Quand la loi pénitientiaire promise et attendue verra-t-elle le jour?
C’est une question de plus en plus obscure. Initialement prévue pour décembre 2007 Rachida Dati annonçait son report pour une présentation éventuel au premier semestre 2008. (En attendant la loi pénitentiaire, Volume 1)
Lors la présentation de ses voeux le 7 janvier à la Chancellerie, la Garde des Sceaux a indiqué que la “modernisation du système pénitentiaire” est le troisième objectif de son ministère pour 2008, après la poursuite de la réforme de la carte judiciaire et de diverses dispositions pénales. Elle n’a pas préciser une date pour la présentation du projet de loi, alors que le calendrier de mise en place de la nouvelle carte judiciaire est déjà fixé.
La ministre de la Justice évoque vaguement les objectifs de la future loi pénitentiaire ” actuellement en cours de rédaction [qui] fixera le nouveau cadre de notre politique pénitentiaire” et permettrade “mieux prendre en compte la spécificité des missions du personnel de l’administration pénitentiaire”.
Au programme également de l’année 2008 en matière judiciaire : la révision du code pénal et la refondation de l’ordonnance sur les mineurs de 1945.
Pour l’ensemble de l’agenda du ministère je vous laisse écouter les voeux de Rachida Dati et vous présente par la même occasion les miens !
Etre femme en prison, c’est la délicate question posée par Arte ce soir, qui consacre son Thema à une soirée spéciale intitulée “Prisons de femmes”. La chaîne propose dès 21 heures trois documentaires pour décrire la situation des femmes incarcérees en France, en Allemagne et au Brésil. Au programme :
- “Je suis une meurtrière” , documentaire de 52 mn réalisé par Lutz G. Wetzel qui décrit “la prison au quotidien dans l’établissement pénitentiaire pour femmes” de Vechta en Allemagne
- “Elles parlent avec les poings” à 21h55, une enquête de Catherine Menschner pour étudier la détentions des mineures en comparant les situations françaises et allemandes où la majorité pénale n’est atteinte qu’à 21 ans
- “Les belles du pénitencier”, reportage de David Notman-Watt, Nicole Macheroux-Denaul à Rio de Janeiro où les brésiliennes incarcérées organisent un concours de beauté dans l’enceinte de la prison.
En France sur les 62 009 personnes incarcérées au 1er décembre 2007, 2 294 sont des femmes. Elles représentent 3,7% de la population carcérale.
Tous les jeudis, Yann Leglas joue au Trivial Poursuit. Avec des détenus. Depuis plus d’un an, cet étudiant en sciences politiques à Bordeaux de 23 ans est membre du Groupement d’étudiants national d’éducation aux personnes incarcérées (GENEPI). Avec ses camarades il intervient dans les prisons. Certains donnent des cours, d’autres proposent des activités sportives et ludiques. Calme, presque timide, le jeune homme a eu connaissance de cette action par une amie en droit déjà engagée. Séduit par « le discours construit » de l’association, il s’est intéressé à ce monde particulier de l’univers carcéral.
De sa première visite en prison, il retient des images : « Nous avons eu accès à tous les bâtiments, j’ai vu les quartiers disciplinaires, c’est hyper impressionnant. Pénétrer dans une prison, c’est entrer dans une ambiance, close par les grands murs d’enceinte, entendre les bruits des parloirs sauvages et des détenus qui hurlent, sentir les odeurs de bouffe, apercevoir quelques enfants dans la nurserie au travers des grilles du quartier des femmes. » Lire la suite »
Plus d’un an après la dernière visite en prison du Comité européen de prévention de la torture (CPT), le rapport de l’autorité européenne n’est toujours pas rendu public par le gouvernement français. Pourtant, le Monde a réussi à filtrer l’information et dévoile dans son édition du 6 décembre certaines conclusions du CPT.
Lors de leur dernière visites les inspecteurs auraient alors relevé des dysfonctionnements dans l’accès au soin des personnes incarcérées et dénoncent l’entravement des détenus particulièrement surveillés (DPS) qui bénéficient de mesure de sécurité renforcée.
Le CPT pointe également du doigt le traitement réservé aux détenus atteints de troubles psychiatriques graves, ou encore le recours abusif à l’isolement en quartier disciplinaire.
