Tendance bio

janvier 20, 2008

Les agriculteurs s’inquiètent de leur rôle dans le réchauffement climatique

Classé dans : Les producteurs bio, Le bioboom — marionbrunet @ 11:50

      Préoccupés par le réchauffement climatique, le monde agricole s’interroge sur ses propres responsabilités et ses possibilités d’action. Les professionnels, réunis du 18 au 27 janvier à Berlin pour le salon de l’agriculture allemand Grüne Woche (”Semaine verte”), sont divisés sur l’ampleur de leur responsabilité et les méthodes à adopter.

      Les agriculteurs sont souvent réticents à l’idée de se voir jeter la pierre. “Nous sommes toujours le secteur le plus inoffensif et nous sommes toujours les seuls qui produisent de l’oxygène”, a affirmé Gerd Sonnleitner, le président de la fédération allemande des agriculteurs. Pourtant, dans l’Union Européenne, l’agriculture représente 10% des émissions de gaz à effet de serre, selon Eurostat, dont la moitié pour l’élevage bovin. Une vache laitière émet en effet quelque 100 kilogrammes de méthane par an, un résidu de son processus de digestion. La commissaire européenne à l’Agriculture, Mariann Fischer Boel, envisage d’ailleurs dans le cadre de sa refonte de la Politique Agricole Commune (PAC) de conditionner le versement de subventions à la réalisation notamment d’objectifs dans le domaine du changement climatique.

      Dans le monde agricole, les avis sont partagés. Pour M. Sonnleitner, qui représentent les plus conservateurs, “plus l’agriculture est intensive, meilleur c’est pour le climat”. De son côté, Hubert Weiger, président de l’”Alliance agricole”, un groupe allemand d’associations rurales pro-environnement, prône strictement l’inverse: une réduction de l’intensité par une baisse des rendements, ou par le choix d’une agriculture biologique qui utilise moins d’engrais et émet moins de gaz à effet de serre. Au sein de ce groupe, les plus radicaux suggèrent de renoncer à l’élevage et à la consommation de viande.

      Tous ceux qui ne sont pas prêts à sacrifier leur escalope peuvent toujours la choisir bio. Elle sera responsable de quatre fois moins d’émissions de CO2 que sa consoeur issue de l’agriculture conventionnelle, explique Henriette Mackensen, vétérinaire à la société de protection des animaux citée dans le “rapport agricole alternatif” de l’Alliance agricole.  

janvier 6, 2008

BioCorsica

Classé dans : Le bioboom — marionbrunet @ 6:19

      En 2006, la Corse comptait 127 agrobiologistes (78 en Haute Corse et 49 en Corse du Sud). Ces agriculteurs biologiques, présents sur 3 118 hectares au total, proposent une grande variété de produits: fruits et légumes, fromages, viandes, vin, charcuterie, confitures, huile d’olive et miel “Bio”.

      L’agriculture biologique est apparue sur le sol corse au milieu des années 1980. Une dizaine d’arboriculteurs de la région de Bravone-Moriani (côte orientale) se sont alors lancés dans cette filière avec les agrumes comme axe majeur. Rapidement, une vingtaine de noiseïculteurs du secteur de Cervione les rejoignent.

      Face au développement du marché biologique, les exploitants bio décident de se fédérer en association. La Civam Bio Corse est créée en 1992. Ses membres souhaitent organiser et structurer le secteur. Animer, diffuser et former sont depuis cette époque leurs maître-mots.

      Forte de ses 70 adhérents, l’association est à l’origine de plusieurs action “bio” sur l’île de Beauté. La mise en place des marchés bio et la création d’un circuit agro-éco-touristique prouvent notamment la volonté de la Civam de développer la filière bio corse.

