Tendance bio

novembre 11, 2007

La bio-industrie menace les agriculteurs bio indépendants

Classé dans : Le bioboom — marionbrunet @ 9:54

     L’avenir des agriculteurs bio français est toujours incertain après cinquante ans de lutte pour leur reconnaissance. Malgré l’essor incontestable de l’agriculture biologique, les exploitations sont menacées par les agro-industriels. En 2003, 57 % des ménages français ont acheté au moins un produit bio. La généralisation du bio est-elle en cours?

     Actuellement, la France n’est qu’au treizième rang des pays européens pour sa production de produits bio, loin derrière l’Autriche ou l’Allemagne. Si le développement de la tendance bio est récent, les origines de l’agriculture biologique sont bien plus lointaines. Elle apparaît en France vers 1950 en réponse à l’utilisation croissante de traitements chimiques dans l’agriculture. Les premiers cercles de réflexion sur les conséquences néfastes de ces produits chimiques apparaissent. Et en 1962 est créée l’Association française pour l’agriculture biologique (AFAB).

     Dans les années 1970, l’agriculture biologique française s’organise pour obtenir une reconnaissance officielle. L’objectif est atteint le 4 juillet 1980 avec le vote de la loi d’orientation agricole. C’est le premier texte législatif européen à évoquer l’agriculture biologique. Huit ans plus tard, la loi d’adaptation agricole confirme la nouvelle place de l’agriculture bio et met en place des cahiers des charges pour réglementer la production. Depuis 1991, il existe une réglementation commune à toute l’Union européenne.

     Pour répondre à la demande croissante des consommateurs français, le ministère de l’Agriculture a mis en place en 1998 un Plan pluriannuel de développement de l’agriculture biologique. 83 % des Français ont en effet une très bonne image des produits bio, selon une étude de l’Agence Bio réalisée en 2004. Les produits laitiers frais (fromage, yaourt, beurre), les œufs et les fruits et légumes sont en tête des ventes. Poutant, malgré ces signeaux positifs, les prix restent le principal frein à l’achat: 86 % des consommateurs les jugent trop élevés. Alors, quel avenir pour les produits bio ? Une industrialisation? Une généralisation ?

     Le risque de l’industrialisation du bio se profile puisque la filière agroalimentaire mise de plus en plus sur cette agriculture attractive. Le but des acteurs de la bio-industrie est d’accélérer la production pour faire baisser les prix. Et nombre d’acteurs du bio réclament une diminution des tarifs pour éviter une alimentation « de classe ». Mais casser les prix signifie diminuer la main d’œuvre et les salaires et ouvre la voie à une agriculture bio-intensive et à une bio-industrie, synonymes de la disparition des petites structures.

     Comment alors résister à cette vague des agro-industriels ? Les agriculteurs bio indépendants doivent-ils choisir la voie de la concurrence et ainsi risquer de perdre leur spécificité ? La solution résiderait-elle au contraire dans un retour aux fondamentaux de l’agriculture biologique ? Une certitude s’impose: l’autonomie de l’agriculture biologique est aujourd’hui remise en cause. Pour lutter contre cette tendance et préserver les petites exploitations, la solution serait de revenir aux origines du bio avec une agriculture locale et respectueuse de l’environnement. 

          Actuellement, 5 à 6 % des Français consomme régulièrement des produits bio, ce qui laisse entrevoir une bonne marge de développement. Reste aux consommateurs à faire leur choix pour contrer ou non les dérives possibles de l’agriculture bio : être les simples témoins de son industrialisation, ou lutter pour préserver ses fondamentaux.

novembre 4, 2007

Tout le monde parle des produits bio…

Classé dans : Le bioboom — marionbrunet @ 7:13

   S’il a émergé en France dans les années 1950, le bio n’a jamais connu une telle croissance, un tel boom qu’actuellement. Consommateurs, agriculteurs, grandes surfaces, restaurants, tous s’emparent de cette nouvelle tendance. 23% des Français ont choisi d’acheter des produits bio au moins une fois par semaine et sont prêts à payer jusqu’à 25% plus cher certains articles. Les hommes politiques se mettent eux aussi à promouvoir l’agriculture biologique, sous couvert de participer à la protection de notre environnement. Nicolas Sarkozy, le Président de la République, s’est engagé le 25 octobre dernier à soutenir et à développer le bio, dans ses conclusions du Grenelle de l’environnement.

   Toutefois, si le nombre d’exploitations biologiques françaises repart à la hausse, elles ne représentent actuellement que 2,1% de la surface agricole. Le groupe de travail du Grenelle de l’environnement, chargé de réfléchir au développement de l’agriculture biologique, a constaté que la consommation des produits bio augmentait plus vite que la production. La France se voit contrainte d’importer de plus en plus puisque le marché progresse de 10% par an.

   Pour répondre à la demande croissante des consommateurs, N. Sarkozy a pris acte des propositions de la table ronde du Grenelle de l’environnement. Les cultures bio devront représenter en 2010 6% de la surface agricole utile (SAU), pour atteindre progressivement l’objectif de 20% à l’horizon 2020. Le Président s’est également engagé “à ce que toutes les cantines publiques  proposent au moins une fois par semaine un repas issu de l’agriculture biologique”. En 2012, les produits bio devront représenter 20% des commandes publiques et 20% dans la restauration collective.

   Le bio est-il appelé à devenir un véritable mode de vie? Beaucoup de consommateurs, de curieux, d’intéressés doivent s’interroger actuellement. Tout le monde en parle, mais combien sont ceux qui savent réellement ce qu’est un produit bio? 

   L’agriculture biologique est “un mode de production agricole exempt de produits chimiques de synthèse”, selon la définition du ministère de l’Agriculture. Cela signifie qu’engrais chimiques, pesticides, herbicides, OGM (Organismes génétiquement modifiés) sont bannis des cultures biologiques. Les résidus chimiques sont absents des fruits et légumes bio, et les animaux sont nourris avec des aliments qui sont à 90% d’origine biologique (herbe, foin, céréales, etc.).  Le label AB, propriété du ministère de l’Agriculture, est une garantie pour le consommateur. Il certifie que l’agriculteur biologique a été contrôlé par un organisme indépendant, garant du respect des techniques bio.

   Face à ces garanties de qualité, beaucoup tentent de s’emparer de ce nouveau marché en pleine explosion. Lire sur un emballage les mots “authentique”, “naturel” ou “du terroir” ne garantit en aucun cas l’origine biologique des produits. Comment alors reconnaître le “vrai” bio du “faux”? C’est ce que je tenterai de découvrir au fil des semaines.

« Page précédente

generiert in 0.335 Sekunden. | Powered by WordPress | Packaged by Edublogs - education blogs.