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Ouest-France 30/08/2007
Une aventure humaine et cinématographique
Mardi soir, environ 250 personnes ont assisté à l’avant-première de Retour en Normandie, de Nicolas Philibert. Une projection pleine d’émotion.
« Votre film est plein d’humanité ». C’est une spectatrice qui le dit, mais l’assemblée acquiesce. Mardi soir, l’occasion de découvrir le Retour en Normandie de Nicolas Philibert ainsi que de parler avec les acteurs était trop belle. Environ 250 personnes ne s’y sont pas trompées et sont venues voir ce film… Déroutant. Et magnifique. Le retour en Normandie de Nicolas Philibert n’a pas été planifié. « Je suis revenu de manière fugitive dans la région en 2000 et j’avais déjà un peu l’idée de ce film. »
En 2005, très simplement, il est retourné voir les acteurs normands du film de René Allio, Moi, Pierre Rivière… Onze semaines de tournage dans le Bocage ont permis de saisir les instants de vie de ces acteurs improbables. Chez Nicolas Philibert, improviser les films est « une constante. » « Je ne sais jamais à l’avance ce que je vais tourner » explique le réalisateur d’Être et Avoir. Dans Retour en Normandie, il parle à la première personne et se met dans une « situation de liberté et de fragilité ».
L’aventure, « cinématographique et humaine », donne un film un peu « fragmenté » qui fonctionne par associations d’idées, parfois explicites, d’autres fois moins. Les anciens acteurs n’ont pas hésité une seule seconde à se dévoiler devant la caméra de « Nicolas », comme ils l’appellent. Au départ, « Je ne m’attendais à rien. Je ne savais pas qui était vivant ou pas. Ils ont tous accepté facilement et m’ont fait confiance spontanément. Certains étaient plus intimidés que d’autres » relate Nicolas Philibert. Pas si facile que ça pour ces anciens acteurs d’un jour de parler à la caméra. « On ne savait pas où tu allais », raconte Charles Lihou, l’un des acteurs.

Joseph Leportier, Annick Bisson, Nicolas Philibert et Norbert Delozier à l’issue de la projection de Retour en Normandie
Pour Annick Bisson, le film a été beaucoup plus difficile que le premier. « On a dû s’impliquer personnellement. Se cacher derrière le personnage d’Aimée Rivière c’était plus simple. J’ai beaucoup aimé la séance à mon travail. (Dans un centre pour handicapés mentaux) » Dans ce film, Nicolas Philibert n’a rien éludé des difficultés de ces gens du coin, leurs drames personnels, la dureté de leur travail… Avec des scènes parfois dérangeantes, déconcertantes, mais toujours pleines d’humanité.
La recherche de Claude Hébert, incarnant le personnage de Pierre Rivière en 1975, est aussi inscrite dans le film. Et le respect de Nicolas Philibert pour René Allio, « un cinéaste exigeant », est constant. Retour en Normandie est un film très personnel, pour les participants et son réalisateur. « Le film s’enracine dans mes propres souvenirs » explique Nicolas Philibert.
« L’expérience a été forte pour tous ceux qui l’ont partagée. » Charles Lihou félicite « le pari de la confiance » réussi entre le réalisateur et les acteurs. C’était un tournage « très familial avec Nicolas », assure Joseph Leportier. Pas de scénario, juste des discussions, à coeur ouvert, autour d’un café.
Et quand certains s’exclament « Coupé ! Vous effacerez ! », la caméra continue de tourner… Et capture des instants de vérité. « Quand on arrive au bout du voyage, d’autres questions ont pris la place des premières », explique Nicolas Philibert. Sa quête se termine sur une image muette, mais pleine de sens. À découvrir dans Retour en Normandie, dès le 3 octobre.
Mélinda TROCHU












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