“Bio-attitude sans béatitude”

Classé dans : Les producteurs bio, Le bioboom — marionbrunet @ 3:36

La Norvège, la Suède, le Danemark et les Pays-Bas soutiennent le développement de l’agriculture biologique. Ces pays du nord de l’Europe devancent largement la France dans la lutte contre la prolifération des pesticides. Mais pour quelles raison sont-ils en avance nous? Explications en image.

décembre 16, 2007

Nokia se met au vert

Classé dans : Le bioboom — marionbrunet @ 10:13

La marque de téléphones portables Nokia se lancera dans le bio en 2008. Le mobile 3130, dont la coque est traditionnellement en plastique, sera constituée à 50 % de dérivés de plantes. Le constructeur annonce également pour ce modèle des emballages réalisés à 60 % dans des matériaux recyclés. En 2007, Nokia a déjà réduit à un quart de leur volume originel la taille de tous ses emballages. Le finlandais se passe ainsi du service de 5 000 camions pour l’acheminement de ses mobiles.

décembre 2, 2007

“L’agriculture bio se dessine…”

Classé dans : Le bioboom — marionbrunet @ 4:10

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Pour les curieux, voici un livre avec des témoignages d’agriculteurs bio et des dessins satiriques de Goutal et Nono. L’éthique et les pratiques du bio, l’alimentation bio et sa place dans le monde sont décryptés par des agriculteurs bio, un médecin et une diététicienne.

L’agriculture bio se dessine…, de Goutal et Nono, Ed. Frab/Des dessins et des mots.

novembre 11, 2007

La bio-industrie menace les agriculteurs bio indépendants

Classé dans : Le bioboom — marionbrunet @ 9:54

     L’avenir des agriculteurs bio français est toujours incertain après cinquante ans de lutte pour leur reconnaissance. Malgré l’essor incontestable de l’agriculture biologique, les exploitations sont menacées par les agro-industriels. En 2003, 57 % des ménages français ont acheté au moins un produit bio. La généralisation du bio est-elle en cours?

     Actuellement, la France n’est qu’au treizième rang des pays européens pour sa production de produits bio, loin derrière l’Autriche ou l’Allemagne. Si le développement de la tendance bio est récent, les origines de l’agriculture biologique sont bien plus lointaines. Elle apparaît en France vers 1950 en réponse à l’utilisation croissante de traitements chimiques dans l’agriculture. Les premiers cercles de réflexion sur les conséquences néfastes de ces produits chimiques apparaissent. Et en 1962 est créée l’Association française pour l’agriculture biologique (AFAB).

     Dans les années 1970, l’agriculture biologique française s’organise pour obtenir une reconnaissance officielle. L’objectif est atteint le 4 juillet 1980 avec le vote de la loi d’orientation agricole. C’est le premier texte législatif européen à évoquer l’agriculture biologique. Huit ans plus tard, la loi d’adaptation agricole confirme la nouvelle place de l’agriculture bio et met en place des cahiers des charges pour réglementer la production. Depuis 1991, il existe une réglementation commune à toute l’Union européenne.

     Pour répondre à la demande croissante des consommateurs français, le ministère de l’Agriculture a mis en place en 1998 un Plan pluriannuel de développement de l’agriculture biologique. 83 % des Français ont en effet une très bonne image des produits bio, selon une étude de l’Agence Bio réalisée en 2004. Les produits laitiers frais (fromage, yaourt, beurre), les œufs et les fruits et légumes sont en tête des ventes. Poutant, malgré ces signeaux positifs, les prix restent le principal frein à l’achat: 86 % des consommateurs les jugent trop élevés. Alors, quel avenir pour les produits bio ? Une industrialisation? Une généralisation ?

     Le risque de l’industrialisation du bio se profile puisque la filière agroalimentaire mise de plus en plus sur cette agriculture attractive. Le but des acteurs de la bio-industrie est d’accélérer la production pour faire baisser les prix. Et nombre d’acteurs du bio réclament une diminution des tarifs pour éviter une alimentation « de classe ». Mais casser les prix signifie diminuer la main d’œuvre et les salaires et ouvre la voie à une agriculture bio-intensive et à une bio-industrie, synonymes de la disparition des petites structures.

