Royal Canin : crise ou pas, « acheter des croquettes est un acte sentimental »
Economie — By Daria ANDREEVA on novembre 5, 2009 at 18 h 17 min
Emmanuel de Bettignies est directeur de production de la filiale russe de Royal Cannin.
Royal Canin a des filiales partout dans le monde, que représente la Russie ?
C’est tout petit, ça fait 1% du marché global. Mais le marché russe est le plus dynamique. On a des clients partout en Russie, mais les deux grands filiales sont à Moscou et à Saint-Petersbourg. Il y a des perspectives d’évolution, nous voulons arriver à 9% de production. Mais il y a beaucoup de clients russes, qui en voyant sur le paquet que le produit a été fabriqué en Russie, arrêtent d’acheter Royal Cannin. Nous avons les mêmes recettes, les mêmes standarts en Russie et en France, on est obligé presque chaque semaine d’ouvrir les portes de l’usine pour faire monter aux gens, que notre usine est une usine européenne. La filiale russe représente 400 personnes d’employés, c’est la 2-ème filiale après la France.
La crise vous a t’elle frappé?
Nous n’avons pas connu de récession cette année. Le marché est resté statique. Les produits haut de gamme représentent 3% du marché de la nourriture pour les chiens et les chats. Les autres sont de gamme moyenne et de bas de gamme. Nous produisons 35-40% des produits de haute qualité. Dans le monde il existe 3 sociétés principales de haut de gammes – Ilse, Canin , Purina. Tous les trois vendent en Russie, mais nous seuls produisont en Russie. Ilse et Purin ont augementé leurs tarifs cette année à cause de la chute du rouble. Nous – non.
Vos produits sont assez chers…
On peut comparer le marché des croquettes avec celui pour les bébés, pour les gens c’est un acte sentimental. Très peu de gens arrètent d’acheter nos produits sous pretexte, que c’est la crise.
Quels problèmes se posent pour votre société en Russie ?
C’est dur de travailler en Russie, les problèmes administratifs et la corruption ne laissent pas en paîx. Ça freine l’économie de la Russie. C’est impossible de faire une chose sans remplir 100 papiers avant. Personne ne comprend rien. Les russes eux-mêmes ne comprennent pas – ça me rassure. Pour les étrangers un problème très important c’est le visa. Chaque année je dois le refaire. En Europe on ne connaît pas ça.
Quelle est votre plus mauvaise impression de Moscou?
La police. C’est la seule crainte que j’ai a Moscou. Il font tout ce qu’il veulent. Ça m’est arrivé dans la rue, je n’avais pas mes papiers à moi, seule ma carte de L’Ambassade de France, qui est nulle. Et en plus je ne parlait presque pas le russe, on m’a demandé si je travaillait à l’Ambassade, j’ai dit “oui” et on m’a laissé aller. Dans 50 mètres un autre flic m’arrête, je dis, que je travaille à l’Ambassade, regardez. Le flic me répond: “C’est quoi ça? Vous n’y tavaillez pas!” J’ai payé 1500 rubles (maintenant je connais mieux les tarifs), et après tout ce flic m’a accompagné jusqu’au métro, ça m’a vraiment choqué, parce que à la fin il m’a serré la main, en disant “Vive l’amitié franco-russe!“
Daria Andreeva


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