La triple ambition de Fadela Amara - emploi, éducation, désenclavement - pour les banlieues françaises concerne directement Saint-Denis. Les milieux associatifs réagissent aux mesures annoncées mardi par la secrétaire d’Etat à la Ville.
Un énième plan banlieue pour les uns, un plan B encore bien vague pour les autres. Pour l’heure, à Saint-Denis, on hausse les épaules. Ou, du moins, on attend de voir. Le nouveau programme rebaptisé “Espoir Banlieue” sera finalement présenté le 8 février par Nicolas Sarkozy. Pourtant, Fadela Amara, au départ embrouillée, a déjà lancé quelques lignes directrices mardi à Vaulx-en-Velin.
# L’installation de bureaux de recrutement au pied des cités ? “Un bureau de recrutement ne veut rien dire - la CGT ou des associations en organisent d’ailleurs de temps en temps -, s’il n’y a pas un accompagnement et un travail partenarial avec les employeurs”, estime Patrick Vassallo, président de l’association dionysienne “Objectif Emploi !”. Cette structure, qui disposait auparavant de six antennes dans les quartiers, a dû en abandonner la moitié pour raisons financières. “Il faut les moyens pour que tous ceux qui ont besoin d’un service au pied des cités soient aidés et accompagnés.” Quant à la promesse de création de 45.000 emplois en trois ans, “c’est le bas du bas, et il faudrait que cela se fasse en deux ans et non en trois”.
# La multiplication de cafés-parents ? Dans le cercle éducatif, on dit “pourquoi pas”. “Il y a effectivement un besoin, mais la plupart des parents de la ville n’arrivent pas à prendre leur place et à jouer un rôle dans des structures de ce type-là, assure Yves Travert, membre du bureau local de la FCPE de Saint-Denis. Il est souvent difficile pour eux, culturellement, de s’impliquer dans le domaine de la parentalité.”
# La jeunesse ? Certaines mesures, en matière de garde d’enfants par exemple, relèvent d’un défi et d’une évidente nécessité à Saint-Denis, où le taux de fécondité reste élevé. Sur cette question, Fadela Amara a dit vouloir “engager des actions ambitieuses et innovantes (…) pour permettre aux mères de travailler.” Le département, qui dispose de 251 structures pour la petite enfance, manque surtout de puéricultrices. Les jeunes sans qualification, eux, se verraient réservé un “parcours sécurisé” avec coaching, formation, et l’éventuel financement de leur permis de conduire.
Où est la liste des quartiers ?
sommes nous concernés ?
Comme je l’ai précisé, il faut encore attendre pour que le plan soit dévoilé de manière plus complète et que la liste des cent quartiers visés par des mesures spécifiques soit dressée. Nicolas Sarkozy “détaillera lui-même les premières mesures phares de cette nouvelle politique le 8 février prochain”, selon Fadela Amara.