// vous lisez...

Les enjeux

Au Franc-Moisin, un médecin protégé par la cité

Moustache fournie façon José Bové, petites lunettes et sourire jovial… Didier Ménard se présente lui-même comme un grand-père gâteux. Mais à 57 ans, il est loin d’être à la retraite, et l’on imagine mal cet hyperactif abandonner son cabinet de médecin généraliste du Franc-Moisin, une des cités de Saint-Denis. Un brin rebelle et entêté, il est devenu au fil des ans un moteur de l’action associative dans le quartier. Quand on lui parle de sa notoriété, il répond du tac au tac : “ça fait trente ans que j’emmerde le monde avec mes idées !”

Et des idées justement, il en a à foison. Avant même d’arriver à Saint-Denis, il savait exactement quel genre de médecine il voulait pratiquer. Son credo : “la relation humaine”.


Le docteur Ménard explique sa conception de la médecine
envoyé par saintdenisblog

Didier Ménard a lui-même grandi dans une cité
de Puteaux (Hauts-de-Seine). “Quand j’étais jeune, on montait sur Paris pour tout casser. Maintenant, la moitié de mes amis d’enfance sont en prison pour grand banditisme.” Dans sa famille, il est le seul à avoir fait des études. Son bac en poche, il quitte sa banlieue pour aller parcourir le monde. Son père finit par le retrouver, engagé dans une campagne de pêche au large de l’Afrique. Il lui annonce qu’il l’a inscrit en médecine. Didier Ménard mettra dix ans pour venir à bout de ses études, jetant régulièrement l’éponge face aux dogmes de la médecine académique.

“Les agressions, ici on ne connaît pas”

Dès sa sortie de la fac en 1980, il s’installe au Franc-Moisin. Depuis, il ne s’est jamais arrêté. Outre sa casquette de généraliste, Didier Ménard anime l’association Santé et bien-être qui œuvre dans le quartier. Il préside également le Syndicat de la médecine générale, enseigne à l’hôpital Bichat à Paris et écrit dans une revue médicale.
Déjà habitué des médias (émission Là-bas si j’y suis du 29 janvier, sur France Inter), il deviendra bientôt le correspondant local de MediaPart, le nouveau site d’information d’Edwy Plenel.

Mais il y a peu de chance qu’il vienne y parler d’insécurité : Didier Ménard refuse d’employer ce mot. “Le problème de l’insécurité, c’est la manière dont on en parle”. Il est pourtant scandalisé par les incivilités et les violences dont sont victimes certains de ses confrères de Saint-Denis. Et il tente d’expliquer pourquoi lui et le docteur Paknadel, son associé, sont épargnés.


L’avis de Didier Ménard sur l’insécurité au Franc-Moisin
envoyé par saintdenisblog

Les habitants, acteurs de la solidarité

Si le docteur Ménard est devenu l’un des piliers de la solidarité dans le quartier, c’est notamment grâce au réseau sanitaire et social qu’il a bâti avec les habitants et d’autres professionnels de santé.
Les “médiatrices”, des femmes du quartier employées par l’association Santé et bien-être, prennent le relais lorsque la prise en charge médicale ne suffit pas. Didier Ménard donne un exemple de l’efficacité de ce réseau.

Un tissu social qui explique peut-être le calme relatif du quartier pendant les « émeutes » en banlieue de novembre 2005.

Par Constance Molle et Nina Hubinet

Discussion

2 commentaires pour “Au Franc-Moisin, un médecin protégé par la cité”

  1. J’ai assisté à une bataille rangée dans la salle d’attente des Docteur Lefur et Polleux , entre deux femmes pour un probleme de place. Le médecin a essayé de les séparer mais les insultes racistes fusaient et il a fallu recoudre l’une d’elles et appeller la police : toute la salle d’atente hurlait.
    Une autre fois, un homme a violemment interpellé le Docteur Polleux parce qu’elle refusait de lui donner un certificat d’arret de travail pour sa femme qui n’était pas présente.Il l’a menacée, je trouve que les Docteurs Lefur et Polleux ont beaucoup de mérite et les refus provoquent souvent les incivilités que le Docteur des francs-moisins ne semble pas connaitre.

    Posté par Béatrice | 7 février, 2008, 19:14
  2. La plaine c’est pas une cité de blaireaux mais notre toubib on la soutiendra.

    Posté par Farouk | 9 février, 2008, 11:45

Poster un commentaire