«Leaders socialistes du Sénégal, unissez-vous !». Ainsi pourrait être résumé l’appel des militants socialistes de France lancé ce week-end à Paris. Objectif : réunifier la famille socialiste. A cet effet, Doro Sy (Ps), Mamadou Diallo et Ablaye Sall (Afp), Fatou Ndiaye et Sanou Dione (Tds), Cheikh Sidiya Diop (Ldm), Ousseynou Camara (Urd) et d’autres responsables notamment du Msu, demandent à leurs «leaders de se parler pour sauver le Sénégal». Au cours de la rencontre, ils ont constaté «avec regret et tristesse depuis l’alternance une forte régression du pays à tous les niveaux». Ils considèrent que le pouvoir libéral a échoué lamentablement car incapable de proposer des solutions efficaces aux difficultés quotidiennes des concitoyens. Les initiateurs de cet appel avancent trois raisons. D’abord, «la fonction d’une famille est l’unité et la solidarité». Ensuite, «le rassemblement autour des valeurs communes de la social-démocratie », au moment où «la crise économique et financière démontre avec fracas les limites du libéralisme». Enfin, « toutes les démocraties modernes se construisent autour d’une bipolarisation nette et claire : un pôle libéral et un pôle social-démocrate». Cette dernière réflexion est sans aucun doute pertinente sous d’autres latitudes, mais que vaut-elle au Sénégal ? L’histoire politique de ces vingt dernières années est riche en événements qui battent en brèche ce type de raisonnement, au demeurant très éloigné des préoccupations des Sénégalais. Il est notoire que les responsables socialistes qui ont quitté le navire, sont partis pour des raisons personnelles. Au plan structurel, rien n’a changé depuis ces défections successives. Mais, pour les auteurs de l’appel, la conjoncture actuelle, «nécessite un dépassement personnel, un élan de générosité et un sursaut d’audace». Seront-ils entendus par les responsables socialistes ? «Cet appel est une première étape, et il y aura des réactions dans les 72h», rassure Sanou Dione, ancien député dont la trajectoire politique illustre les errements des socialistes. Après avoir quitté le Ps avec Djibo Kâ, il a quitté ce dernier pour rejoindre Robert Sagna, avant de se retrouver aujourd’hui essoufflé dans un appel à l’unité qui a peu de chance d’aboutir, parce que chaque leader veut être Calife.

Les militants socialistes auront-ils suffisamment de force pour imposer la voie du rassemblement à leurs leaders respectifs ? Ce sont eux qui devront donner la réponse, mais une chose est sûre, la léthargie quasi générale au sein de chaque parti en plus de l’absence de démocratie interne ne leur faciliteront pas la tâche. En attendant, ils espèrent «une rencontre solennelle de leurs responsables pour donner un signal fort à la réunification de la famille socialiste».