Senia Boucherrougui (photo) et Karima Guermat, fondatrices de l’Association contre la violence à Saint-Denis (ACVSD), analysent la situation de la sécurité dans leur ville.
Pourquoi avoir fondé une association contre la violence à Saint-Denis en 2004 ?
S.B : J’ai été agressée en pleine rue un soir, comme beaucoup de personnes de mon entourage. Un inconnu m’a arraché mon sac pendant que je téléphonais. Il m’a fait basculer par terre, alors que j’étais enceinte de cinq mois. Ce fut un choc.
K.G : En 2003, les effectifs de police à Saint-Denis étaient les mêmes qu’en 1998, et il n’existait même pas de police municipale. Nous avons donc d’abord milité pour augmenter le nombre de gardiens de la paix. Notre association est un groupe de pression sans parti pris politique ni racial qui interpelle l’ensemble de nos institutions publiques (élus locaux, Etat) pour améliorer la sécurité des Dionysiens.
Comment jugez-vous la situation actuelle de la sécurité à Saint-Denis ?
S.B : La délinquance sur la voie publique a baissé, mais les vols avec violence se sont aggravés. Et ce sont les plus traumatisants pour les victimes. C’est surtout le fait de mineurs.
K.G : Comme le tribunal de grande instance de Bobigny est surchargé, les délais de jugement des mineurs délinquants sont extrêmement longs. Cela crée une impression d’impunité chez ces jeunes. Ils ne prennent pas conscience de la gravité de leurs actes.
Comment responsabiliser ces jeunes ?
S.B : Notre association a participé à deux stages de réparation pénale, organisés par le Ministère de la justice et la ville, dans le cadre du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD). Ils sont dédiés à des mineurs qui ont commis un premier délit grave. Pendant ces stages, les jeunes sont confrontés à des victimes, ils rencontrent des policiers, des pompiers. On essaie de leur faire comprendre qu’ils font partie de la société et qu’ils sont des citoyens. La plupart ont même des projets d’avenir, mais paraissent complètement perdus. Echec scolaire, familles disloquées, chômage. Lors d’un de ces stages, nous avons découvert que l’un de ces jeunes qui, par ailleurs, avait un bon niveau scolaire vivait avec 15 personnes dans un F2… Il nous a avoué qu’il était très difficile de se concentrer pour étudier alors pour lui il n’y avait plus que la rue…
Ces stages de réparation pénale sont-ils efficaces ?
S.B : Oui mais il n’y en a pas assez, ils sont difficiles à mettre en place par manque de cohésion entre les différents acteurs : justice, mairie…
K.G : Par ailleurs, le travail en réseau des institutions fonctionne mal. Ni l’Education nationale, ni les antennes jeunesse ne vont alerter sur un mineur difficile, voire en danger. Par idéologie, chacun se dit que ce n’est pas son boulot. Ils craignent aussi des effets en cascade, comme la suspension des allocations familiales.
Etes-vous satisfaites des actions de la municipalité envers les jeunes ?
S.B : Il n’y a pas d’analyse et de programme de prévention de la délinquance juvénile à Saint-Denis, alors que près d’un tiers des Dionysiens ont moins de 18 ans. Au service Jeunesse de la ville, on privilégie les sorties occasionnelles : séjour aux sports d’hiver, une journée à Eurodisney… On apprend aux jeunes à consommer. On ne leur apprend pas à se prendre en main et à respecter les autres.
Faut-il installer la vidéosurveillance à Saint-Denis ?
S.B : Absolument. Cela faciliterait beaucoup d’enquêtes de police. Avec la vidéosurveillance, on aurait sans doute pu mettre la main sur l’assassin de Mme Luong Phong, décédée des suites d’une agression rue de la République en novembre dernier (en savoir plus sur ce sujet ). Je pense que les Dionysiens sont preneurs de tout dispositif qui améliorerait leurs conditions de vie. Cela ne remet nullement en cause le respect de l’éthique et de la liberté individuelle qui n’en seront justement que plus renforcés. La ville a pourtant fait réaliser une étude de faisabilité de la vidéosurveillance pour 30 000 euros. L’installation de 17 caméras sur la ville n’a pas été budgétisée. Le plan a été rejeté, malgré la solidité, le sérieux et la pertinence du projet sur lequel a travaillé longuement la Direction de la Tranquillité Publique de la Mairie. Je ne comprends pas l’aveuglement de l’équipe municipale.
Qu’attendez-vous de la future unité territoriale de quartier à Saint-Denis ?
K. G : Dix policiers volontaires, ça signifie en réalité quatre agents par jour au Franc-Moisin et à Bel-Air. Quatre agents pour 12 000 personnes… Les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Si les parents étaient un peu plus responsable ça améliorerait grandement les choses. Les enfants c’est un travail à plein temps, à partir de deux aujourd’hui c’est déjà sportif au delà je n’ose imaginer. Les associations devraient aussi sensibiliser les familles sur les moyens de contraception et leur dire ; le but d’un enfant c’est de lui apporter un avenir meilleur mais pas seulement des allocs. Aprés en on arrive à l’exemple ou l’enfant est seule et se démerde tout seul.
Quant un responsable politique comme Patrick Braouezec définit la violence sur les personnes comme “un acte de résistance” quant son salarié Majjid Messaoudene enfonce le clou en écrivant dans le jsd que Me Luong phong “est morte bêtemment” ! comment voulez vous que les habitants de Saint-Denis cautionnent de telles déclarations !! C’est tristement lamentable !!
je trouve que ces responsables de l’association ont une très bonne analyse.Je suis d’accord quand il est dit que la direction de la jeunessee, avec à sa tête M. Bagaïoco, ne remplit pas son rôle.Il ne suffit pas de les sortir à disney ou au ski, il a aussi un rôle éducatif.Dans les antennes jeunesse, on ne s’inquiete même pas d’y voir des jeunes alors qu’ils devraient être en cours.Apparement, “ça n’est pas le rôle des éducateurs”.pour ce qui est de la vidéosurveillance, je ne vois pas où est le probleme puisque ça marche ailleurs et que ça n’a pas dérangé les habitsant.ça devient dingue, on n’ose plus sortir son téléphone dans la rue de peur de se le faire voler, sortir une cigarette de peur de se faire insulter si on n’en “offre” pas un, de retirer dde l’argent au distributeur.On vit réellement dans un climat de peur.Et M. Braouzec appelle ça “un acte de résistance”!c’est montrer énormément de manque de respect envers les vrais résistants; ceux qui ont combattu pour la liberté de notre pays.je suis profonfement scandalisée par ce genre de propos.IL EST VRAIMENT TEMPS QUE LES CHOSES CHANGENT car j’ai envie de vivre bien dans ma ville