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Saint-Denis, toujours à l’avant-garde du rap français

Par Caroline Besse et Clément Sirdey

La ville qui a vu naître NTM et bien d’autres formations de rap français continue d’organiser des événements consacrés au hip-hop. Le neuvième festival des cultures urbaines en est la meilleure démonstration. 2Spee et Babalishow, deux rappeurs de Saint-Denis, participeront au rassemblement. En attendant, voici une démonstration en direct de leur Clio.


2Spee, assis sur le siège conducteur, raconte sa vie avec parcimonie mais se fait beaucoup plus éloquent quand il évoque sa passion pour le rap. “On est à Saint-Denis depuis tout petits. Ca fait plus de dix ans qu’on est dans la musique.” Son comparse Babalishow acquiesce. “On a un tout petit parcours mais on essaie d’avancer dans le système, d’avoir les reins solides. Nous, on a toujours chanté partout, dans le métro, à Châtelet, dans les magasins de skeuds … et aussi dans une voiture garée en face de la “M.J.”, la Maison de la jeunesse.Leur collectif, Ursa Major, (”la grande ourse”, en latin) se rend régulièrement à Paris. “On connaît pas mal de gens, notamment dans le hip hop. On essaie de bouger, si on reste dans le ghetto… on va y rester.” Le ghetto ? “Les gens croient que Saint-Denis… Babalishow s’interrompt. Les gens ont peur de Saint-Denis… la télévision montre Saint-Denis avec la violence… mais y’a des gens biens. Comme partout. Maintenant, il faut montrer le bon chemin“, notamment par le rap. “Dans tous les cas faudra pas qu’on la ferme, rester bloqués au point de départ comme certains qui ont la flemme” , scandent-ils dans leur morceau Etat d’esprit.
La plupart des membres d’Ursa Major ont commencé le rap vers 14/15 ans, avec notamment la Ligne 13. Cette structure, qui porte le nom de la ligne de métro reliant Paris à Saint-Denis, est gérée par la direction jeunesse. Elle est, entre autres, à l’initiative du festival de hip-hop de Saint-Denis. Située dans les locaux de la Maison de la jeunesse, elle organise des concerts dans la petite salle de 300 places depuis plus de vingt ans.


Le pool hip-hop s’est vraiment développé après 1998. Avant, la programmation était différente, relativement rock. “Les jeunes des quartiers se sentaient un peu moins concernés par ce genre de musique, analyse Nacer Belkhadra, 51 ans, le programmateur. Aujourd’hui le rap est le principal mode d’expression des jeunes d’ici. Notre rôle est aussi de les ouvrir à d’autres cultures. A la Ligne 13, on ne fait pas que du hip-hop” insiste-t-il. Le centre est aussi ouvert à d’autres styles comme les musiques du monde ou le jazz.Pour la neuvième année consécutive, la Ligne 13 organise le Festival hip-hop et cultures urbaines, où se produiront- entre autres-, Ursa Major. “Saint-Denis reste le point de départ du rap français”, où le souvenir d’NTM est encore vif.Le festival hip-hop aura lieu du 22 février au 2 mars à Saint-Denis, avec du rap, des clash, des battles, du beat box et de la danse.

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