Moustache fournie façon José Bové, petites lunettes et sourire jovial… Didier Ménard se présente lui-même comme un grand-père gâteux. Mais à 57 ans, il est loin d’être à la retraite, et l’on imagine mal cet hyperactif abandonner son cabinet de médecin généraliste du Franc-Moisin, une des cités de Saint-Denis. Un brin rebelle et entêté, il est devenu au fil des ans un moteur de l’action associative dans le quartier. Quand on lui parle de sa notoriété, il répond du tac au tac : “ça fait trente ans que j’emmerde le monde avec mes idées !”
Et des idées justement, il en a à foison. Avant même d’arriver à Saint-Denis, il savait exactement quel genre de médecine il voulait pratiquer. Son credo : “la relation humaine”.
Dès sa sortie de la fac en 1980, il s’installe au Franc-Moisin. Depuis, il ne s’est jamais arrêté. Outre sa casquette de généraliste, Didier Ménard anime l’association Santé et bien-être qui œuvre dans le quartier. Il préside également le Syndicat de la médecine générale, enseigne à l’hôpital Bichat à Paris et écrit dans une revue médicale.
Déjà habitué des médias (émission Là-bas si j’y suis du 29 janvier, sur France Inter), il deviendra bientôt le correspondant local de MediaPart, le nouveau site d’information d’Edwy Plenel.
Mais il y a peu de chance qu’il vienne y parler d’insécurité : Didier Ménard refuse d’employer ce mot. “Le problème de l’insécurité, c’est la manière dont on en parle”. Il est pourtant scandalisé par les incivilités et les violences dont sont victimes certains de ses confrères de Saint-Denis. Et il tente d’expliquer pourquoi lui et le docteur Paknadel, son associé, sont épargnés.
Si le docteur Ménard est devenu l’un des piliers de la solidarité dans le quartier, c’est notamment grâce au réseau sanitaire et social qu’il a bâti avec les habitants et d’autres professionnels de santé.
Les “médiatrices”, des femmes du quartier employées par l’association Santé et bien-être, prennent le relais lorsque la prise en charge médicale ne suffit pas. Didier Ménard donne un exemple de l’efficacité de ce réseau.
Un tissu social qui explique peut-être le calme relatif du quartier pendant les « émeutes » en banlieue de novembre 2005.
Par Constance Molle et Nina Hubinet
J’ai assisté à une bataille rangée dans la salle d’attente des Docteur Lefur et Polleux , entre deux femmes pour un probleme de place. Le médecin a essayé de les séparer mais les insultes racistes fusaient et il a fallu recoudre l’une d’elles et appeller la police : toute la salle d’atente hurlait.
Une autre fois, un homme a violemment interpellé le Docteur Polleux parce qu’elle refusait de lui donner un certificat d’arret de travail pour sa femme qui n’était pas présente.Il l’a menacée, je trouve que les Docteurs Lefur et Polleux ont beaucoup de mérite et les refus provoquent souvent les incivilités que le Docteur des francs-moisins ne semble pas connaitre.
La plaine c’est pas une cité de blaireaux mais notre toubib on la soutiendra.