     Comment alors résister à cette vague des agro-industriels ? Les agriculteurs bio indépendants doivent-ils choisir la voie de la concurrence et ainsi risquer de perdre leur spécificité ? La solution résiderait-elle au contraire dans un retour aux fondamentaux de l’agriculture biologique ? Une certitude s’impose: l’autonomie de l’agriculture biologique est aujourd’hui remise en cause. Pour lutter contre cette tendance et préserver les petites exploitations, la solution serait de revenir aux origines du bio avec une agriculture locale et respectueuse de l’environnement. 

          Actuellement, 5 à 6 % des Français consomme régulièrement des produits bio, ce qui laisse entrevoir une bonne marge de développement. Reste aux consommateurs à faire leur choix pour contrer ou non les dérives possibles de l’agriculture bio : être les simples témoins de son industrialisation, ou lutter pour préserver ses fondamentaux.

novembre 4, 2007

Tout le monde parle des produits bio…

Classé dans : Le bioboom — marionbrunet @ 7:13

   S’il a émergé en France dans les années 1950, le bio n’a jamais connu une telle croissance, un tel boom qu’actuellement. Consommateurs, agriculteurs, grandes surfaces, restaurants, tous s’emparent de cette nouvelle tendance. 23% des Français ont choisi d’acheter des produits bio au moins une fois par semaine et sont prêts à payer jusqu’à 25% plus cher certains articles. Les hommes politiques se mettent eux aussi à promouvoir l’agriculture biologique, sous couvert de participer à la protection de notre environnement. Nicolas Sarkozy, le Président de la République, s’est engagé le 25 octobre dernier à soutenir et à développer le bio, dans ses conclusions du Grenelle de l’environnement.

   Toutefois, si le nombre d’exploitations biologiques françaises repart à la hausse, elles ne représentent actuellement que 2,1% de la surface agricole. Le groupe de travail du Grenelle de l’environnement, chargé de réfléchir au développement de l’agriculture biologique, a constaté que la consommation des produits bio augmentait plus vite que la production. La France se voit contrainte d’importer de plus en plus puisque le marché progresse de 10% par an.

   Pour répondre à la demande croissante des consommateurs, N. Sarkozy a pris acte des propositions de la table ronde du Grenelle de l’environnement. Les cultures bio devront représenter en 2010 6% de la surface agricole utile (SAU), pour atteindre progressivement l’objectif de 20% à l’horizon 2020. Le Président s’est également engagé “à ce que toutes les cantines publiques  proposent au moins une fois par semaine un repas issu de l’agriculture biologique”. En 2012, les produits bio devront représenter 20% des commandes publiques et 20% dans la restauration collective.

   Le bio est-il appelé à devenir un véritable mode de vie? Beaucoup de consommateurs, de curieux, d’intéressés doivent s’interroger actuellement. Tout le monde en parle, mais combien sont ceux qui savent réellement ce qu’est un produit bio? 

   L’agriculture biologique est “un mode de production agricole exempt de produits chimiques de synthèse”, selon la définition du ministère de l’Agriculture. Cela signifie qu’engrais chimiques, pesticides, herbicides, OGM (Organismes génétiquement modifiés) sont bannis des cultures biologiques. Les résidus chimiques sont absents des fruits et légumes bio, et les animaux sont nourris avec des aliments qui sont à 90% d’origine biologique (herbe, foin, céréales, etc.).  Le label AB, propriété du ministère de l’Agriculture, est une garantie pour le consommateur. Il certifie que l’agriculteur biologique a été contrôlé par un organisme indépendant, garant du respect des techniques bio.

   Face à ces garanties de qualité, beaucoup tentent de s’emparer de ce nouveau marché en pleine explosion. Lire sur un emballage les mots “authentique”, “naturel” ou “du terroir” ne garantit en aucun cas l’origine biologique des produits. Comment alors reconnaître le “vrai” bio du “faux”? C’est ce que je tenterai de découvrir au fil des semaines.

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