Ces révélations ont conduit le journal à prendre position dans son édition du 7 décembre par un éditorial intitulé “Indignité carcérale”, dont la rédaction espère qu’elle prendra fin avec la présentation de la loi pénitentiaire, normalement prévue pour la fin de l’année.
Le 28 novembre, la Garde des Sceaux Rachida Dati a présenté en Conseil des ministres un projet de loi sur les criminels dangereux. Cette loi fait échos a deux faits divers très médiatisés : le viol d’un garçon de 5 ans par Francis Evrard, un pédophile sortant de prison; le meurtre d’une infirmière et d’une aide-soignante par Romain Dupuy, un schizophrène dont le non-lieu a été frappé d’appel. Sur cette affaire, Nicolas Sarkozy avait publiquement souhaité que l’irresponsabilité pénale, qui empêche une personne d’être jugée si elle est considérée démente aux moments des faits, soit levée afin d’assurer un procès aux victimes. Lire la suite »
Mardi 27 novembre, France Culture consacre son émission Travaux Publics, en direct et en public, au monde carcéral.
Pour intervenir sur le sujet “La Justice en ébullition…Et les prisons?” de 18h30 à 19h30, seront présentes :
- Hélène BELLANGER, auteur de “Vivre en prison” paru cette année chez Hachette Littérature
- Dominique BOH-PETIT, avocate pénaliste, membre de l’Observatoire International des Prisons
J’ai également été conviée à cette émission pour une modeste participation … Raison de plus pour y prêter une oreille attentive !
Pour assister à l’émission en public, rendez-vous mardi 27 novembre à partir de 18 heures, au café El Sur, 35 Boulevard Saint-Germain dans le 5ème arrondissement à Paris (Métro Maubert-Mutualité)
Le Groupe National de Concertation Prison (GNCP) regroupant des associations intervenants en prison, organise les 14èmes Journées Nationales Prison du 19 au 25 novembre 2007 avec pour thème “La prison c’est pas automatique!”. Il s’agit d’un événement national qui donnera lieu à de nombreuses manifestations en France.
En parallèle le GENEPI organise le 19 novembre 2007 la Journée Parlement Prison lors de laquelle les parlementaires sont invités à exercer leur droit de visite en prison, crée par la loi du 15 juin 2000. Là encore toutes les infos sont disponibles sur le site du GENEPI.
Ces deux actions ont pour but de sensibiliser l’opinion publique sur le problème des prisons en France, souvent qualifiée de “honte de la République.” C’est d’ailleurs le titre du documentaire réalisé par Bernard Georges, “Prison, la honte de la République”, diffusé en novembre 2006 sur Canal +, dans le cadre des Etats Généraux de la condition pénitentiaire.
Voici l’intégralité de ce documentaire constitué d’archives, de témoignages et de fiction, l’auteur n’ayant pu filmer à l’intérieur des murs. Cela n’enlève rien à la force des images et au travail d’enquête qui aborde les grandes problématiques du monde carcéral (surpopulation et promiscuité, délabrement des locaux, accès aux soins, incarcération des malades mentaux, le travail en prison, la sexualité, la réinsertion …), tout en donnant la parole à l’ensemble des acteurs : détenus, surveillant, famille, médecins et politiques.
74 minutes. C’est long, mais sans doute pas inutile.
Leur statut les empêche de manifester ou de se mettre en grève. Il aura donc coûté une journée de congé aux plus de 2000 surveillants pénitentiaires descendus dans les rues de Paris le 8 novembre, pour faire entendre leurs revendications à la Chancellerie. Plus de considération, plus de sécurité, un meilleur salaire, trois motifs de grogne qui alimentent la colère de ceux qui subissent et dénoncent la surpopulation carcérale.
“Quelle société pourrait se passer de vous?”, tel est le slogan qui clôture la campagne de recrutement de 1 400 nouveaux surveillants pénitentiaires. Les manifestants ont rappelé que les prochains débats, ne se feront pas sans eux. Rachida Dati est avertie. La préparation de la future loi pénitentiaire devra prendre en compte les conditions de travail de près de 27 000 matons.
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