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Les enjeux

“Je cherche dans la restauration alors que j’ai bac+7 !”

Près de 14% des Dionysiens sont sans emploi. Soit 3/4 de plus que la moyenne nationale. Reportage à l’ANPE de Saint-Denis, où trois chômeurs nous livrent leurs sentiments.

Sabrina Jolly

Sabrina Jolly

“Je cherche dans la restauration, alors que j’ai un bac + 7 ! – car j’ai fait des études d’agronomie à Alger. J’ai soutenu un mémoire en 2000, et c’est vrai que je pourrais me renseigner pour trouver quelque chose dans mon domaine, mais j’ai baissé les bras. Je ne connais personne ici. Je n’ai pas les contacts nécessaires.
J’ai déjà eu plusieurs rendez-vous avec des employeurs, à chaque fois ils me disent qu’ils me rappellent et ne le font pas. Ca fait un mois que je cherche. Mais à Saint-Denis, ce qui marche le mieux c’est le bouche-à-oreille. C’est mieux que de venir à l’ANPE ; ici on vous laisse vous débrouiller.”



Amarasinghe BogahawattageAmarasinghe Bogahawattage

“Ca fait un an que je suis chômeur, c’est dur. Je n’ai jamais trouvé à l’ANPE. J’ai parfois eu des petits boulots, mais par l’extérieur. Je suis quand même venu regarder les annonces, même si c’est une perte de temps. A Saint-Denis, on trouve plutôt par des amis, ou par l’American Church.
Je cherche un poste d’aide-cuisinier, ou dans l’hôtellerie. Je connais beaucoup de métiers, dans le bâtiment, le carrelage, la peinture… A l’ANPE on me propose des stages, des formations, mais je veux un travail ! Je touche 850 € par mois, et tout ce que je demande c’est de gagner 1000 €.”






Amina Taha

Amina Taha

“Cela ne fait pas trop longtemps que je cherche. Je vise un poste d’opératrice de saisie ou d’agent administratif, n’importe où en Ile-de-France. Mais à chaque fois que j’appelle, c’est déjà pris. Ici, on trouve beaucoup par le bouche-à-oreille, par des amis. Mais je viens aussi à l’ANPE tout en cherchant chez moi, sur Internet. Ici j’ai une conseillère, assez disponible, il n’y a pas de soucis. Je sais que je vais trouver, je ne suis pas pressée.”

Discussion

4 commentaires pour ““Je cherche dans la restauration alors que j’ai bac+7 !””

  1. et pourtant tellement de travail a quelques centaines de metres de la !! la plaine mais rien n’est fait pour embaucher sur nos agences ANPE, mais plutot celle du 9.2.

    Posté par Nicolas | 1 février, 2008, 0:40
  2. Bonjour,
    Je suis moi même enseignant dans un IUT Francilien (pas celui de Saint-Denis) et je suis très étonné du peu de communication concernant l’insertion professionnelle.
    En effet dans l’IUT où j’exerce nous avons un “Monsieur emploi” qui travaille avec le bassin d’emplois local et qui fait signer des contrats d’apprentissage ou d’alternance avec les jeunes de l’IUT. Dans ce cas de figure tout le monde est gagnant.
    A Saint-Denis, je n’ai pas eu a ma connaissance d’informations concernant une démarche qui va dans ce sens. Pourtant on a trois IUT (Saint-Denis, Villetaneuse et Bobigny) qui forment sur des métiers dans le secteur du tertiaire alors pourquoi ce territoire reste profondément marqué par le chomage.
    La réponse est du côté de l’équipe municipale qui est dans un discours idéologique dont les habitants sont abreuvés systématiquement mais au bout du compte cela ne va pas mieux pour autant.
    Bref, le pragmatisme, la mobilisation, l’union sacrée autour d’une cause fédératrice qui est la lutte contre le chômage des jeunes (et des moins jeunes) est peu mis en avant.
    Je me rappelle le slogan d’une affiche électorale de P Braouzec aux dernières cantorales ou régionales qui était “Liberté, Dignité, Solidarité”. Un slogan magnifique mais totalement vide de sens à Saint-Denis car c’est surtout du travail et un espoir d’une vie meilleure que les Dyonisiens attendent.

