Par Nina Hubinet et Constance Molle
Six médecins généralistes pour plus de 10 000 habitants : la Plaine-Saint-Denis vit une pénurie médicale criante. En France, la moyenne est de 17 généralistes pour 10 000 habitants, presque le triple.
Dans le quartier, se faire soigner est devenu un véritable parcours du combattant. Nora raconte comment elle se débrouille pour trouver un médecin lorsqu’une de ses filles est malade.
10 h, mardi matin, dans la salle d’attente du cabinet du docteur Le Fur-Bensoussan. Les patients sont déjà nombreux à prendre leur mal en patience dans la pièce aux murs nus. Dès l’ouverture à 7 h, le cabinet est pris d’assaut. Une simple feuille scotchée sur la porte donne le ton : “les médecins du cabinet médical ne sont pas responsables de la pénurie de professionnels de santé à la Plaine (11 000 habitants), ni des mesures prises en matière de sécurité sociale. Les insultes et les incivilités feront stopper les consultations.”
Ce qui n’empêche pas les gens de s’énerver. “Ça fait une heure que je suis là, et il y a seulement 2 ou 3 personnes qui sont passées. J’en ai marre, vraiment”, fulmine une femme. Plusieurs personnes renchérissent immédiatement. “Le docteur est en permanence au téléphone, elle perd son temps.” Wiam a sept ans, elle est venue avec sa maman et elle aussi s’impatiente. “Ça m’embête, parce qu’il y a encore plein de gens avant nous”, se plaint-elle en gigotant sur sa chaise. Chacun attend son tour une heure au moins, parfois deux.
Trop peu de médecins sur la Plaine, et ceux qui restent sont submergés, sous pression, parfois prêts à jeter l’éponge…
Le docteur Le Fur-Bensoussan a fait ses études de médecine à la faculté de Bobigny, avant de s’installer à la Plaine, il y a 28 ans. Dès le début, elle a une vision militante de la médecine. “Je n’étais pas là pour soigner les peines de cœur des chattes anglaises à Neuilly !” explique-t-elle. Homéopathe, elle veut aider les habitants à surmonter des situations sociales difficiles, et les pousser à prendre leur santé au sérieux.
Explosion démographique. Aujourd’hui, à 52 ans, elle a de plus en plus de mal à supporter le stress lié à son travail, et les incivilités des patients, qu’elle explique par l’évolution du quartier.
Représailles. Anne Le Fur a aussi subi plusieurs agressions ces dernières années. Cambriolages à répétition ou attaques physiques l’ont poussée à déménager trois fois son cabinet.
Marc Schoene, le directeur des centres de santé municipaux concède que la sécurité des médecins s’est considérablement dégradée. “Il y a dix ans, il y a eu la première agression de médecin, ça a été un choc terrible. Alors qu’aujourd’hui, c’est devenu banal.”
Mais pour ce qui est du nombre de professionnels de santé, il affirme que “la situation à Saint-Denis est préoccupante, mais pas catastrophique”. A l’appui, une étude menée par une association de médecins libéraux, le RIR (Regroupement, implantation, redéploiement), qui milite pour une meilleure répartition des cabinets privés sur le territoire. Mais leurs chiffres contestés par certains médecins.
Pour régler le problème, la municipalité cherche en tout cas à attirer les jeunes médecins. “Les incitations peuvent être multiples”, affirme Marc Schoene. Les avantages financiers, déjà expérimentés ailleurs, se sont révélés inefficaces. Mais pour ceux qui comprennent l’intérêt de l’exercice médical à Saint-Denis, la mairie envisage de faciliter le regroupement de cabinets, un moyen de lutter contre l’insécurité.
Pour l’instant, peu de mesures ont été prises, et les jeunes diplômés tentés par l’aventure à Saint-Denis ne semblent pas nombreux. “Un jeune médecin doit bientôt venir visiter mon cabinet. S’il veut le reprendre, je m’en vais tout de suite”, lance le docteur Lefur-Bensoussan sous le coup de l’épuisement. Mais elle se reprend vite. “Je suis très attachée à ce quartier, je ne pourrai pas m’en aller comme ça.”
Voir aussi : le portrait du docteur Didier Ménard, généraliste dans la cité du Franc-Moisin
C’est vrai que c’est pas bon d’être malade à la Plaine, nous y habitons avec mon mari depuis plus d’un an et des qu’on est malade …. deux voir trois heures d’attente dans le cabinet de Mme Le fur.
C’est inadmissible ! Mais le docteur n’y peut rien .. C’est juste que vu l’accueil qu’elle a … les bagarres … les insultes … ca décourage beaucoup !
Je pense que le seul moyen de faire évoluer les choses serait un peu de civisme et d’éducation pour les personnes qui se rendent au cabinet !
A bon entendeur
Je ne suis pas du tout d’accord avec la femme de la video, je suis soignée par le docteur Lefur depuis 15 ans en homéopathie, meme avec la CMU maintenant.
Ma mere m’a dit que dans le vieux cabinet du 227, il y avait des consultations moins chargées parfois sur rendez-vous, mais ce n’était pas la meme clientele.
Quand je n’ai pas le temps d’attendre, je me leve tôt pour la consulter à 6h00 du matin avant mon travail, c’est un conseil que je donne a cette femme.
Mais mon docteur a sans doute besoin de patients plus respecteux.
J’espere vraiment qu’elle ne partira pas. elle m’a toujours tiré d’affaire.
J’ai été une fois chez mme Le fur et elle a été très sympathique et pro seul hic l’attente. Mon medecin traitant est a Maisons-Alfort, il est que sur RDv et même avec rdv l’attente est souvent d’une heure une heure trente.
Je suis soignée par le dr Lefur depuis trés longtemps avant j’habitais la plaine maintenant je suis plus loin mais je prefere braver l’attente pour avoir des soins de qualite et une ecoute attentive chose rare de nos jours. La plupart des gens qui se plaignent sont souvent les plus mal élevés. Pas de differences socio culturelle la meme attention pour tous, il ne faut pas perdre ce medecin. Francine
Trop bien le toubib Lefur
elle ma fait arrêter la clope: vive l’homéo!