Sans nomination, pas de contrôleur des prisons

30 04 2008

OIPIl faut remonter dans les archives de Prison Blog au mois de novembre pour retrouver un article sur le contrôleur général des prisons. A l’époque, les acteurs politiques, judiciaires et pénitentiaires se félicitaient de la création de ce poste, reconnu comme une avancée malgré les limites opposées à la loi.

Depuis le 31 octobre, date de publication de la loi au Journal officiel, aucun nom n’a été dévoilé pour occuper désigner le contrôleur général des lieux de privations de liberté. De fait, la fonction reste vacante et donc inopérante.

C’est pourquoi, l’Observatoire international des prisons, a adressé une lettre ouverte au Président de la République pour réclamer la nomination rapide du contrôleur général des prisons.

Le document, publié sur le site de l’OIP, a été co-signé par de nombreuses associations et ONG intervenant en milieu carcéral, auxquelles se joignent le SNEPAP (Syndicat national de l’ensemble des personnels de l’administration pénitentiaire) et syndicat de la magistrature UGSP-CGT (Union générale des syndicats pénitentiaires CGT).



Melun soigne ses délinquants sexuels

30 04 2008

 

Encore un fait divers qui relance le débat. Une jeune étudiante suédoise de 19 ans a été tuée la semaine dernière. Un homme a été mis en examen dans cette affaire sous plusieurs chefs d’accusation : “enlèvement et séquestration suivi de la mort de la victime, vol de deux cartes bancaires et escroquerie et tentatives, le tout en état de récidive légale”, punissables de la réclusion criminelle à perpétuité.

L’homme suspecté a déjà passé plus de vingt ans en prison pour des crimes sexuels (viols, atteintes sexuelles) parfois accompagnés d’enlèvement. Il s’agirait d’un nouveau cas de récidive de délinquant sexuel, ce qui pose la délicate question de la prise en charge de ces personnes lors de leur incarcération.

Le Monde offre un éclairage intéressant sur ce point avec l’exemple de la prison de Melun. Face à la surreprésentation des délinquants sexuels dans cet établissement, l’ensemble des services ont mis en place un parcours de soin pour le condamné qui demande à en bénéficier. Un exemple de prise en charge pendant la peine encore rare dans les prisons françaises, comme l’affirme Alain Salles : ” Melun est hors norme pour l’administration pénitentiaire.” En tout cas, une lecture intéressante, alors que l’on fait déjà du suspect un candidat à la rétention de sûreté.

E.L



Plaidoyer contre la rétention de sûreté

29 04 2008

Thomas Lacoste est un récidiviste. Après un documentaire sur la réforme des universités, le réalisateur militant se sert à nouveau de l’image pour demander cette fois, l’abolition de la loi sur la rétention de sûreté.

Pendant 68 minutes, le réalisateur revient sur les six années de “populisme pénal”, marquée par un durcissement de la loi qui trouve son aboutissement dans la rétention de sûreté.

Le documentaire est évidemment à charge, venant d’un auteur membre de l’autre campagne, collectif qui s’emploie à déconstruire le discours et la politique de Nicolas Sarkozy.

Mais on ne peut que relever la diversité et la qualité des intervenants (historien, juge de l’application des peines, avocat, conseillère d’insertion et de probation (CIP), représentants des syndicats des personnels de l’administration pénitentiaire et de la magistrature, psychiatre), qui font de Rétention de Sûreté, Une peine infinie, un document que Prison Blog ne pouvait ignorer.

E.L

RETENTION DE SÛRETE - CHAPITRE I

RETENTION DE SÛRETE - CHAPITRE II

RETENTION DE SÛRETE - CHAPITRE III

 

RETENTION DE SÛRETE - CHAPITRE IV

Mention obligatoire :

Pour soutenir cette initiative et les futurs opus de la série “Réfutations” vous pouvez acheter le DVD 12 € (frais de port inclus) par paiement en ligne www.lautrecampagne.org ou par chèque à l’ordre de L’Autre association, 3, rue des Petites Ecuries, F-75010 Paris.

 

 



L’insertion par le travail, c’est aussi pour les détenus

3 04 2008

Exemple d'un atelier pénitentiaire

Un passage en prison se solde souvent par une deuxième peine : le chômage. Faciliter l’insertion socioprofessionnelle représente donc un enjeu pour l’administration pénitentiaire et les associations qui viennent en aide aux détenus après avoir accompli leur peine.

Le Grenelle de l’Insertion, consacre une journée spéciale de concertation sur l’insertion professionnelle des détenus. Elle aura lieu les 10 et 11 avril prochains à Toulouse, en présence du haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, de la Garde des Sceaux, Rachida Dati, et de la présidente de la Fnars (Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale), Nicole Maestracci.

A cette occasion, le haut commissariat aux Solidarités actives, a mis en ligne une documentation abondante sur le travail pénitentiaire. Un dossier consacré à ce sujet sur le site du ministère de la Justice, vient d’être également mis à jour.

Plus de 15 000 détenus travaillent en prison. Certains participent au fonctionnement et à l’entretien de l’établissement, d’autres sont affectés à des tâches diverses (menuiserie, confection, imprimerie, agriculture …) organisés par les Services de l’emploi pénitentiaire en charge des prestations avec les entreprises privées. Ils perçoivent une rémunération mais ne disposent pas de contrat de travail, pratique qui instaure un “régime spécial” pour le travail pénitentiaire, en dehors du code du travail.