Sans nomination, pas de contrôleur des prisons
30 04 2008
Il faut remonter dans les archives de Prison Blog au mois de novembre pour retrouver un article sur le contrôleur général des prisons. A l’époque, les acteurs politiques, judiciaires et pénitentiaires se félicitaient de la création de ce poste, reconnu comme une avancée malgré les limites opposées à la loi.
Depuis le 31 octobre, date de publication de la loi au Journal officiel, aucun nom n’a été dévoilé pour occuper désigner le contrôleur général des lieux de privations de liberté. De fait, la fonction reste vacante et donc inopérante.
C’est pourquoi, l’Observatoire international des prisons, a adressé une lettre ouverte au Président de la République pour réclamer la nomination rapide du contrôleur général des prisons.
Le document, publié sur le site de l’OIP, a été co-signé par de nombreuses associations et ONG intervenant en milieu carcéral, auxquelles se joignent le SNEPAP (Syndicat national de l’ensemble des personnels de l’administration pénitentiaire) et syndicat de la magistrature UGSP-CGT (Union générale des syndicats pénitentiaires CGT).
Catégories : Prisons, Politique pénale et pénitentiaire



Le 28 novembre, la Garde des Sceaux Rachida Dati a présenté en Conseil des ministres un projet de loi sur les criminels dangereux. Cette loi fait échos a deux faits divers très médiatisés : le viol d’un garçon de 5 ans par Francis Evrard, un pédophile sortant de prison; le meurtre d’une infirmière et d’une aide-soignante par Romain Dupuy, un schizophrène dont le non-lieu a été frappé d’appel. Sur cette affaire, Nicolas Sarkozy avait publiquement souhaité que l’irresponsabilité pénale, qui empêche une personne d’être jugée si elle est considérée démente aux moments des faits, soit levée afin d’assurer un procès aux victimes.
La loi instituant un contrôleur général des lieux de privation de liberté a été publiée au Journal Officiel du 31 octobre. Sur le papier, une petite révolution, en pratique l’action du contrôleur des prisons risque d’être limitée.
Mardi dernier, Arte consacrait son Thema aux alternatives à la prison avec un documentaire de Philippe Borrel intitulé “Prison à domicile”. En 54 minutes le réalisateur propose une enquête approfondie sur le port du bracelet électronique, dispositif consacré par la loi française du 12 décembre 2005. A travers deux exemples, celui d’un agriculteur condamné pour récidive de conduite en état d’ivresse et d’un jeune homme impliqué dans un trafic de stupéfiant, ce documentaire permet de cerner les bienfaits mais aussi les méfaits de cette prison mentale. Une enquête impartiale qui nous ménera aux Etats-Unis, pays où le placement sous surveillance électronique est plus ancien. En France, 2 071 personnes étaient concernées par ce dispositif au 1er octobre 2007.





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