 19 h (spectacle à 20h)

Locations : sur place ou par téléphone au 01 46 07 34 50 et Fnac.
Tarif unique : 14 €

Théâtre des Bouffes du Nord 37 bis, bd de la Chapelle 75010 Paris - M°La Chapelle

 



Sans nomination, pas de contrôleur des prisons

30 04 2008

OIPIl faut remonter dans les archives de Prison Blog au mois de novembre pour retrouver un article sur le contrôleur général des prisons. A l’époque, les acteurs politiques, judiciaires et pénitentiaires se félicitaient de la création de ce poste, reconnu comme une avancée malgré les limites opposées à la loi.

Depuis le 31 octobre, date de publication de la loi au Journal officiel, aucun nom n’a été dévoilé pour occuper désigner le contrôleur général des lieux de privations de liberté. De fait, la fonction reste vacante et donc inopérante.

C’est pourquoi, l’Observatoire international des prisons, a adressé une lettre ouverte au Président de la République pour réclamer la nomination rapide du contrôleur général des prisons.

Le document, publié sur le site de l’OIP, a été co-signé par de nombreuses associations et ONG intervenant en milieu carcéral, auxquelles se joignent le SNEPAP (Syndicat national de l’ensemble des personnels de l’administration pénitentiaire) et syndicat de la magistrature UGSP-CGT (Union générale des syndicats pénitentiaires CGT).



Melun soigne ses délinquants sexuels

30 04 2008

 

Encore un fait divers qui relance le débat. Une jeune étudiante suédoise de 19 ans a été tuée la semaine dernière. Un homme a été mis en examen dans cette affaire sous plusieurs chefs d’accusation : “enlèvement et séquestration suivi de la mort de la victime, vol de deux cartes bancaires et escroquerie et tentatives, le tout en état de récidive légale”, punissables de la réclusion criminelle à perpétuité.

L’homme suspecté a déjà passé plus de vingt ans en prison pour des crimes sexuels (viols, atteintes sexuelles) parfois accompagnés d’enlèvement. Il s’agirait d’un nouveau cas de récidive de délinquant sexuel, ce qui pose la délicate question de la prise en charge de ces personnes lors de leur incarcération.

Le Monde offre un éclairage intéressant sur ce point avec l’exemple de la prison de Melun. Face à la surreprésentation des délinquants sexuels dans cet établissement, l’ensemble des services ont mis en place un parcours de soin pour le condamné qui demande à en bénéficier. Un exemple de prise en charge pendant la peine encore rare dans les prisons françaises, comme l’affirme Alain Salles : ” Melun est hors norme pour l’administration pénitentiaire.” En tout cas, une lecture intéressante, alors que l’on fait déjà du suspect un candidat à la rétention de sûreté.

E.L



Plaidoyer contre la rétention de sûreté

29 04 2008

Thomas Lacoste est un récidiviste. Après un documentaire sur la réforme des universités, le réalisateur militant se sert à nouveau de l’image pour demander cette fois, l’abolition de la loi sur la rétention de sûreté.

Pendant 68 minutes, le réalisateur revient sur les six années de “populisme pénal”, marquée par un durcissement de la loi qui trouve son aboutissement dans la rétention de sûreté.

Le documentaire est évidemment à charge, venant d’un auteur membre de l’autre campagne, collectif qui s’emploie à déconstruire le discours et la politique de Nicolas Sarkozy.

Mais on ne peut que relever la diversité et la qualité des intervenants (historien, juge de l’application des peines, avocat, conseillère d’insertion et de probation (CIP), représentants des syndicats des personnels de l’administration pénitentiaire et de la magistrature, psychiatre), qui font de Rétention de Sûreté, Une peine infinie, un document que Prison Blog ne pouvait ignorer.

E.L

RETENTION DE SÛRETE - CHAPITRE I

RETENTION DE SÛRETE - CHAPITRE II

RETENTION DE SÛRETE - CHAPITRE III

 

RETENTION DE SÛRETE - CHAPITRE IV

Mention obligatoire :

Pour soutenir cette initiative et les futurs opus de la série “Réfutations” vous pouvez acheter le DVD 12 € (frais de port inclus) par paiement en ligne www.lautrecampagne.org ou par chèque à l’ordre de L’Autre association, 3, rue des Petites Ecuries, F-75010 Paris.

 

 



L’insertion par le travail, c’est aussi pour les détenus

3 04 2008

Exemple d'un atelier pénitentiaire

Un passage en prison se solde souvent par une deuxième peine : le chômage. Faciliter l’insertion socioprofessionnelle représente donc un enjeu pour l’administration pénitentiaire et les associations qui viennent en aide aux détenus après avoir accompli leur peine.

Le Grenelle de l’Insertion, consacre une journée spéciale de concertation sur l’insertion professionnelle des détenus. Elle aura lieu les 10 et 11 avril prochains à Toulouse, en présence du haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, de la Garde des Sceaux, Rachida Dati, et de la présidente de la Fnars (Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale), Nicole Maestracci.

A cette occasion, le haut commissariat aux Solidarités actives, a mis en ligne une documentation abondante sur le travail pénitentiaire. Un dossier consacré à ce sujet sur le site du ministère de la Justice, vient d’être également mis à jour.

Plus de 15 000 détenus travaillent en prison. Certains participent au fonctionnement et à l’entretien de l’établissement, d’autres sont affectés à des tâches diverses (menuiserie, confection, imprimerie, agriculture …) organisés par les Services de l’emploi pénitentiaire en charge des prestations avec les entreprises privées. Ils perçoivent une rémunération mais ne disposent pas de contrat de travail, pratique qui instaure un “régime spécial” pour le travail pénitentiaire, en dehors du code du travail.



