A deux mois des élections, socialistes et communistes partent en ordre dispersé. Une révolution dans cette ville marquée par l’union traditionnelle de la gauche plurielle.
En 2001, aux dernières élections municipales, le communiste Patrick Braouezec, soutenu par les socialistes, l’avait emporté haut la main, dès le premier tour, avec 53 % des suffrages. En 2004, il démissionne pour prendre la présidence de Plaine Commune et est remplacé par Didier Paillard (PCF), l’actuel maire de la ville. Sept ans plus tard, l’alliance de la gauche a explosé. Face au maire communiste sortant, son adjoint, George Sali, présentera une liste pour le PS :
“Nous sommes en désaccord profond depuis de nombreuses années sur les orientations de la ville, notamment sur l’insécurité, la propreté, le cadre de vie. Mais Didier Paillard et les communistes n’ont pas l’intention de partager les responsabilités ni d’infléchir leurs positions. Ils se considèrent comme propriétaires de la ville.”
Réponse de Philippe Pivion, collaborateur du secrétaire départemental du PCF-93 :
“Les socialistes ont régulièrement voté l’ensemble des dossiers présentés par le maire de Saint-Denis, y compris sur ces sujets. Leur position est donc contradictoire. Il va de soi que nous ne sommes jamais satisfaits quand il y a un constat de désunion à gauche avec une addition de listes.”
Une addition de listes que les communistes disent avoir voulu éviter en intégrant 57 des 58 propositions socialistes dans leur programme électoral - à l’exception de la vidéo-surveillance - et en offrant quinze places éligibles aux socialistes, contre 10 en 2001.
Ces dix dernières années, les rapports de force électoraux se sont inversés entre les deux grands partis de gauche. Aux dernières élections législatives, en juin dernier, la liste du socialiste Bruno le Roux a obtenu 35,39 % des voix au premier tour, contre 14,07 % pour la communiste Hayat Dhalfa. A la présidentielle, Marie-George Buffet n’a collecté que 4,29 % des suffrages là où Ségolène Royal pour le PS en a obtenu 41,57 %.
Derrière cette crispation entre les amis politiques d’hier, deux enjeux se profilent aujourd’hui :
- la présidence de Plaine Commune entre les mains du communiste Patrick Braouezec, et convoitée par le PS. Cette communauté d’agglomérations qui regroupe huit villes (Aubervilliers, Epinay-sur-Seine, L’Ile-Saint-Denis, La Courneuve, Pierrefitte-sur-Seine, Saint-Denis, Stains, Villetaneuse) est la plus importante de la région parisienne;
- la présidence du Conseil général de Seine-Saint-Denis, dirigé par Hervé Bramy (PCF). A l’heure actuelle, les socialistes et les communistes détiennent chacun 15 sièges au sein du Conseil général. Mais sur les 20 sièges à renouveler en mars 2008, 11 sont détenus par le PCF. Si les socialistes en gagnent un, le Conseil général basculerait dans le giron PS-Verts. Peut-être la possibilité pour le PS emmené par le député de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone, de prendre la tête d’une grosse machine qui dispose de quelque 6628 agents et d’un budget annuel total de 1,686 milliard d’euros.
Côté communiste, la perte de ces deux postes aurait des conséquences importantes aux niveaux politique, financier et symbolique: les Conseils généraux de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne représentent quelques-uns des derniers bastions de l’ex-ceinture rouge de Paris. Inquiets, les maires communistes de Plaine Commune et son président, Patrick Braouezec, ont publié un communiqué, le 18 janvier dernier, pour exprimer leur incompréhension et leur consternation face à “une posture qui fragilise la gauche et ouvre une porte inespérée à une droite arrogante”.
La droite, elle, se frotte les mains. En 2001, la candidate du RPR, Evelyne Nicol, n’avait totalisé que 13,42 % des suffrages. Un score que François-Xavier Ducos-Fonfrede pour l’UMP, soutenu par le Nouveau Centre, espère améliorer en mars prochain. Quant à la LCR, les Verts et le Modem, ils présenteront aussi leur propre liste. Cette multiplication des candidatures pourrait encore affaiblir la gauche aux élections municipales.
[…] de Dionysiens assiste au premier conseil municipal après l’annonce par le PS de présenter une liste concurrente du PCF. Avec la conviction qu’il va se passer quelque chose. L’adjoint aux Finances, Christophe […]
attention petite erreur sur les législatives à Saint Denis c’est Patrick Braouezec (PCF) qui a été élu député et non Bruno Le Roux. Pour être exacte P. Braouezec est sur la 2ème circonscription de la seine saint denis et B. le Roux sur la 1ère
Merci pour votre commentaire qui me permet de préciser que Saint-Denis est à cheval sur les deux circonscriptions. Je parlais bien dans mon article de la 1ère circonscription qui comprend Saint-Denis Sud.
Patrick Braouezec (PCF) a été élu sur la 2ème avec 65 % des suffrages face à la candidate de l’UMP (35 %), avec un taux d’abstention : 53,92% au second tour.
Bonjour,
D’abord bravo pour votre initiative. Il est toujours bon que les médias se penchent sur la banlieue sans tomber dans les éternels clichés qui se perpétuent faute de venir in situ voir les choses. On sent dans vos commentaires que vous avez passé du temps sur place sans une caméra qui déforme tant la parole.
Un commentaire tout de même: il n’est pas innocent que se soit dans les villes communistes que la gauche ait le mieux résisté à la déferlante démago-droitière de Sarkozy. Cela peut tout simplement être le signe que dans une période troublée, où la confusion entre la gauche et la droite est largement entretenue, voire sciemment suscitée, les élus de terrain communistes ont su préserver ce qui fait l’identité de gauche. Ces villes constituent donc aujourd’hui de véritables réservoirs de voix pour tous les ambitieux du PS qui n’ont pas ou n’ont pas su conserver de fiefs. C’est le cas de Bruno Leroux, notamment, qui, après avoir perdu la ville dont il avait héritée de Bonnemaison, n’a pas le courage d’aller la reconquérir. Au passage, il serait bon que vous puissiez vous plonger dans le passé. Vous découvrirez que Epinay, la ville perdue par Bruno Leroux, avait été offerte en 1965 par le PC à la SFIO de l’époque, sur l’autel de l’union de la gauche. Avant ces années là, les socialistes géraient la plupart des villes avec le centre droit. Ce n’est qu’à partir de 1965 que des prémisses d’un changement de stratégie ont modifié la donne à gauche au niveau local, essentiellement dans la perspective pour François Mitterrand de conquérir le pouvoir national.
Aujourd’hui, le PS semble oublier ce qui a fait son succès en 1981, et retombe, comme à Paris à Dijon, à Lyon et dans bien d’autres communes, dans l’impasse d’une improbable gestion avec le centre droit. Jusqu’à ce qu’un vrai patron arrive à la tête du PS et qu’il retrouve sa lucidité ?
Brahim, vieux militant socialiste, désolé de voir tant petites ambitions se dévoiler à l’heure où il faudrait se rassembler contre Sarkozy.
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pour ceux que cela interesse l’explication officielle de notre desaccord avec le pcf
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