    Posté par c.roudoudou | 2 février, 2008, 10:53
  3. [Ce commentaire a été édité par la rédaction du Dionysien]

    Etant conseiller à l’emploi à l’agence de St-Denis, j’ai remarqué plusieurs “irrégularités” concernant (entre autres) les déclarations de Mme. JOLLY Sabrina.

    Avec un bac+7 en agronomie, ce n’est certainement pas à St-Denis qu’elle va trouvé un poste. Il faudra prospecter en province, là où on a le plus besoin d’agronomes. Et puis pourquoi cherche-t-elle dans la restauration ? Ne peut-elle pas travailler dans le secteur tertiaire ? Ne sait-elle pas qu’il existent - en dehors de l’ANPE - des agences d’intérim, des cabinets de recrutement, des chasseurs de têtes…
    “Ici, on vous laisse vous débrouiller” dixit Mme. JOLLY…Voyons ! Je suppose que vous êtes “AUTONOME” avec votre bac+7 pour vous positionner sur le marché de l’emploi.

    Posté par Conseiller à l'emploi | 8 février, 2008, 10:08
  4. Bonjour,

    Conseiller à l’emploi à l’ANPE de Saint-Denis, on va peut-être me reprocher de ne pas veiller à mon devoir de réserve en tant qu’agent de l’Etat et de faire preuve de corporatisme. Cependant, j’estime légitime un droit de réponse à un article subjectif dans lequel un seul point de vue est pris en compte et dans lequel l’Agence Locale pour l’Emploi de St-Denis est dénigrée.

    - J’aurais plusieurs remarques concernant le premier témoignage. 1° L’histoire ne dit pas si le bAc+7 en agronomie mentionné est reconnu en France, ce qui peut changer bcp de choses. 2° Un mois de recherche, même active, est généralement trop court pour être fructueuse, le délai est plutôt de 3 à 6 mois pour les jeunes diplômées. 2° Il existe de nombreux dispositifs et prestations pour les jeuens diplômées (Marketing emploi, “nos quartiers ont du talent”, etc.). 3° L’agronomie n’est pas forcément (litote), comme le fait remarquer mon/ma collègue, un secteur très porteur, qui plus est à Saint-Denis. 4° Si la restauration est un métier en tension (et donc porteur), j’invite cette jeune femme à “déqualifier” (hélas !) son CV suivant le principe de réalité car elle aura toutes les pleines du monde à être embauchée avec un bac+7 dans un secteur - la restauration - à bas niveau de qualification où elle semble débuter (trop de diplômes inquiètent les employeurs : “le salarié ne va pas rester”, etc.).

    - Concernant le deuxième témoignage, je suis très étonné que ce onsieur ne trouve pas d’emploi dans la restauration (ou le bâtiment), secteurs en tension par excellence. L’histoire ne dit pas si il est qualifié dans les métiers dans lesquels il recherche, si il a les pré-requis nécessaires (expérience, qualifications, connaissance du marché, etc.) pour trouver et exercer le métier visé, si il n’existe pas des freins à la recherche d’emploi. Pourquoi chercher des offres à l’ANPE - premier site d’emploi en France - si “c’est une perte de temps” ? Curieuse contradiction.

    Je remercie la troisième personne qui a témoigné pour son point de vue équilibré, ni angélisme excessif (tout n’est pas parfait dans le suivi des demandeurs d’emploi, loin s’en faut !) ni dénigrement à courte vue.

    Cela étant, je ne peux que confirmer que le “bouche-à-oreille”, repris par les trois témoignages, est ce qui fonctionne le mieux dans la recherche d’emploi, et pas uniquement à Saint-Denis. Faut-il encore que les outils et techniques de la recherche d’emploi soient maîtrisés, que le projet professionnel soit réaliste et réalisable et que tous les freins annexes à la recherche d’emploi éventuels soeint levés.

    Cette réaction n’a pas pour objet une stigmatisation des demandeurs d’emploi. Bien au contraire, j’aime mon métier et je refuse le discours ambiant de culpabilisation du demandeur d’emploi comme du conseiller ANPE. Ne tombons pas dans ces travers simplistes ! Ce témoignage a simplement pour propos de remettre quelques pendules à l’heure par souci d’objectivité.

    Je souhaite bon courage et un emploi rapide à tous les demandeurs d’emploi de saint-Denis, dans un bassin socio-économique difficile mais dynamique.

    Cordialement

    Posté par LAINE | 9 février, 2008, 10:12

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