Comment Rachida Dati a mis de côté la loi pénitentiaire

20 03 2008

Après une longue absente, me voici de retour avec une enquête sur la loi pénitentiaire

publiée sur le site d’information Bakchich

prison-photo-dr.jpgAttendue et annoncée, la loi pénitentiaire devait être présentée à l’Assemblée nationale en décembre. La ministre de la Justice n’a toujours pas respecté sa promesse. Un retard inexpliqué qui laisse planer le doute sur le contenu du texte à venir

Il y a des promesses de campagne non tenues qu’on ne cesse de rappeler à Nicolas Sarkozy. La loi pénitentiaire n’en fait pas parti. Pourtant le candidat s’était engagé clairement en 2006, à la suite des Etats généraux de la condition pénitentiaire : une fois président, les députés devront voter une loi pour améliorer la vie en milieu carcéral.
Dans le calendrier prévisionnel des travaux de l’Assemblée, Roger Karoutchi, secrétaire d’Etat au Parlement prévoit un examen du texte en décembre 2007. Depuis, la prison ne figure toujours pas à l’ordre du jour des députés. Rachida Dati affirme ne pas avoir oublié le dossier. Il serait en cours de rédaction à la Chancellerie pour une présentation au cours du premier semestre 2008, a-t-elle déclaré en janvier lors de la présentation de ses vœux. En mars, interrogée sur les délais au micro de RTL, la ministre de la Justice répondait avec la même imprécision. Lire la suite »



Premiers remous dans les EPM

5 02 2008

Voilà une info passée totalement inaperçu. Libération publie sur sa home page un article sur le premier suicide en établissements pour mineurs (EPM), à Meyzieu. Le week-end dernier, deux mineurs se sont évadés de l’EPM de Marseille.

Ces deux incidents soulèvent quelques interrogations concernant la prise en charge des mineurs en milieu carcéral. Les EPM ont été crées par la loi de programmation du 9 septembre 2002, qui prévoit au total la construction de 13 200 nouvelles places pour majeurs et mineurs. Dans ce cadre, quatre constructions d’EPM ont été lancées, dont le premier a été inauguré à Meyzieu, le 9 mars 2007 par l’ancien Garde des Sceaux, Pascal Clément. Trois nouveaux EPM devraient être livrés d’ici la fin de l’année.

Interrogé par PlusNews.fr, Claude d’Harcourt, directeur de l’administration pénitentiaire décrit les EPM comme un “lycée à l’intérieur de la prison”.

Mais les personnels ne semblent pas être de cet avis. En juin 2002, les éducateurs ont marqué l’inauguration de l’EPM de Lavaur (Tarn) en faisant grève pour dénoncer les conditions insuffisantes de prise en charge des mineurs délinquants. L’article de Libélyon est donc d’une lecture intéressante, car au delà du drame, il met en évidence le quotidien de ces établissements oubliés depuis leur ouverture.

E.L



“La prison ne devrait être que la privation de liberté”

24 01 2008

Philippe Vigier

Quelle est la relation entre les juges et la prison ? Pour répondre à cette question, Prison Blog a rencontré Philippe Vigier, ancien juge d’application des peines, responsable de la formation application des peines à l’Ecole Nationale de la Magistrature à Bordeaux.

Prison Blog : Comment sont sensibilisés les futurs magistrats aux questions pénitentiaires ?

Philippe Vigier : Durant leur deux ans de formation, les étudiants doivent faire un stage obligatoire dans un établissement pénitentiaire. Les suites de l’affaire Outreau ont conduit à revoir la formation des magistrats, en accentuant les enseignements sur les droits de la défense et des avocats. Le module spécifique à ces thèmes est passé de deux à six mois avec une enveloppe inchangée. Il a fallu réduire ailleurs. Le stage pénitentiaire en a fait les frais et les étudiants ne passent plus qu’une semaine en prison dans la peau d’un surveillant.
Lire la suite »



La rétention de sûreté adoptée malgré les critiques

10 01 2008

La bataille s’annonçait rude pour Rachida Dati, elle vient de gagner le premier round. Les députés ont adopté le 10 janvier, le projet de loi de la Garde des Sceaux instaurant une rétention de sûreté pour les criminels dangereux, au terme de débats houleux à l’Assemblée.

Déjà lors de la présentation du projet de loi en Conseil des ministres le 28 novembre, les détracteurs à la rétention de sûreté avaient appelé au rassemblement contre le texte de Rachida Dati. L’opposition n’est pas parvenue à empêcher le vote du projet de loi, présenté en urgence à l’Assemblée. Le texte sorti de l’hémicyle a même été durci par quelques amendements. Il concerne les criminels les plus “dangereux” condamnés au minimum à 15 ans d’emprisonnement pour des délits sexuels sur mineurs, ou pour des crimes particulièrement “odieux” (actes de barbarie…).

En pratique, le juge au moment de la condamnation devra inscrire à la peine la possibilité d’évaluer la dangerosité d’un détenu un an avant sa sortie, une mesure basée essentiellement sur une expertise psychiatrique. Si le détenu est considéré comme dangereux, il pourra être retenu dans un centre médicosocial pour une durée indéterminée. Sa situation sera réexaminée tous les ans.

“Une remise en cause du droit”

A gauche comme à droite, de nombreuses critiques se sont levées contre ce texte. Pour Robert Badinter, il s’agit d’une remise en cause de l’esprit du droit français où la condamnation à la privation de liberté ne peut être établie que sur des faits commis et non une dangerosité potentielle. Reçu au journal de 20h de France 2 le 7 janvier, l’ancien Garde des Sceaux explique pourquoi il s’oppose au projet.

Lire la suite »